Le chiffre 28

28 millions : c’est le nombre de travailleurs des plateformes dans l’Union Européenne

La Commission européenne a annoncé jeudi 9 décembre un projet de directive pour faire en sorte que ces individus, aujourd’hui majoritairement indépendants, soient présumés salariés. 

La gig economy, apparue il y a une dizaine d’années en Europe, représente aujourd’hui 28 millions de personnes, estime la Commission européenne. C’est 10 % de l’ensemble des travailleurs européens. Ils seront 43 millions d'ici à 2025. Et dans 90 % des cas, ces chauffeurs Uber, livreurs Deliveroo, codeurs Malt, photographes Meero… ont aujourd’hui le statut d’indépendant.

Mais cela pourrait changer. Jeudi 9 décembre 2021, la Commission européenne a mis sur la table une proposition d’ensemble de mesures pour protéger ces travailleurs des plateformes. Une directive prévoit qu’ils soient présumés salariés. Ce sera à la plateforme de prouver que le travailleur est réellement indépendant si elle n’est pas d’accord. Les plateformes qui répondent à au moins deux des cinq critères fixés par Bruxelles seront concernés par la présomption de salariat. Les cinq critères suggérés par la directive sont :   l’impossibilité pour le travailleur de fixer son salaire, et ses heures de travail, le contrôle par la plateforme de son comportement avec le client, la vérification de son travail par des moyens électroniques, l’impossibilité pour le travailleur de constituer son propre carnet d’adresse. 

5,5 millions de faux travailleurs indépendants 

Les applis de livraison et de VTC cochent généralement deux de ces critères. Pour les plateformes mettant en relation entreprises et free-lance (comme Malt), c’est moins net. Bruxelles estime d’ailleurs que parmi les 28 millions travailleurs des plateformes, “seuls” 5,5 millions sont de faux travailleurs indépendants. 

La directive prévoit également un droit de consultation des travailleurs sur les algorithmes qui dictent les règles (notation, obtention d’une course, fixation du prix…). 

Avant d’être appliqué, cet ensemble de mesures doit être validé et amendé par le Parlement et les États membres. Les plateformes qui pourraient perdre 4,5 millions d’euros par an avec la présomption de salariat, vont sans doute essayer de se faire entendre. Il est donc possible que certaines conditions et détails du texte changent.  

Le quick commerce est déjà passé au salariat

Le salariat, c’est le modèle qu’ont choisi les néo applis de livraison de courses, dites de quick commerce, comme Flink, Yango Deli, Gorillas. Ces entreprises qui vous livrent baguette de pain et couches culottes en dix minutes paient leurs livreurs le SMIC, leur donnent des congés payés, fournissent l’ensemble de leur équipement ainsi que des salles de repos. Elles font en revanche appel à des intérimaires lors des pics de livraison, explique Les Échos

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