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Journée sans Facebook : « on s’est fait baiser », selon Laurent Alexandre

Le 27 févr. 2018

C'est la Journée mondiale sans Facebook. Laurent Alexandre, Olivier Babeau et Thomas Fauré nous rappellent pourtant que le réseau abîme nos cerveaux et empêche des structures françaises et européennes d'émerger.

« La journée sans Facebook ? Je n’y participerai pas. La déconnexion des GAFA, c’est aussi con que de passer une journée sans électricité. » Le ton est donné par Laurent Alexandre, co-fondateur de Doctissimo aujourd'hui patron de DNA Vision. Le chirurgien est en très grande en forme pour la Journée mondiale sans Facebook.

Nous sommes 2,13 milliards d'utilisateurs actifs chaque mois, selon Facebook, et un habitant de la planète sur cinq se connecte quotidiennement au réseau social. Alors, à l'instar de la Journée internationale de la barbe, du rangement de bureau ou de celle du pop-corn (notre préférée), le réseau social de Mark Zuckerberg a lui aussi son jour dédié. Ou plutôt sa contre journée pour alerter sur les risques de l'utilisation excessive du service et pour protester contre le modèle de récupération des données personnelles à des fins publicitaires.

Top ou “Flop” ?

Qualifiée de « flop » par l'Expansion en 2014, cette journée pourrait pourtant faire plus de bruit cette année. Le mouvement de bashing de Facebook, initié par des stars de la Silicon Valley, a été repris par les médias du monde entier. D'abord Sean Parker, l'ancien président de Facebook, a alerté de l'effet du réseau social sur le cerveau des enfants. Chamath Palihapitiya, ensuite, qui avait rejoint la firme en 2007 en tant que vice-président en charge de la croissance des audiences. Il avait déclaré que Facebook « érode les fondements du comportement des gens ». Enfin, en coalition avec d'anciens de Google, des ex employés de Mark Zuckerberg, dont le créateur du bouton « J'aime » himself, ont fondé le Center for Humane Technology pour lutter contre leur propre créature.

Du trombi au combat

« Souvenez-vous : au début, Facebook était un trombinoscope et ça avait l'air super. Mais, très vite, on a compris la mise en scène sociale. On avait l'impression que le réseau allait nous aider à nous connecter. En définitive, Facebook réduit les relations sociales », analyse Olivier Babeau, agrégé d'Economie, essayiste, professeur et co-fondateur de l'Institut Sapiens, un réseau d'experts de « think tech ».

« Nous vivons dans une glace sans tain : nous ne voyons que notre propre reflet, continue-t-il. » À ses côtés en France, de nombreux leaders, intellectuels et entrepreneurs grondent. Parmi eux, l'ultra médiatique Laurent Alexandre, également co-fondateur de l'Institut Sapiens. Pour cet ancien chirurgien, par ailleurs énarque et entrepreneur, il est trop tard pour rattraper notre retard sur les GAFA : « On s'est fait baiser », synthétise-t-il, imagé. Pour lui, l'utilisation de la quantité astronomique de données personnelles récoltées creuse l'écart avec d'autres entreprises, plus petites, qui ne peuvent rivaliser : « le frein à l'entrée est trop grand. »

Sortir de Facebook

« Nous voulons montrer qu'il existe des alternatives face au monopole et au modèle économique de l'exploitation des données » explique Thomas Fauré, président de Whaller, une plateforme de réseaux sociaux privatifs « made in France » avec zéro publicité et aucune récupération de données. Le créateur regrette que l' « on ne voie que les GAFA », aux leaders qui s'apparentent à des gourous, alors que, selon lui, on « peut faire mieux que Facebook sur certains aspects ». Comme, par exemple, proposer des réseaux sociaux plus intimes et entièrement protégés.

Optimiste, Olivier Babeau rappelle qu' « aucune domination n'a jamais été stable. C'est incroyable que nous ayons adopté aussi rapidement de nouveaux usages. Mais l'utilisateur garde le pouvoir. Les internautes sont toutà fait capables d'en partir. » Comme ils y sont entrés, donc. « L'idée de la déconnexion fait son chemin. Les élites de demain se mesureront à leur capacité à se détacher d'Internet », prédit Olivier Babeau.

Et Laurent Alexandre de conclure : « Y'a du boulot ».

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