habillage
premium1
premium1
Un employé de bureau en train de se rafraîchir avec un ventilateur
© RyanJLane via Getty Images

Canicule au travail : comment y faire face ?

Le 25 juin 2019

La canicule de juin 2019 est sans précédent de par sa précocité, selon Météo France. De quoi nous ramollir le cerveau pendant qu’on cuit à feu doux en open space… Alors, comment on fait pour tenir ?

On commence tout de suite avec une mauvaise nouvelle : non, ce n’est pas parce que nous vivons une canicule sans précédent qu’on peut arrêter de travailler. Le Code du travail ne fixe pas de température au-delà de laquelle nous serions toutes et tous dispensé.e.s de bureau. En revanche, l’article L412-1 rappelle que l’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés – et par conséquent s’adapter en cas de forte chaleur.  

C'est vague. Mais la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie est plus précise. L’organisme préconise d’évacuer les locaux lorsque la chaleur y est supérieure à 34°C – quel que soit le secteur. Idem du côté de l’Institut National de Recherche et de Sécurité, qui indique qu’au-delà de 33°C, il peut y avoir un risque pour la santé.

Télétravailler faute de locaux adaptés

Le Code du travail précise que les équipements et locaux d’une entreprise doivent être conçus de manière à permettre l’adaptation de la température à l’organisme humain pendant le temps du travail. Si vous n’avez pas de clim’ ou de ventilateur à portée de main, vous pouvez donc choisir de travailler à la fraîche en-dehors des bureaux. La ministre de la santé Agnès Buzyn appelle d’ailleurs les entreprises qui le peuvent à favoriser la pratique.

Ça permet aussi d’éviter d’avoir à prendre des transports en commun bondés…

Du côté des travailleurs et travailleuses, on plébiscite aussi le télétravail. Visibrain, plateforme de veille des réseaux sociaux, constate une augmentation des conversations autour du télétravail sur Twitter avec un pic de 575 tweets publiés sur la journée du 24 juin 2019 – alors qu’en moyenne, les conversations portant sur le télétravail ne comptabilisent que 215 tweets par jour.

Balance ton short

Se pose aussi la question de la tenue vestimentaire – et d’une généralisation du Friday wear aux autres jours de la semaine. C’est le moment d’aller militer auprès de votre employeur, car si, en théorie, rien n’empêche de s’habiller léger sur son lieu de travail, il faut l’accord de la hiérarchie. Mais pour qu’il y ait une opposition, il faut une motivation réelle. Par exemple, si une tenue légère peut nuire à la sécurité des travailleurs ou travailleuses, l’employeur a le droit de refuser. Parmi les autres motifs pouvant mener à des refus, on retrouve l’hygiène (notamment dans le secteur alimentaire) ou des questions d’image. Avis à ceux qui seraient trop pointilleux : la ministre du travail Muriel Pénicaud les appelle à un peu de souplesse. Elle rappelait au micro de RTL que les employeurs ont « des obligations en la matière ».

La fonte des cerveaux

À celles et ceux qui seraient en panne d’arguments à présenter à leur boss pour aller travailler en tenue légère, il convient de rappeler une étude de 2015 menée par le MIT dont les résultats montraient que des températures extrêmes ont des effets néfastes sur l’économie. En analysant des données sur une période de 40 ans, les équipes ont prouvé que la productivité baisse d’environ 1,5% par degré supplémentaire et par jour au-delà de 15°C.  

En plus des problèmes de productivité, la chaleur a un réel impact sur la situation économique. Un rapport du Sénat repéré par Time To Sign Off, établissait que la canicule de 2003 avait amputé la croissance de 0,1 à 0,2 point de PIB.

Les obligations des employeurs

Les équipes de chez Bold, spécialisées dans l'accompagnement légal et juridique des start-up, ont dressé la liste des obligations des employeurs selon le Code du travail :

  • Mettre à disposition de l'eau fraîche et potable à proximité des postes de travail (articles R. 4225-2 et R. 4225-4)
  • Vérifier la ventilation des locaux (articles R. 4222-1 et R. 4222-9)
  • Aménager les postes extérieurs pour limiter les contraintes physiques et s'assurer que le port de la tenue de travail et les protections individuelles soient compatibles avec les fortes chaleurs (article R. 4225-1)
  • Évaluer les risques thermiques dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (Article R. 4121-1)
Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.