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Comment réagir quand on subit un harcèlement en ligne
© draganab via Getty image

Les trois réflexes à avoir en cas de cyberharcèlement

Le 22 févr. 2019

Longtemps resté dans l’angle mort de la justice, le cyberharcèlement est à présent un délit puni par la loi. Mais avant que votre affaire n’arrive devant un juge, quels sont les bons réflexes à adopter ?

Réflexe #1 : enregistrez tout !

 

Insultes via messagerie, création de faux comptes à votre image, revenge porn ou bien encore lynchage sur les réseaux sociaux... Le cyberharcèlement peut prendre de multiples visages et frapper n’importe qui. Si le premier réflexe consiste à vouloir répondre à chaque insulte, cela ne sert malheureusement pas à grand-chose. Pour Mikael Mathieu, avocat et membre du groupe Eurojuris, il s’agit avant tout de rassembler des preuves. Il faut prendre des captures d’écran de tout ce que vous voyez, explique-t-il.

Il faut cependant faire attention. Une capture d’écran peut être falsifiable et si vous voulez aller au bout d’une procédure judiciaire, il vaut mieux faire faire appel à un huissier pour enregistrer ces preuves. Vous pouvez aussi passer au commissariat déposer une main courante afin de laisser une trace officielle pour de futures poursuites. Cet acte n’a cependant aucune conséquence et n’ouvre pas d’enquête.

Réflexe #2 : faites-le savoir à vos proches, mais aussi à la plateforme

On ne le dit pas suffisamment, mais les victimes de cyberharcèlement ne doivent pas rester seules avec leur problème. Pour mieux affronter la situation, il faut pouvoir se confier à un proche de confiance. De plus, il n’est pas inutile d’avertir la plateforme sur laquelle vous subissez le harcèlement. « D’après la loi, les plateformes web s’exposent à des poursuites judiciaires si elles n’agissent pas après un signalement », poursuit Mikael Mathieu. Que ça soit sur Facebook, YouTube, Twitter ou Instagram, vous avez la possibilité de signaler un contenu ou une situation qui vous semble être du harcèlement. En échange, la plupart des plateformes vous proposeront de bloquer la personne responsable ou de limiter votre visibilité sur les réseaux. Vous pouvez le faire après avoir accumulé suffisamment de preuves.

Réflexe #3 : déterminez s’il s’agit d’une injure ou d’un harcèlement puis portez plainte

Selon qu’il s’agisse d'un cas ou de l'autre, les délais et le niveau de preuves ne sont pas les mêmes. Si vous êtes insulté sur les réseaux sans que cela se poursuive dans le temps, alors il peut s’agir d’une injure. « C’est comme la diffamation, explique Mikael Mathieu. Ça tombe sous le coup de la loi de la presse et vous avez un délai de trois mois pour qu’une décision de justice soit prononcée. Ce n’est pas forcément une condamnation, mais ça peut être des poursuites officielles. »

Dans le cas du harcèlement en ligne, vous avez plus de temps pour obtenir une décision judiciaire. Il faut cependant fournir de nombreuses preuves pour caractériser ce délit. « Comme pour tous les délits il faut compter un temps de prescription de 6 mois, poursuit Mikael Mathieu. Mais pour montrer qu’on est bien victime de harcèlement, il faut prouver qu’il y a des agissements répétés dans le temps et que cela apporte des impacts réels et objectifs sur la victime comme du stress, des problèmes de santé ou un arrêt de travail. » Dans les deux cas, vous devez aller porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie et, dans les cas les plus graves, vous faire assister par un avocat afin que l’affaire soit suivie par un professionnel.

Quelques conseils en plus

Identifier le responsable (ou pas)

Si vous êtes victime d’un harcèlement dans votre vie quotidienne, il faut pouvoir identifier le responsable de ce délit. Cependant, il arrive souvent que le cyberharcèlement soit le fait d’un groupe de personnes pouvant se cacher derrière des pseudonymes, comme ce fut le cas pour la ligue du LOL. Voilà pourquoi depuis la loi 3 août 2018 il est possible de porter plainte pour harcèlement en meute et raid numérique. Dans ce cas, la justice s'occupe d'identifier le meneur et les personnes qui ont participé aux agissements. Ils risquent jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. Cela peut concerner une simple personne qui a partagé un contenu injurieux.

Effacer le contenu injurieux

Comme pour le signalement, les plateformes doivent obéir au « droit à l’oubli » et effacer le contenu injurieux à la demande. S’ils ne réagissent pas, vous pouvez saisir la CNIL après un délai d’un mois.

Si vous êtes témoin d’une attaque

Vous pouvez aussi signaler les cas de harcèlements auprès de la plateforme, effacer les contenus que vous avez reçus et apporter votre soutien à la victime. Vous pouvez aussi la diriger vers des collectifs de victimes comme Féministes contre le cyberharcèlement qui donnent plein de très bon conseils pratiques pour sortir au mieux de ce type de situation.

POUR ALLER PLUS LOIN : 

> Protéger ses enfants du cyberharcèlement, c'est possible. On a une solution

Ligue du LOL : comment Libération a vécu le scandale de l'intérieur ?

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