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Après le FOMO, le ROMO... ce soulagement qu'on ressent à ne pas être informé

Le numérique nous avait plongé dans le FOMO, la peur de manquer quelque chose. Aujourd'hui, il nous colle le ROMO. Des chercheurs se sont penchés sur la question.

Notre paysage media est en plein bouleversement. Notre rapport aux news aussi. On le sait depuis le dernier rapport Reuter 2022 : partout dans le monde, les gens préfèrent se tenir loin de l’information et des actualités. Pour rappel, 38 % de la population mondiale évite sciemment de prendre connaissance de l'actualité alors que cette proportion ne s'élevait qu’à 29 % en 2017. En France, ce chiffre monte jusqu'à 36 %. Jusqu’à présent on estimait que cet évitement était dû à un désintérêt global lié à l’actualité. Or, les spécialistes des médias Benjamin Toff, de l'Université du Minesota et Rasmus Kleis Nielsen, du Reuters Institute à l’université d’Oxford se sont penchés plus en profondeur sur le phénomène.

Des news trop anxiogènes

Dans un article paru dans le journal Political Communication, les deux chercheurs ont déterminé qui étaient ces « éviteurs » qui font tout pour ne pas se connecter à l’actualité. Il s’agit en grande majorité de personnes issues de classes sociales moyennes ou populaires qui sont déjà confrontées à des environnements sociaux compliqués (l’étude a été menée en Grande-Bretagne). Beaucoup ne se revendiquent d’aucun camp politique et ne comprennent pas l’actualité liée à ce domaine. Mais au-delà du manque d’intérêt, c’est surtout l’anxiété, vécue et même anticipée qui reste le facteur le plus important dans la décision de ne pas se tenir au courant de l’actualité. Les faits divers portant sur des accidents ou des crimes sont notamment pointés dans ce phénomène et sont jugés omniprésents dans le paysage médiatique.

Le soulagement de ne pas être informé

Parmi les arguments les plus avancés par les personnes ne souhaitant pas s’informer, on retrouve le sentiment d’usure et de dépression, ainsi que l’impression de ne pas pouvoir changer les choses à leur niveau. Mais plus que tout, Benjamin Toff souligne que ce public ressent un sentiment de soulagement dans cette démarche d’évitement de l’information, sentiment que l’on pourrait appeler ROMO l’acronyme anglais de Relief Of Missing Out, en référence au fameux FOMO (de l'anglais :  fear of missing out, « peur de rater quelque chose » ) qui avait été souligné dans les premiers enthousiasmes de la révolution Internet.

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