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Une femme brune en train de s'énerver derrière son téléphone portable
© nicoletaionescu via Getty Images

Les millennials disent stop aux heures sup’ non rémunérées

Le 9 avr. 2019

En Europe, dans de nombreux pays, les heures supplémentaires non rémunérées sont une pratique courante. Y compris en France. Mais les plus jeunes pourraient changer ça.

58% des salariés français disent faire des heures supplémentaires. Comme ça, ça a l’air beaucoup. Mais comparé à nos voisins, on s’en sort (relativement) bien. En Allemagne, le taux grimpe à 71%. En Espagne, à 67%. Et au Royaume-Uni, à 66% ! Le tout, sans contrepartie…

C’est un vrai problème, mais il pourrait bien être éradiqué par ceux que l’on adore détester : les millennials !

France : 4h37 de plus par semaine sans contrepartie

Le premier constat de l’étude ADP, The Workforce View in Europe 2019, c’est que trop souvent en Europe les entreprises imposent des heures sup’ non rémunérées. Les Français exercent leur activité en moyenne 4h37 supplémentaires par semaine sans contrepartie. Pour 12% des salariés, on est à plus de 10h.

Les secteurs les plus touchés sont ceux des arts et de la culture, de l’informatique et des télécommunications. Les salariés sont respectivement 23% et 22% à travailler plus de 10h supplémentaires par semaine.

Ils sont suivis du secteur du bâtiment et de l’ingénierie. Les travailleurs de ce domaine sont 59% à travailler au moins 5h non rémunérées par semaine.

Les jeunes mettent le holà

Les dérives du système ne sont pas du goût des jeunes générations, qui n’hésitent pas à freiner par rapport à leurs aînés. 58% des salariés français pratiquent des heures supplémentaires, mais c’est beaucoup moins vrai chez les Z (7% des 16-24 ans) et les Y (16% des 25-34 ans).

Une tendance qui peut s’expliquer par le fait que l’on gagne en général en responsabilités avec l’âge, mais qui témoigne aussi des attentes radicalement différentes des millennials.

Les études montrent qu’ils souhaitent passer moins de temps au travail. Ils ne sont pas en quête d’un statut mais de sens, et n’ont donc aucun intérêt à rester en-dehors des heures de bureau s’ils ne cherchent pas une promotion ou un gros salaire.

Place aux attentes réalistes

Pour Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP (France & Suisse), ces résultats sont surtout le signal que les employeurs ne mesurent toujours pas l’importance du bien-être au travail. Selon lui, ils ne parviennent pas à « trouver le juste équilibre entre l’engagement des collaborateurs, le nombre d’heures effectuées et le sentiment d’une juste rétribution. » Or, ce déséquilibre comporte plusieurs risques. « Au-delà du risque d’épuisement (…), ce sont des situations qui génèrent des pertes de motivation avec des conséquences négatives à long terme sur la santé, la productivité et donc la performance globale de l’entreprise. »

Ce n’est pourtant pas un secret : un salarié épuisé n’est pas un salarié productif.

Il faut donc que les managers puissent mieux définir la charge de travail des collaborateurs, et expriment des attentes réalistes. « Toutes les études montrent que la motivation des salariés (…) est renforcée lorsqu’on permet de réaliser un travail de qualité dans de bonnes conditions, ce qui passe par un équilibre entre vie personnelle et professionnelle et une rémunération adaptée », conclut Carlos Fontelas de Carvalho.  

Pas de secrets, mais des actions concrètes à mener.


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