Mentoring

« Soft Skills »  : et si le mentorat était la clé ?

Avec Article 1
© Getty Images

Les « soft skills », tout le monde en parle, mais peu de gens savent les définir et encore moins comment les valoriser en entretien d'embauche ou en entreprise… Pourtant, ces « compétences transversales » seront capitales dans l'employabilité du futur. Explications.

Le mentorat a le vent en poupe en ce moment dans le domaine de l'orientation et des RH, que l'on s'adresse à des jeunes qui veulent faciliter leur entrée dans la vie active ou à des plus seniors qui veulent évoluer vers des postes de management. Mieux, le mentorat semble avoir conquis l'entreprise elle-même, qui promeut cette forme de  « coaching » à l'intérieur même de sa structure. Pourquoi un tel engouement ? Selon les retours d'expériences, le mentorat est en effet un outil simple, efficace et plébiscité par toutes les parties concernées pour booster les capacités sociales recherchées en entreprise. C'est fort de ce constat qu'Article 1 a lancé en octobre sa plateforme gratuite de mentorat – DEMA1N.org – dans laquelle l'engagement des professionnels est primordial.

Le mentorat, formidable accélérateur de soft skills

Le mentorat, c'est ce trait d'union de plus en plus nécessaire entre un parcours académique pas toujours linéaire et le monde professionnel sans cesse en mutation, mais aussi entre les postes juniors et les postes à responsabilités en entreprise.

Pour le « mentoré » d'abord, plus enclin à décrocher quand il vient des QPV (Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville) ou de zones rurales, ce lien avec un quelqu'un « qui a réussi » s'avère primordial. C'est tout le sens de l'action de l'association Article 1 et, depuis la mise en place du programme, les résultats s'avèrent probants. Le mentorat est bel et bien un outil puissant dans la lutte pour une plus grande égalité des chances.

Pour autant, cette relation est loin d'être à sens unique. Car, si le mentoré prend conscience d'atouts insoupçonnés qu'il pourra valoriser sur son CV et gagne en confiance en lui, le mentor lui aussi développe ses soft skills en venant en aide à un plus jeune. En effet, être mentor demande de savoir écouter, s'adresser à d'autres publics que ceux dont il a l'habitude. Cela développe l'empathie, accroît le sens des responsabilités, toutes compétences qui sont essentielles au « manager de demain ». Mieux encore, en aidant un jeune, le mentor peut même booster sa propre carrière.

Un témoignage sur le mentorat qui vaut mieux que tous les discours

Quand ils ont été mis en contact, Romain avait 30 ans et était déjà chef de projet dans la musique. Marie-Lou en avait dix de moins, pas de famille ni de réseau et voulait intégrer ce milieu, en commençant par faire le même master à l'ESSEC que celui qu'avait fait Romain. Si, au début, Marie-Lou demandait surtout à Romain comment intégrer ce master et des informations sur le milieu de la musique en général, leur relation – qui a duré plus de trois ans – est rapidement devenue beaucoup moins asymétrique. Comme le souligne Marie-Lou : « C'est une relation dynamique qui évolue en fonction des besoins. Quelqu'un qui est un cran plus loin dans sa vie professionnelle, quand on n'a pas de famille, ça aide à se projeter. C'est une sorte de modèle. » Romain acquiesce : « C'est une relation particulière. On voit ce qu'on peut s'apporter mutuellement. J'avais plus l'impression d'être un « grand frère » en quelque sorte que ce que j'imaginais du mot mentor. »

De fait, dix ans après, Marie-Lou, mais aussi Romain, ont chacun retiré de vrais bénéfices de cet échange. Du côté de Marie-Lou : « Cela m'a permis de me rendre compte qu'il y avait des codes sociaux, des soft skills, que cela existait et que c'était important. À commencer par le look, moi qui étais gothique hardcore ! On apprend les subtilités, à être plus à l'aise, à savoir naviguer dans différents milieux... Et, petit à petit, en gagnant en confiance on augmente clairement ses chances de trouver un emploi. »

Pour Romain également, le bilan est fructueux : « Moi aussi, cela m'a donné plus confiance en moi. Me sentir utile m'a fait du bien, m'a rendu fier et m'a apporté un certain équilibre de vie. Je ne sais pas si cela m'a aidé à devenir un bon père, mais en tout cas cela m'a mieux préparé à devenir manager ! Ça m'a construit. » La meilleure preuve du succès de cette formule ? Romain a décidé de redevenir mentor et Marie-Lou fait la même démarche « pour rendre un peu de ce qu'on m'a donné et parce que cela m'apporte énormément de satisfaction. Sans compter que les jeunes de 20 ans me redonnent de l'énergie et de la fraîcheur ».

Des signes encourageants pour l'acquisition des soft skills grâce au mentorat

On le constate avec ce témoignage, aujourd’hui, dans un contexte de transformation accélérée des organisations et des métiers, l’école ne peut plus remplir seule sa mission d’ascenseur social. Le mentorat apparaît dès lors comme un nouveau pilier essentiel pour favoriser la réussite et l’épanouissement de tous, au début comme tout au long de la vie active. Pour preuve, en novembre 2021, les députés européens ont approuvé, à une large majorité, le rapport d’initiative sur « l’espace européen de l’éducation : une approche globale commune », qui valorise, promeut et distingue les avantages de pratiques telles que le mentorat. Cette reconnaissance intervient après le lancement du programme « 1 jeune, 1 mentor » en mars 2021, largement promu par Article 1 et les associations réunies dans le Collectif Mentorat.

Une belle reconnaissance du travail de ces associations, qui permettra à terme de constituer un véritable outil commun de soft skills développé par Article 1 : JobReady*

Le mentorat, formidable outil d'aide au plus fragiles qui crée de la solidarité, du sens et de de l'engagement au sein des entreprises, pourrait donc bien s'avérer déterminant pour construire un monde du travail plus inclusif et plus en phase avec les valeurs de la société actuelle.


* JobReady a fourni un important travail théorique pour répertorier toutes les soft skills dans un référentiel des plus complets. Il en résulte un ensemble de 45 compétences transversales organisées en 11 familles de soft skills. Ce référentiel est aujourd’hui reconnu par les entreprises du collectif TECH FOR GOOD et de nombreux partenaires de l’enseignement et de la vie associative. Une vraie mine d'informations qui tend à démontrer que les ressources et les compétences d'un individu ne s'arrêtent pas aux diplômes ou à la stricte expérience professionnelle.

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