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Elon Musk devant un mur de pouces en bas

Dark RP : quand Boeing essaye de faire la peau à Elon Musk

Le 8 oct. 2018

Dans la conquête de l’espace, entre Boeing et SpaceX, tout ne semble qu’amour et intelligence collective. En public, du moins. Parce qu’en privé, tous les coups sont permis, y compris celui de l’usurpation d’identité et du lynchage en bonne et due forme.

Entre SpaceX et Boeing, c’est le big love ! Les deux entreprises ont en effet été sélectionnées par la NASA pour participer au programme CCDeV, dont l’objectif est d’assurer le transport des astronautes jusqu’à la station spatiale internationale (ISS), ainsi que leur retour sur Terre.

Autant dire qu’en public, on s’auto-congratule et on se réjouit de participer au rayonnement des Etats-Unis dans la conquête de l’espace (oui, il faut savoir que depuis 2011, ce sont des navettes russes qui assurent les voyages des astronautes). Ainsi, début août 2018, la directrice générale de Boeing (Leanne Caret) et la COO de SpaceX (Gwynne Shotwell) sont apparues tout sourire sur la scène du Johnson Space Center.

Y a pas à dire, c’est beau l’amour – surtout entre entreprises concurrentes. Mais peut-être trop lisse pour être vrai.

« Elon Musk manque d’expérience et n’a que faire de la sécurité des astronautes »

Les équipes d’Ars Technica ont dévoilé ce qui pourrait bien être les coulisses d’une opé de com' franchement crado.

En effet, en parallèle des annonces publiques, certains journaux ont partagé des tribunes dézinguant Elon Musk – jugé incompétent et manquant d'expérience – et sa fusée Falcon 9 – notamment son mode d’approvisionnement en carburant, jugé dangereux pour les astronautes. Les brûlots sont signés Richard Hagar, un ancien de la NASA.

Question sécurité, il est échaudé : il a notamment participé au programme Apollo 1, tristement célèbre pour avoir causé la mort de tout son équipage lors d’un incendie pendant une répétition en conditions réelles, en 1967.

De quoi accorder suffisamment de crédit à ces allégations…

Sauf que le Richard en question n’aurait jamais écrit ni partagé ces tribunes.

Dark RP : « nous n’avons rien à déclarer »

En creusant un peu, les journalistes se sont rendu compte que les tribunes avaient été envoyées aux médias concernés (Houston Chronicle, Alburquerque Journal, Florida Today, The Washington Times et plusieurs journaux locaux en Alabama) depuis des adresses Gmail appartenant à Joshua Brevik et Casey Murray.

Ces deux personnes travaillent pour le cabinet de RP Law Media Group dont l’un des principaux clients est – on vous le donne en mille – Boeing.

Forcément, ça fait tilt.

Certains avertiront sur un raccourci complotiste… d'autres y verront un lien évident : Boeing aurait payé pour faire paraître ces tribunes à charge contre leur principal concurrent.

Contactées, les équipes ont déclaré ne rien avoir à déclarer. No comment, donc, mais il paraît que qui ne dit mot consent.

Les RP au Far West

Si les faits sont avérés, ce ne sera pas la première fois qu’une marque use (et abuse) de sombres moyens pour parvenir à ses fins. Un patron d’agence spécialisée nous alertait d’ailleurs sur ces pratiques plus que discutables. Il explique que certaines entreprises sont prêtes à créer des profils « d’influenceurs fictifs » : un faux chercheur, professeur ou universitaire qui va produire des contenus raffinés et construits, et faire preuve d’autorité auprès de l’opinion.

Ici, le profil n’est pas entièrement fictif – Richard Hagar existe bel et bien. Mais il nie être l’auteur des tribunes incriminées. Ce qui rajoute une nouvelle couche aux Dark RP : celle de l’usurpation d’identité.

L’infox n’a pas de limites !  

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