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Un extrait du film Kingsman, où les agents secrets se retrouvent pour une réunion en hologrammes

Et si la réalité virtuelle permettait de mieux télé-travailler ?

Le 27 sept. 2018

Imaginez : vous êtes chez vous en train de bosser, mais votre boss a planifié une réunion obligatoire. Une solution made in France vous permet d’y assister depuis votre canapé, en réalité virtuelle.

Le 26 septembre 2018, Facebook a fait vibrer la planète VR en dévoilant son nouveau casque, Oculus Quest. Plus petit, plus pratique – et surtout moins cher – il promet de transporter la réalité virtuelle bien au-delà du ludique, et notamment sur le lieu de travail.

Un positionnement que les équipes de la start-up Mimesys ont adopté depuis plusieurs années déjà. Elles en sont persuadées : la réalité virtuelle doit permettre de mieux travailler à distance. « Aujourd’hui, le seul moyen que l’on a d’échanger de l’information à distance, c’est le téléphone et la vidéo, nous explique Rémi Rousseau, le CEO. En termes de mouvements et d’interaction, ça reste très limitant. »

Se déplacer pour travailler, ça coûte de l’argent et du CO2

Le fait de pouvoir se réunir « pour de vrai » pour travailler, c’est précieux. C’est ce qui freine bon nombre d’entreprises à autoriser le travail à distance (en plus, peut-être, d’un manque de confiance envers les équipes… Mais c’est une autre histoire). L’émulation des esprits est plus compliquée par Skype que dans une salle avec des gens. La meilleure preuve, c’est que les déplacements professionnels n’ont jamais été aussi nombreux – et coûteux ! « D’ici 2020, il est prévu que les entreprises dépensent plus d’1,5 trillion de dollars pour des voyages d’affaires. » Plutôt bénéf’ pour les compagnies aériennes, mais pas une très bonne nouvelle pour la planète.

Pour Rémi Rousseau, la raison est simple : l’expérience n’a rien à voir entre un rendez-vous téléphonique ou de visu.

 

Demain, on se téléportera au bureau

On n’en est pas encore au stade où l’on réussira à se téléporter physiquement d’un endroit à l’autre au beau milieu de la journée, mais on s’en approche. Les équipes de Mimesys ont mis au point une technologique qui permet de réunir plusieurs hologrammes dans une même pièce – virtuelle ou non. Le principe : se filmer avec une caméra de profondeur, qui crée un modèle 3D de votre personne, avant de l’envoyer direct dans le casque de réalité virtuelle des gens avec lesquels vous souhaitez échanger.

Démonstration en vidéo :

 

Plus de productivité et de créativité, moins d’inégalités

Loin d’y voir un simple gadget, les clients de Mimesys imaginent que la solution leur permettra – entre autres – d’être plus productifs et créatifs. Les réunions peuvent se dérouler dans des endroits inédits, permettre de manipuler des objets virtuels en temps réel, et de maquetter beaucoup plus rapidement ses idées. « On n’a plus de contrainte de bureaux, de mobilier ou de bâtiment. »

« On aimerait aussi aider les personnes qui travaillent à distance et qui sont parfois isolées socialement, poursuit Rémi Rousseau. Il s’agit de collaborateurs qui sont parfois tout aussi efficaces et investis, mais moins souvent promus. » Il précise que le fait de voir la personne permet de renforcer la confiance et le rapport humain – « qui sont parfois difficiles à maintenir avec Slack ».

Changer profondément la nature du télétravail

Certaines entreprises, aux États-Unis, créent déjà des espaces de travail virtuels – à l’instar du promoteur immobilier eXp, qui a carrément créé une île. « C’est un peu fait pour faire le buzz, mais quand la réalité virtuelle va se démocratiser, on va arriver à des solutions de ce genre. Il y aura une sorte de super bureau, qui constituera une base de connaissances à laquelle les gens pourront se connecter 30 minutes ou 1h par jour pour brainstormer avec leurs collègues. Et toutes les tâches qui ne demandent pas d’interagir, ils pourront les faire tout seuls, où ils le souhaitent. »

Plus d’économies et d’écologie

En matière de réalité virtuelle, l’équipement a bien évolué en quelques années. De casques filaires encombrants, on se retrouve avec des devices bien plus légers offrant plus de liberté de mouvement. Moins onéreux et plus pratiques, la tendance est à la miniaturisation et à la discrétion. Pour l’instant, les hologrammes de Mimesys sont équipés des casques de VR – à terme, on pourra imaginer de simples lunettes.

Pour Rémi Rousseau, ce sera aux entreprises de payer pour ces équipements – tout comme elles payent aujourd’hui pour les ordinateurs portables ou les téléphones des employés. « C’est dans leur intérêt : il a été montré qu’une entreprise économise entre 6 000 et 7 000 euros par an par collaborateur qui télé-travaille, même partiellement ».

D’un point de vue écologique, ça pourrait aussi être une solution à la pollution. « Aujourd’hui, certains se déplacent jusqu’au Texas pour une réunion de 2h avec des collègues à l’étranger, ou font un aller-retour dans la journée pour rencontrer des clients. Il y a un vrai enjeu écologique et sociétal à limiter ses déplacements professionnels. »

Evidemment, ce n'est pas demain la veille qu'on enverra son hologramme trimer à sa place. Mais les équipes, installées à Station F, utilisent déjà leur produit au quotidien – quitte à passer pour des fous auprès de leurs voisins… « Ça arrive régulièrement que les gens me voient parler tout seul avec un casque sur la tête ! Venez tester ! »

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