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Mark zuckerberg fait la couverture du magazine Wired

Comment les médias sont entrés dans l'ère du Facebook Bashing

Le 13 févr. 2018

Longtemps fascinés par la puissance du réseau social, les médias ont cru pouvoir en profiter. Avant de découvrir dépités que si Facebook avait bien contribué à les rendre plus populaires, mais en captant largement la pub. Et depuis  ils n'hésitent plus à accuser son fondateur Mark Zuckerberg.

Ensanglanté, lèvre fendue, un pansement sur l’arcade... le patron de Facebook vient de se faire « tabasser » par Wired. À coups de Photoshop. Il est loin le temps où l'on s'attendrissait de la maladresse du surdoué. Le montage illustre parfaitement la thèse de l’enquête - fouillée - du numéro de mars du magazine américain. « Zuckerberg est au milieu d’une bataille difficile », affirme Nicholas Thompson, rédacteur en chef de Wired. La vague d'optimisme inspirée par les réseaux sociaux fait place au désenchantement. 

Il faut dire que, depuis quelques années, le petit génie a réussi à se mettre pas mal de monde à dos. Alors certes, on s’aperçoit doucement de l’impact négatif du réseau social sur les médias. Mais c’est la mauvaise appréciation des enjeux éditoriaux et politiques, la cascade de maladresses et de réponses à côté de la plaque qui commencent sérieusement à faire douter de la bonne foi de Mark Zuckerberg. Dès qu’il faut répondre aux questions importantes, le grand patron prend ses jambes à son cou.

Entre Facebook et les médias, c’est “complicated”

Les médias et Facebook ont d’abord été amis, avant d’entrer dans une relation tumultueuse. Pour les éditeurs de contenus, la plateforme incarnait un lieu de rencontre où séduire des lecteurs et les appâter sur leur propre site. Mark Zuckerberg était content, les médias aussi, et les internautes cliquaient sans se poser de question. Aujourd’hui, les producteurs d'infos se sentent esclaves du réseau social, contraints d’alimenter le feed selon la volonté - versatile - de la plateforme. Sans retour et sans visibilité.

« Est-ce que Facebook favorise les posts qui mettent les gens en colère ? Est-ce qu’il favorise les idées simples ou fausses plus que les complexes ou les vraies ?» se demande Nicholas Thompson, co-auteur de l’enquête. En somme, est-ce qu'un média qui produit du contenu de qualité est plus ou moins important qu'un site satirique ou de fake news ? Malaise... Mark Zuckerberg ne lâche rien : Facebook est une plateforme et non un média. Ce n'est pas à lui de décider.

Fin de l’optimisme technologique

Jadis porté par la philosophie Web, à grand renfort de « connecting people », de liberté et d'optimisme, la religion du géant de la techno a été ébranlée par un scandale lors des élections américaines. Mark Zuckerberg avait affirmé qu’il était « plutôt dingue » de croire que Facebook ait joué un rôle quelconque dans l’éviction du pouvoir d’Hillary Clinton contre Donald Trump. Avant de se raviser. En 2017, le jeune patron a avoué qu’un groupe russe avait investi 100 000 $ dans 3 000 publicités visant les électeurs américains, recouvrant d’un coup la mémoire et son goût pour les chiffres. Mieux, un mois après, Jonathan Albright, directeur de recherche du Centre pour le journalisme numérique à l'université de Columbia, a révélé que des posts provenants de six comptes russes avaient été partagés 340 millions de fois. En Europe, c’est le malaise, on commence à se dire que derrière le sourire ultra bright du jeune surdoué, on se paye carrément la tête des médias, des internautes et des autorités.

Protection des cerveaux

Du côté des anciens employés, la parole commence à se libérer. La riposte s’organise pour protéger le cerveau des enfants des décharges quotidiennes de dopamine qui rendent le cerveau accro aux notifications. Par ailleurs, les jeunes boudent le réseau qu'ils jugent ringard et les connexions diminuent. Qu'importe, le patron tourne l’information à son avantage : le temps passé sera « de meilleure qualité » et « plus précieux » (sous-entendu meilleur pour le business). Même si, Mark affirme que « protéger (la) communauté est plus important que de maximiser (ses) profits ». Mais, capable de tout dire et son contraire, qui a encore foi en Mark Zuckerberg ?
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