La modération sur les sites cochon

Dans le quotidien peu reluisant des modérateurs de sites pour adultes

© Andrea Piacquadio via Pexels

Le site xHamster fait appel à des utilisateurs volontaires pour trier les photos pornographiques interdites par la plateforme et la loi. Une tâche non rémunérée et basée... sur la subjectivité et le hasard.

Comment les sites pornos sont-ils modérés pour éviter la diffusion de contenus illégaux ? Cette question plutôt centrale était au cœur d’un article d’opinion publié sur le New York Time en décembre dernier. On y apprenait que le site PornHub hébergeait des vidéos pouvant relever de la pédopornographie ou du revenge porn. Pour mieux cerner comment s’effectue cette modération, des journalistes de Vice se sont justement infiltrés dans les équipes de modération de xHamster, un autre site pornographique. Ils y ont découvert un système de surveillance basé sur le volontariat et l’approximation.

Le club des modérateurs

Pour constituer cette taskforce modératrice, le site recrute parmi ses utilisateurs les plus assidus. Les pré-requis sont d'ailleurs assez simples : être inscrit depuis plus de 200 jours sur xHamster et y avoir posté du contenu porno. Ce recrutement très large attire inévitablement des profils se dépeignant comme « accros » au porno et souhaitant accéder à un contenu jugé plus borderline. Une fois qu’ils ont intégré le « Reviewers Club » , les internautes ont accès à un back-office rempli de photos qu’ils passent en revue. Les vidéos sont quant à elles visionnées par des employés de la plateforme.

Jugement au doigt mouillé

Avoir accès aux images est une chose, juger si ces dernières sont effectivement illégales est une autre paire de manches. Pour s’aider, les modérateurs ont accès à un petit manuel édité par la plateforme leur indiquant comment chercher des détails dans la manière de s’habiller pour déterminer si les personnes photographiées sont bien majeures ou bien si une scène violente est simulée ou pas. Mais le jugement reste très approximatif, que ça soit pour l'âge des personnes ou pour déterminer s'il s'agit de revenge porn. Pour qu’un contenu soit retiré, il doit être « flagué » par un modérateur puis par ses pairs et éventuellement un salarié en interne. D’autres types de contenus répondant aux tags « voyeurs » et partagés sans le consentement des personnes filmées ne sont par ailleurs pas interdits par la plateforme. En fin de compte, l’article conclut que les membres du Reviewers Club sont bien souvent laissés dans le flou et sans réel échange avec l’administration du site. De quoi illustrer une nouvelle fois à quel point la modération est considérée comme la 5e roue du carrosse sur le web.

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