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Just Be Bold, le logo du cabinet d'avocats BOLD, sur un fond rose

BOLD : les avocats des startuppeurs français réinventent leur métier

Le 9 nov. 2018

Vous pensiez les cabinets d’avocats coincés, compliqués et démodés ? BOLD s’adapte et repense complètement le métier : pour conseiller les start-up, l’entreprise en adopte les codes !  

Avant d’arriver chez BOLD, je stresse un peu. C’est la première fois que je vais interviewer des avocats, et j’avoue que je n’en connais ni les codes, ni le jargon. J’en viens à me poser des questions un peu triviales – est-ce que je suis habillée correctement ?

Puis j’arrive sur place. Et là, je suis surprise de ce que je vois : ce cabinet – ou plutôt, cette entreprise – d’avocats est située dans un ancien garage, aux côtés de start-up comme Deliveroo. À des années lumières de ce qu’on peut imaginer, mais à l’image de ce que les quatre associés - Serge Vatine, Clarisse Berrebi, Eléonore Zahlen et Thomas Peignier – veulent pour leur métier : tout sauf du figé ! Leur projet ? Proposer un service adapté aux start-up françaises et leur écosystème.

Mais au fait, pourquoi les start-up auraient-elles besoin d’avocats ?

On n’imagine mal le type questions que l’on pourrait poser à son avocat avant même de créer sa boîte. Et pourtant, la précaution serait utile. Ainsi, sachez que si vous lancez votre entreprise, il n’est pas forcément judicieux de se marier en communauté de biens avec votre conjoint. « Quand une boîte est valorisée, la somme est virtuelle. Si un entrepreneur crée sa société et qu’elle est valorisée un million, il n’aura pas cet argent en poche. Mais s’il lui vient l’envie de divorcer et que les personnes concernées sont mariées sous une communauté de biens… La valorisation de la boîte entre dans les négociations. Et s’il y a faillite… et bien on se retrouve sans rien » explique Clarisse Berrebi. Idem, réfléchissez avant de demander à votre grand-père de vous prêter 3 000 euros pour vous aider à démarrer. « Tout d’abord, s’il y a une levée de fonds, votre grand-père fera une plus-value. Ce qui ne l’intéresse peut-être pas, sans compter qu’il aura sûrement des impôts à payer là-dessus… Et ça se complique encore plus si votre grand-père décède et que vos arrières-petits neveux entrent au capital par succession, et que le notaire s’en mêle… »

Des situations qui font sourire, mais auxquelles les équipes sont confrontées constamment. « Quand on dit qu’on invente le droit des start-up, c’est que nous devons appliquer le droit existant à la vie d’entrepreneur, en connaissant les usages et les circonstances qui sont différents de ceux de l’économie traditionnelle, poursuit Serge Vatine. Aucun avocat ne vous déconseillera de lever des fonds auprès d’un grand groupe corporate. Pourtant, aucun fonds d’investissement ne vous approchera après ça. C’est quelque chose qu’on ne peut savoir que si l’on connaît les codes du milieu. » Ça demande plusieurs choses. D’un côté, une organisation complètement repensée. De l’autre, le besoin d’éduquer une population qui ne connait pas forcément le métier.

 

Avocat ou pas, pour travailler avec des start-up… il faut se mettre soi-même « en mode start-up »

Pour Eléonore Zahlen, c’est toujours mieux de faire appel à un avocat en amont du projet. « Plus on est dans la perspective, mieux on peut aider. » Validation de concept, modèle d’entreprise… Ça permet souvent de lever les barrières qui se rencontrent parfois au moment du lancement.

