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un journaliste se prend la tête dans une newsroom
© fizkes via Getty Images

Tiraillés entre passion et mauvaises conditions de travail, les journalistes ont le blues

Le 19 févr. 2019

Crise de confiance, dégradation des conditions de travail... Les journalistes ont le moral dans les chaussettes. Pourtant, ils aiment leur profession et la défendent. Zoom sur un métier qui ne sait pas toujours où se situer.

Dur dur, ce début d'année pour les journalistes. Alors que le climat est à la défiance avec l'avalanche de fake news, que la crédibilité des journalistes est remise en question, et que l'affaire de la Ligue du LOL n'a rien arrangé, voilà que la société ComCorp a publié le rapport « Être journaliste en 2019 ». Et c'est pas joli, joli. 

Pour Alexis Noal, Vice-Président de l'entreprise et responsable de l’étude, les résultats dressent « le portrait d’une profession en difficulté croissante qui peine à concilier la passion d’un « métier-vocation » avec des conditions de travail de plus en plus précaires et une crise de confiance croissante de la part de ses concitoyens.

Pour tirer ces conclusions, la société de conseil en réputation a mené une étude en ligne. 550 journalistes français ont été interrogés, soit environ 1,6% des journalistes encartés de l'Hexagone, selon les derniers chiffres de la Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels (l'organisme qui délivre les cartes de presse en France).

Manque de temps et effectifs trop faibles

Résultats : la grande majorité des journalistes (70,55%) considèrent que leurs conditions sont moins bonnes qu'il y a quelques années. Ils citent majoritairement le manque de temps (60,7%) ou une charge de travail trop importante couplée à un manque d'effectif.  D'autres raisons sont invoquées comme la profusion d'informations, une rémunération trop faible et un stress croissant. 

Ces résultats font écho à la sortie de l'ouvrage d'Olivier Goujon, Ces cons de journalistes (Éditions Max Milo), qui décrit comment les conditions de l'exercice du métier de journaliste se sont dégradées ces quinze dernières années. 

Mauvaise réputation 

En plus des mauvaises conditions de travail, seuls 12,36% des journalistes pensent leur profession appréciée et valorisée par les Français. Pourtant, malgré le désamour du public et des conditions de travail de plus en plus difficiles, 74,36% des interrogés opteraient encore aujourd'hui pour le métier de journaliste. 

La profession redoute que les conditions ne se dégradent encore dans le futur. 70,18% des interrogés déclarent ne pas avoir confiance dans les perspectives d'avenir en tant que journaliste. D'ailleurs, plus de la moitié ne conseillerait pas à un jeune de se diriger vers cette profession. De quoi confirmer les prédictions de la journaliste et fondatrice du Future Today Institute, Amy Webb, pour qui les médias ont 70% de chances de perdre le contrôle de l'information contre les géants du web. De quoi envisager le futur des médias avec sérénité. Ou pas. 

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