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Un androïde devant une lumière ronde

Les robots vont piquer vos boulots… Et c’est une bonne nouvelle !

Le 7 juin 2018

Fabien Bardinet, CEO de Balyo, en est persuadé : les robots doivent remplacer les humains dans certaines tâches. Il en va du bien de l’humanité ! Il partagera sa vision sur la scène de L’Echappée Volée, les 4 et 5 juillet 2018.

« Je fais le métier le moins glamour de la planète : il consiste à faire bouger les palettes dans les entrepôts à l’aide de robots ». Le ton est donné ! Loin des paillettes et du bling-bling des androïdes qui paradent dans tous les salons tech de la planète, les robots de Fabien Bardinet, CEO de Balyo, sont pourtant au cœur de l’économie. Pour 70 000 euros, ils peuvent faire le travail de 4 personnes en un an. « Aujourd’hui, la manutention en France, ce sont 7 millions de gens qui font un job abrutissant qui coûte 200 milliards d’euros par an… et qui provoque 2 000 accidents invalidant et 22 morts chaque année ».

En plus de défendre la robotisation au sein des entreprises, il tient à tordre le cou aux fantasmes qui entourent les machines : non, elles ne sont pas prêtes de nous remplacer. « J’ai visité un super laboratoire à Singapour. Tout le monde s’extasiait parce qu’un robot était capable de ramasser des balles de couleur… Que les machines prennent le pouvoir sur l’Homme ? Je n’y crois pas du tout ».

Alors en attendant la singularité (annoncée par Google pour 2024 !) et la fin de l’humanité, Fabien Bardinet remet les pendules à l’heure et fait le point : aujourd’hui, les robots, c’est bien.

Que les robots remplacent les gens sur certaines fonctions, c’est une bonne nouvelle

Fabien Bardinet en a la conviction : il faut remplacer certains employés par des robots ! « Et tout le monde s’en portera mieux : certaines tâches sont ingrates, et elles rendent malheureux les gens qui les réalisent au quotidien ». Il juge « débile, voire criminel » d’imposer aux êtres humains de faire un « boulot qui peut être fait par des robots ». Les entreprises qui procèdent ainsi risquent, selon lui, de transformer leurs équipes en robots. « Les moyens existent pour remplacer les Hommes par des machines et leur éviter de faire des tâches dénuées de sens, répétitives. C’est destructeur et ridicule de refuser cette mutation. Imaginez quelqu’un qui vous demanderait de laver votre linge tous les jours à la main ! C’est insensé ». Au-delà du non-sens, il pense que l’anachronisme de la situation et la frustration qu’elle engendre risquent de provoquer une révolution sociale. « Il faut prendre les devants et rééquilibrer les choses ».

S’entendre dire que l’on va se faire remplacer par un robot c’est effrayant

Pour Fabien Bardinet, le problème, c’est qu’au lieu de présenter ces machines comme ce qu’elles sont – « des innovations » -, les médias et experts en robotique préfèrent en parler comme des catastrophes : elles vont remplacer les humains, et à terme, les surpasser. « La réalité est toute autre », précise-t-il. « La robotique est certes capable de produire plus que la main d’œuvre humaine en y consacrant beaucoup moins de temps, mais elle génère des richesses et de la liberté ». Pour lui, ce n’est qu’une question d’angle : soit on présente le sujet de manière effrayante aux personnes concernées – « tu vas perdre ton boulot, et ton existence sociale qui tournait autour de ton activité professionnelle va se réduire à néant » -, soit on agit maintenant et on se rend compte du potentiel de la nouvelle.

Et ça commence par l’éducation.

L’État et les patrons sont à côté de la plaque

Une éducation adaptée aux nouveaux modes de travail, c’est s’assurer que les personnes dont l’emploi risque de disparaître puissent s’enrichir – personnellement et professionnellement. « Pour moi, c’est à l’État de prévoir les bonnes évolutions, d’accompagner les changements pour que les salariés, les citoyens, aient un rôle plus valorisant dans notre future société ». Le problème, c’est que personne ne s’en préoccupe vraiment… « Nos gouvernements sont tétanisés : ils n’arrivent pas à gérer les choses du passé… Alors celles du futur, c’est mal barré ».

Même son de cloche du côté des dirigeants du secteur de la robotique. « Ils n’arrivent pas admettre qu’il y a un problème, et discréditent tout le propos. Il faut se dire les choses clairement et franchement » : oui, ces technologies vont changer le monde et les conséquences impliquent un minimum de préparation. « Ça va supprimer des boulots, c’est indéniable ! Mais si on accompagne les gens dès maintenant, c’est loin d’être un problème – au contraire. Tout le monde peut s’adapter ». Il partage l’anecdote d’un syndicat qui protestait contre l’installation de machines dans une usine… avant de changer de cap, un an après, lorsque lesdites machines ont eu besoin d’une révision et qu’il a fallu s’en passer pendant quelque temps.

Vers la fin du paradigme « travailler 35h contre de l’argent »

Fabien Bardinet ne craint pas la menace d’une éventuelle intelligence artificielle qui détruirait tout sur son passage – « Il n’y a qu’à voir les robots auxquels on tend la main et qui ne comprennent toujours pas qu’ils sont censés la serrer pour nous dire bonjour… ». Ce qu’il craint, en revanche, c’est qu’on ne saisisse pas « la chance » de créer plus de valeur qui s’offre à nous. « Je suis tombé dans la robotique il y a 10 ans et les avancées me laissent dubitatif quant à une éventuelle singularité. En revanche, les progrès effectués doivent permettre de soulager l’Homme » et réinventer les vieux paradigmes.

Pour lui, c’est certain : plus on apprendra à travailler avec les machines (et vice-versa), plus on aura de temps libre. « Dès lors, le modèle qui veut que l’on donne 8h par jour contre de l’argent à une entreprise sera totalement repensé ». Il imagine plusieurs scénarios : « Dans 100 ans, nous pourrions ne travailler que 4h par jour, ou bien prendre notre retraite à 45 ans ! »

 

Fabien Bardinet participera à l’édition 2018 de L’Échappée Volée.

Demandez le programme !


Crédit photo : Getty Images

Commentaires
  • Il y a manifestement un amalgame entre robotique et IA. Les emplois manuels seront moins vites remplacés que les emplois plus intellectuels.

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