A priori, ça n’a rien d’évident : faire appel aux services d’un professionnel, ça demande souvent des fonds et un service juridique adapté pour discuter. Or si on n’a ni équipe, ni revenus… c’est compliqué. « Pas chez nous, poursuit Thomas Peignier. On met à disposition des aides gratuites, et on simplifie les process pour que tout soit compréhensible par ceux à qui l’on parle : des entrepreneurs. »

BOLD va rendre disponible en ligne tous les actes principaux dont les entrepreneurs ont besoin - les legaltech ont créé la tendance, et ça permet de donner les bases à ceux qui n’en ont pas. Les avocats simplifient aussi au maximum : pas de consultation de 10 pages qui passe en revue toute la jurisprudence. « Nous parlons à des entrepreneurs, pas des juristes. Ça ne sert à rien de fournir un texte qui ne sera pas lu. Aujourd’hui, on synthétise, on donne à nos clients ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. »

Par ailleurs, les équipes se déplacent régulièrement dans les incubateurs parisiens afin de rencontrer ceux qui en ont besoin. « Ça permet aux start-up d’avoir accès à notre connaissance dès le départ… et nous, ça nous permet d’être identifiés par de futurs clients et d’accumuler des connaissances sur leurs problématiques », explique Clarisse Berrebi.

Bien entendu, BOLD accompagne aussi des start-up qui se trouvent à un stade plus avancé. « Il y a des secteurs qui connaissent moins de freins à l’entrée. C’est pourquoi certains entrepreneurs ne viennent nous voir qu’au moment de leur première levée de fonds. Et quand il y en a besoin, on peut toujours rectifier le tir à ce moment-là. »

 

Pour répondre aux contraintes des start-up : un abonnement à l’année

Se positionner comme les avocats des start-up demande un peu de souplesse en termes d’organisation et de méthodes de travail. Le métier d’avocats évolue peu, et pour faire bouger les choses il faut oser secouer l’existant. Pour commencer, BOLD est une S.A.S, pas un cabinet. Ça permet de connaître la réalité de ceux à qui les équipes doivent parler, et c’est un changement de taille.

Ça veut aussi dire qu’en termes de profils, on sort du système traditionnel où l’on ne rencontre que des avocats, des assistants et, à la limite, un directeur financier. « On pense que ça ne peut pas marcher comme ça, détaille Serge Vatine. Nous avons recruté des gens qui ne sont pas avocats pour nous aider sur les questions marketing, développement, informatique ou communication… » Pour lui, c’est clair : pour réussir, il faut non seulement être à l’image de ses clients mais en plus employer les meilleurs profils selon les domaines. « Et un avocat n’est pas la personne la mieux placée pour faire de la com’. »

Ensuite, le modèle économique est complètement différent de ce qui peut exister ailleurs. Ici, les clients ne payent pas leurs avocats à l’heure, mais par un abonnement illimité. L’objectif : aligner les intérêts des clients et collaborateurs. Il faut savoir qu’en temps normal, un avocat bien payé et un avocat qui travaille beaucoup… ou lentement, mais en tout cas, qui consacre un grand nombre d’heures à un dossier donné. « Autant dire que c’est un modèle qui peut rapidement trouver ses limites. Pour l’avocat, ça veut dire que pour bien gagner sa vie il faut impérativement bosser énormément. Pour le client, ça veut dire dépenser beaucoup d’argent si un sujet prend du temps. »

Les offres sont adaptées à la taille des entreprises. « On ne savait pas comment notre proposition allait être reçue. Par ailleurs, un cabinet classique qui travaille 5h facture 5h. Nous on avait le risque de se planter avec cette formule illimitée. Finalement, une fois qu’on a mis en place ce système, on a constaté une nette amélioration dans les collaborations, conclut Clarisse Berrebi. Ça demande une vraie organisation : on a une phase de kick off avec des objectifs fixés à l’année, on définit un référent, on établit la façon dont les équipes vont pouvoir aider le client… »

À la manière des start-up, BOLD itère, tente, et améliore ses méthodes au fur et à mesure que les équipes apprennent. « C’est notre grand avantage aujourd’hui, analyse Serge Vatine. Nous sommes capables de muter, de former et de transmettre à nos équipes ce qu’est un entrepreneur. Et ça leur permet de mieux conseiller nos clients. »

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