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Un enfant sur son smartphone

Comment traiter l’addiction au smartphone ? Comme l'alcool ou la cigarette

Le 11 sept. 2018

Mounir Mahjoubi propose de légiférer. Pour Jérémie Mani, président de Netino, il faut agir de la même manière que pour l’alcool, la violence ou la cigarette.

Il est probablement le seul secrétaire d'État au numérique au monde à prôner la déconnexion. Mounir Mahjoubi s’est exprimé hier au micro d’Elizabeth Martichoux sur RTL. Il n’hésite pas à dire qu’il a désinstallé les applications Facebook et Twitter de son portable, même s’il y reste connecté depuis un navigateur pour « être en lien avec les Français ».

Il lance l’alerte contre les réseaux sociaux « et ses designers qui font tout pour créer des dépendances » (sous l’indifférence à peu près générale, nous vous en parlions ici). Irait-il jusqu’à légiférer ? Oui ! Mais une loi est-elle suffisante et quelles mesures faudrait-il prendre ?

Jérémie Mani, 42 ans, Président de Netino, a son avis sur la question. La société de modération de contenus sur les réseaux travaille avec « pratiquement tous les médias », du Monde au Figaro, en passant par Arte, RMC ou France Télévision. Il a répondu à nos questions.

Mounir Mahjoubi a-t-il raison de vouloir légiférer ?

Jérémie Mani - Le secrétaire d'État au numérique propose une loi pour restreindre l’utilisation des réseaux sociaux, probablement à la fin des Etats généraux pour les régulations numériques (lancé en juillet dernier, NDLR). A mon avis, Mounir Mahjoubi dit cela pour faire le buzz et faire débattre. Ce qui est plutôt un bon réflexe ! Mais je ne suis pas persuadé que lui-même soit convaincu de faire une loi. Mais si c’est un peu too much, il faut quand même faire quelque chose.

Faire quelque chose... mais quoi ?

JM - Obliger les réseaux à indiquer le temps de connexion par exemple ne serait pas du tout idiot ! Il existe d'ores et déjà des applications pour ça. Je l’ai d’ailleurs imposé à mon fils. Quand il voit qu’il passe 5 heures connecté en vacances… il s’aperçoit que c’est beaucoup trop. L’obligation pour les plateformes d’indiquer le nombre d’heures de connexion me semble bénéfique.

On peut faire le parallèle avec les jeux d’argent : on peut alerter à partir de 2 000 euros de dépenses sur l’application de la Française des Jeux. Cela indique une dépendance. Et le but, pour les réseaux sociaux serait déjà de faire prendre conscience de notre dépendance.

Est-ce qu’une loi peut vraiment changer quelque chose ?

JM - Sur la partie addiction, il ne faut pas une loi, mais des débats de société. C’est le rôle de l’Etat de faire des campagnes de sensibilisation, de la même façon qu’il en a fait contre l’alcool ou la violence. Il existe de vrais troubles derrière cette addiction qui engendrent des maladies liées au stress, au burn out, au repli sur soi. On est sur de grandes plateformes dont l’objectif avoué est de nous prendre le plus de temps possible pour vendre le plus de publicité possible. “Tiens je vais regarder Twitter” et une demi-heure après vous y êtes encore ! Lancer ces débats c’est bien, parce que non, il n’est pas naturel de passer 4 heures derrière un écran de smartphone.

Et le rôle de l’école dans tout ça ?

JM - Le problème, c’est que dès qu’il y a un souci avec les jeunes, c’est de la faute de l’école ! C’est aussi le rôle des parents. Mais il faut qu’ils soient éduqués. On peut faire le parallèle avec la cigarette dans les années 60/70. Des campagnes de sensibilisation ont été faites pour faire d’abord comprendre aux parents que ce n’est pas bien de fumer. Si eux-même n’ont pas compris, ils seront incapables de l’expliquer à leurs enfants. Bon, nous n’en sommes pas encore aux millions de malades dans les hôpitaux pour cause de dépendance aux smartphone…

Par ailleurs, de manière ironique, l’école utilise de plus en plus les réseaux. On peut voir ses notes sur son smartphone, les profs créent des groupes sur Whatsapp pour communiquer rapidement des informations. Il y a, il faut le rappeler, un intérêt à s’en servir, mais pas de manière exagérée.


Mounir Mahjoubi, invité de RTL, parle de la surexposition des écrans

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