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une influenceuse dans un bain qui prend en photo son verre de vin
© FG Trade via getty image

Pour éviter les dérives, les influenceurs ont enfin leur charte éthique

Le 27 janv. 2020

L’agence Woô vient de publier sa charte éthique de l’influence 2.0. Cette dernière apporte quelques règles bienvenues dans un monde qui ne compte pas beaucoup de régulation.

Combien de posts sponsorisés les influenceurs ont-ils le droit de faire en 24h ? Les marques peuvent-elles modifier leur brief après la signature du contrat ? Une agence peut-elle faire de la marge sur une campagne caritative ? Toutes ces questions, et bien d’autres encore, n’ont pas vraiment de réponses légales dans le milieu de l'influence. En attendant une véritable régulation, l’agence Woô a publié sa charte éthique pour ce nouveau métier.

Ce document d’une douzaine de pages a pour objectif de faire face à « la généralisation des pratiques douteuses et abusives sur les réseaux sociaux » et au « manque de régulation de ce nouveau marché. » Il faut dire que le milieu de l’influence est tout neuf, à peine une dizaine d’années, et qu’il n’est pas vraiment réglementé. Jusqu’à présent, seule l’ARPP (l’autorité de régulation professionnelle de la publicité) en collaboration avec l’agence We Are Social avait tenté d’introduire quelques « bonnes pratiques » à l’égard des influenceurs.

Pour en finir avec les hommes-sandwichs de l'influence

L’originalité de cette première charte éthique est de s’adresser à la fois aux influenceurs, aux marques et aux agences. Pour les premiers, la signature (facultative) du document les oblige à présenter une communauté authentique (pas d’achat de followers), à s’exprimer uniquement sur des sujets qu’ils maîtrisent et à présenter un avis « objectif » du produit qu’ils sont en train de promouvoir.

Autre obligation et non des moindres, les influenceurs signataires doivent publier plus de 60 % de contenus non sponsorisés pour des formats durant 24h comme les stories. Le chiffre tombe à 50 % pour les autres types de publications, hors période commerciale intense comme Noël ou la Saint-Valentin.

La charte oblige aussi les influenceurs à être le plus transparent possible sur les posts sponsorisés et à afficher le hashtag #sponsorisé en haut de leur publication. Même chose pour les voyages offerts par les marques qui doivent être signalés comme tels dans le contenu des stories.

Les marques et les agences vont devoir faire des efforts

Du côté des marques, ces dernières s’engagent à exposer des attentes précises et claires sur leurs objectifs et à préciser le montant de leur budget avant la négociation. Elles doivent aussi choisir les influenceurs non pas sur le nombre d’abonnés, mais sur la compatibilité avec la marque. Elles doivent également respecter un délai raisonnable (7 jours environ) entre le moment où les produits sont reçus par l’influenceur et la publication du contenu.

Enfin les agences sont elles aussi engagées par cette charte avec notamment l’interdiction de faire une marge sur la mise en place d’une campagne pour une cause caritative. Elles doivent aussi prendre en compte les cibles et les communautés respectives des influenceurs. Comprenez ici qu’elles feront attention à ne pas proposer un post sponsorisé pour une marque de boisson alcoolisée à des influenceurs qui parlent surtout aux enfants.

Reste donc à voir si les différents acteurs de l’influence auront envie de se s’engager dans une charte qui, sans être extrêmement contraignante, oblige à faire preuve d’un minimum de moralité et d’éthique.

David-Julien Rahmil - Le 27 janv. 2020
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