premium2
Deux jeunes adultes dans un Uber en train de prendre un selfie
© wagnerokasaki via Getty Images

Il est temps d’oublier les Uber et les Airbnb bon marché

Le 1 juill. 2021

Se déplacer en VTC, se faire livrer des plats gourmets, loger dans des lieux paradisiaques… la gig economy nous a appris à vivre le luxe à petit prix. Mais ça pourrait changer.

Présentées comme des alternatives bon marché et de qualité, les offres de la gig economy ont révolutionné nos habitudes. On privilégie les voitures avec chauffeur aux transports en commun, on peut se faire livrer des plats de qualité sans avoir à bouger de son canapé, et partir en vacances dans des lieux de rêve ne demande plus de choisir entre palace hors de prix et auberge de jeunesse sans confort.

Il faut dire que les start-up se sont battues sur ce principe : des prix d’appel ultra intéressants, afin de séduire un maximum d’utilisateurs et d’utilisatrices. Quitte à injecter des millions au passage pour renflouer les caisses. L’une des entreprises emblématiques du mouvement a même donné son nom à la pratique : l’ubérisation des services. Sauf que voilà : une question sur laquelle tout le monde avait fait l’impasse – la rentabilité – est en train de remonter à la surface.

Une clientèle surabondante

Avec leurs prix cassés, les start-up ont réussi à attirer toujours plus du monde. On est bien loin de l’époque où Uber devait se battre contre les taxis pour exister : désormais, la demande est plus importante que l’offre et le service manque de chauffeurs, tandis que du côté d’Airbnb, on fait régulièrement face à une pénurie de logements.

La fin de la « vie assistée » des millennials ?           

La podcasteuse Kara Swisher ne s’étonne pas que les entreprises qui ont « assisté la vie des millennials » se trouvent dans une impasse, et qu’elles soient nombreuses à mettre la clef sous la porte. Un article du New York Times leur rend hommage, en rappelant le cas de Bird, service de trottinettes électriques. À ses débuts, aux États-Unis, une course coûtait un dollar, puis quinze centimes par minute. Un prix défiant toute concurrence, même celle des bus, mais loin de refléter le véritable coût de ces engins fréquemment abîmés. L’article rappelle ainsi qu’en 2019, l’entreprise perdait 9,66 dollars à chaque fois qu’elle en gagnait 10. Un modèle irrespirable, qui rencontre ses limites aujourd’hui : fonds d’investissement et lanceurs d’alerte tirent la sonnette d’alarme. Les uns veulent plus de sous, les autres dénoncer les conditions de travail inhumaines des équipes.

Soudain, la pandémie

Le New York Times note que depuis la pandémie, les entreprises ont épuisé leurs ressources – et Uber, Deliveroo, Airbnb et consorts ne font pas exception à la règle. Ainsi, un trajet en Uber coûterait 40 % plus cher que l’année dernière, d’après Rakuten Intelligence. Sur Airbnb, la taxe de séjour quotidienne aurait augmenté de 35 % au premier semestre 2021. Quant aux applis de food delivery, les commissions seraient en hausse permanente. Des changements loin de plaire aux internautes, qui n’hésitent pas à s’en plaindre notamment sur Twitter.

Mais, comme le conclut l’auteur de l’article, « engager un chauffeur privé pour traverser Los Angeles en pleine heure de pointe devrait coûter plus de 16 dollars si tout le monde est justement rémunéré. Avoir quelqu’un qui vient nettoyer votre maison (…) ou vous livrer un repas devrait être considéré comme un luxe, si personne n’est exploité dans l’équation. »

Mélanie Roosen - Le 1 juill. 2021
À lire aussi
premium2
premium2

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.