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élever un robot

Comment élever votre robot journaliste ?

L'ADN
Le 16 févr. 2018

Éleveur de robots : un métier d’avenir ? Sans doute. Mais comme il est encore tout nouveau, les hommes ont autant à apprendre que les robots eux-mêmes. L’exercice est cependant relativement simple. Il exige surtout beaucoup de patience et de la discipline... Bienvenue dans le centre de formation de Flint, le robot journaliste !   

1. Comprenez comment votre robot apprend

Pour une machine, pas si simple de reconnaître un chat ! Pour le lui apprendre, vous avez deux options. La première consiste à composer un algorithme qui décrira l’ensemble des caractéristiques de l’animal, la seconde à lui montrer le plus grand nombre d’images de chats (des milliers, voire des millions), pour que, peu à peu, elle apprenne à les reconnaître. Les deux solutions sont fastidieuses, mais l’IA a un avantage : elle permet à la machine de devenir autonome, tandis que l’algorithme la maintiendra conforme et contrainte dans sa formule. On passe donc d’un modèle fini à un modèle meuble, adaptatif, où l’homme cesse d’ordonner à la machine pour apprendre à dialoguer avec elle. Plus besoin d’être matheux, il vous suffit d’un peu de logique. Flint, le robot journaliste, fonctionne évidemment sur le modèle de l’IA.

2. Expliquez-lui votre ligne éditoriale
Former un robot journaliste vous invite à jouer le rôle du rédacteur en chef. Il s’agit donc, avant toute chose, d’élaborer votre stratégie éditoriale. Par exemple, si vous souhaitez que votre robot compulse pour vous une sélection d’articles sur l’intelligence artificielle, vous devrez d’abord déterminer quel est le type de contenus que vous voulez lire : est-ce qu’il s’agit de sujets plutôt théoriques, plutôt techniques et pratiques, ou plutôt commerciaux ? Votre robot pourra un jour vous surprendre, mais en attendant, il ne prendra aucune initiative pertinente tant que vous ne lui aurez pas défini clairement vos attentes.

3. Montrez-lui ce que vous aimez !
Il s’agit ensuite de montrer à votre robot du contenu, de lui indiquer celui qui vous convient et celui qui ne vous convient pas. Ne lambinez pas ! Pour espérer voir votre robot proposer ses premiers résultats, vous devrez l’alimenter de 400 à 800 contenus que vous jugez intéressants, et de 1 000 à 2 000 contenus non intéressants. Structurez le tout dans un document de partage de données (type Google Drive), en mettant d’un côté des sites, de l’autre des comptes Twitter.

 

Pour commencer, vous n’avez pas besoin d’être trop sévère sur ce que vous appelez du « bon contenu ». À ce stade, votre robot a surtout besoin de comprendre le sujet qui vous intéresse, et de cartographier la communauté qui partage ce type de contenu. En effet, votre robot va utiliser Twitter comme un outil de panelisation à partir duquel il pourra mettre en place un système d’estimation de la qualité des contenus. Fastidieux ? Oui. D’autant plus que vous devez le former tous les jours.

4. Soyez patient ! Persévérez !
Parfois, surtout au début, vos efforts ne seront pas franchement encouragés. Vous aurez eu beau montrer à votre robot la crème de ce qui s’écrit de mieux sur vos sujets, et le Top des twittos experts en ces matières, il ne sélectionnera rien. Ne frappez pas votre robot. Il n’est pas plus stupide qu’un autre, et l’on ne devient pas Alexa en un jour… Mais alors, pourquoi s’obstine-t-il à ne rien produire ? En fait, c’est un peu à cause de vous… Parce que vous ne voulez obtenir que des contenus « de qualité », il ne peut pas vous envoyer d’un bloc tous les articles publiés sur tel ou tel site. Il ne s’autorise à vous sélectionner que ceux qui ont été partagés par les comptes Twitter validés comme étant fiables. Sans partage, pas d’indication de valeur, et donc pas de sélection. Que faire pour résoudre ce problème ? Continuez à alimenter votre robot de comptes Twitter intéressants… et patientez.

 

5. Laissez votre robot vous guider
Dans ce long apprentissage, les plus résilients des éleveurs de robots rencontreront leurs premiers motifs de satisfaction. En effet, peu à peu, le robot va commencer à proposer de nouveaux comptes Twitter pertinents. Pour le stimuler à en trouver toujours plus, surtout, validez-les. Cela l’aidera à creuser le filon, à en trouver d’autres, puis d’autres encore… Ainsi, votre robot commence à gagner en autonomie, et à vous soumettre des contenus inattendus. En élargissant son territoire de recherche, il pourra même identifier des sujets un peu connexes. Évidemment, si vous vous intéressez à un nouveau sujet, il vous faudra tout recommencer depuis le départ, en éduquant un autre robot...
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