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© Pierre Dugowson

Expo photos : « Ces jeunes ne sont dupes de rien, surtout pas du capitalisme vert »

Le 9 oct. 2020

À l’occasion du festival Atmosphères qui hybride sciences, cinéma et activisme écologique, le photographe Pierre Dugowson présente Activism Works, une série de portraits sublimant les slogans scandés lors de manifestations pour le climat.

« Activism works. So act. », déclarait Greta Thunberg sur Twitter en avril 2019. Plus d’un an après et quelques 21 000 retweets plus tard, le photographe et réalisateur Pierre Dugowson, sensible aux propos de la jeune militante et habitué à couvrir des manifestations pour le climat, réfléchit à une série de photos d’un autre genre. 

« Je voulais creuser, aller plus loin que les photos de pancartes et de slogans, explique l’artiste français dont l’engagement pour l'environnement croît chaque jour. L’idée, c’était de donner de la profondeur aux manifestations, d’appuyer leurs messages. Tous les jours, je vois des mômes engagés aux quatre coins du monde poster des photos sur Instagram. Ça me rassure et ça me redonne un espoir que je pensais avoir perdu. » 

De cet espoir est né Activism Works, une série de portraits en noir et blanc où les slogans de manifestants pour le climat collent à la peau d’enfants et d’adultes ayant accepté de poser pour les soutenir. 

« Pendant que je shootais, on parlait du climat »

Présentée le 8 octobre au festival Atmosphères, la série s’éloigne des clichés de rue et bascule du côté de l’intime.

« Je suis allé chercher des adultes et des enfants sensibles à la question de l’environnement et que je connaissais déjà, explique le photographe qui a notamment fait poser les actrices françaises Ophélia Kolb, Solène Rigot et Lucie Boujenah pour le projet. Ce qui est marrant, c’est que les séances se sont transformées en de véritables discussions. On choisissait les slogans ensemble et pendant que je shootais, on parlait du climat. »

Une façon d’immortaliser ce qu’il a lui-même vu et entendu lors de rassemblements citoyens. « Cela fait des années que je m’intéresse à l’écologie, mais ces derniers temps, j’ai passé beaucoup de temps à la Base (lieu parisien où l’on se rassemble pour discuter de justice sociale et climatique, ndlr). »

C’est en participant à une réunion sur la question de la non-violence, qu’il a le déclic. « À la fin de la discussion, une personne a prononcé cette phrase à la volée : un mouvement sans culture est un mouvement qui est voué à disparaître. Là, je me suis dit qu’il fallait que je m’y mette moi aussi, à ma manière. »

 « Ces jeunes ne sont dupes de rien, surtout pas du capitalisme vert »

Et il ne chôme pas. Avant de lancer sa série de photos qu’il dévoile au compte gouttes sur un compte Instagram, Pierre Dugowson travaille à la réalisation du court métrage 2030 dont le synopsis, expéditif, se passe d’explications : « Novembre 2030, dans la classe il fait 48°C, impossible de faire cours. » 

Pendant le confinement, il fait même appel à Grace Maddrell, militante climatique britannique de 14 ans, pour composer un morceau de musique sur la base de ses discours poignants. 

« Ces jeunes ne sont dupes de rien, surtout pas du capitalisme vert et encore moins du greenwashing », commente le photographe à propos de cette génération pour laquelle il ne cache pas son admiration. « Ce sont les seuls à remettre radicalement en cause notre système et le libéralisme face à la crise que nous traversons aujourd’hui, et de conclure : ça me donne envie d’en être et de les suivre. Même avec mes petits moyens ! »

Activism Works sur Instagram : @pierredugowson_aw

Margaux Dussert - Le 9 oct. 2020
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