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© Cécilie Arcurs via Getty Images

Qu’est-ce qu’une entreprise réellement inclusive ?

Alizée Perrin
Le 18 mars 2019

Jessica Bennett, new-yorkaise de 40 ans est « gender editor » pour le New York Times, l’un des plus grands quotidiens d’information outre-atlantique. Sa mission ? S’assurer que le média respecte bien les critères d’inclusion, notamment ceux liés à l'égalité entre hommes et femmes. Un rôle inédit, à la mesure des enjeux que recouvre ce nouveau concept  phare des politiques de RSE.

« Je suis comme une rédactrice en chef normale, mais plus énervée », expliquait sur France Inter l’Américaine, le 5 mars dernier. Nommée fin 2017 au moment où éclate l’affaire Harvey Weinstein et le mouvement #MeToo, Jessica Bennett a deux missions principales : associer davantage le lectorat féminin, et « angler » le plus de sujets possibles par le prisme du genre. Son objectif ? S’assurer que les articles proposés, mais également que les équipes en place, reflètent bien les critères de diversité (entre hommes et femmes, mais également représentation des minorités issues de la diversité). Ce poste radicalement nouveau donne la mesure de l’importance de la notion d’inclusion en entreprise.

Inclusion, kézako ?!

L’inclusion en entreprise repose sur une idée simple : être capable d’intégrer dans ses équipes un grand nombre de profils hétéroclites tout en assurant une bonne cohésion et une performance optimale. Néanmoins, la notion d'inclusion n’est pas à confondre avec celle d’intégration. « Le terme « inclusion » vient des travaux sur les discriminations. Notamment ceux menés par le sociologue Robert Castel dans les années 1960. Ce dernier a identifié les « critères de vulnérabilité » qui exposent certaines catégories de population au risque d’exclusion », explique ainsi Marie Donzel, consultante, experte de l’inclusion et de l’innovation sociale, qui vient de publier « 7 icônes de la pop culture pour comprendre le sexisme » (Editions Fil Rouge).

Si l’on pense immédiatement aux personnes en situation de handicap, elles ne sont pas les seules concernées. En effet, de nombreux facteurs contribuent à la vulnérabilité en entreprise. L’âge est l’un d’entre eux. « En témoigne le taux de chômage des « seniors » par exemple », la grossesse, la maladie « qui met en péril la situation professionnelle mais limite aussi leurs possibilités de conduire des projets d’avenir comme un achat immobilier ou une création d’entreprise », souligne Marie Donzel. Mais aussi des critères permanents tels que l’origine sociale, le genre, l’origine culturelle, l’orientation sexuelle, l’apparence physique… « L’inclusion consiste à renverser le paradigme : plutôt que de vouloir absolument que les « non-conformes » se rapprochent le plus possible de la « norme », c’est la « norme » que l’on remet en question », conclue-t-elle.

Une approche fondamentalement participative

L’approche inclusive est fondamentalement participative. Elle doit inviter chaque individu à s’exprimer, et encourager les autres à l’écouter de manière bienveillante. « Une entreprise vraiment inclusive est une entreprise qui a d’abord acquis la conviction que la toute première de ses richesses, ce sont les individus qui y travaillent, et qui explore en profondeur toute l’étendue de cette richesse. Notamment en œuvrant à révéler les « talents cachés » de chacun », ajoute Biliana Todorovic, Directrice en charge des activités People, Change & Transformation au sein de CGI Business Consulting. Les programmes d’intraprenariat sont ainsi de véritables accélérateurs du changement, et d’excellents vecteurs d’inclusion.

L’autre pan concerne « le management de la diversité». Il s’agit pour l’entreprise de corriger les inégalités de façon volontariste. Par exemple en fixant des objectifs chiffrés de recrutement qui tiennent compte du besoin de diversité, tant sociale, qu’ethnique ou culturelle. Certaines structures choisissent en outre de dégager un budget particulier, de manière à rattraper les écarts salariaux entre femmes-hommes. D’autres enfin décident de porter une attention toute particulière aux femmes de retour de congé maternité.

Avant même de se demander si c’est possible, il faut prendre acte du fait que c’est nécessaire. On n’a plus le choix.

- Marie Donzel

Un changement de paradigme nécessaire

« Avant même de se demander si c’est possible, il faut prendre acte du fait que c’est nécessaire. On n’a plus le choix. Dans un monde qui se transforme rapidement et incessamment, il est impossible de ne compter que sur une petite portion de la population bien née, bien diplômée, ayant bien validé toutes les étapes d’un parcours classique pour créer des richesses », conclut Marie Donzel.

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