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débat entre mark zuckerberg et yuval harari
© Facebook

Quand Mark et Yuval discutent de l'avenir d'Internet... c'est flippant

Le 3 mai 2019

Mark avait prévenu. Son life goal pour 2019 consistait à organiser "une série de discussions publiques sur l'avenir de la technologie - ses opportunités, ses défis, ses espoirs et ses angoisses." Le 26 avril 2019, il recevait donc l'historien Yuval Noah Harari. Alors, quand deux des hommes les plus influents du monde se rencontrent, qu'est-ce qu'ils se racontent ? (Attention spoiler) Pas grand chose... hélas !

Incontestablement, Mark, cofondateur et président-directeur général de Facebook, et Yuval, auteur du best-seller Sapiens : Une brève histoire de l'humanité, sont dotés de deux gros cerveaux. En revanche, pour ce qui est de l'usage des expressions faciales, l'un et l'autre font dans le rare. Donc, avant toute chose, si vous voulez consacrer une heure trente-trois minutes et trente secondes à regarder interagir deux des personnalités les plus influentes de notre temps, n'hésitez pas à prévoir une activité qui vous détourne de l'écran : remettez-vous au tricot, ou lancez-vous dans le rangement de vos étagères. Ici, l'image n'apporte rien d'autre qu'une sensation d'ennui profond.

La chose ne serait pas bien grave si la qualité des propos assurait le show. Hélas, trois fois hélas, il n'en est rien.

Rien de nouveau sous les tropiques

Ici, on assiste à un étrange ballet. En boucle, Mark et Yuval semblent déterminer à se retourner les questions. Pourtant, l'un comme l'autre semblent convaincus que les sujets d'inquiétude ne manquent pas. Seront évoqués, dans un certain désordre et une pénible confusion, la cybersécurité, la démocratie, la privacy, la liberté d'expression, la responsabilité des États, celle des individus, les effets de bulle, la fragmentation de nos sociétés en communautés étanches, la montée des extrémismes et des inégalités sociales et économiques, les dangers de l'IA... 

Certes, Yuval balance mollement quelques coups de griffes. Il souligne que la promesse de Facebook de connecter les gens n'a pas fait advenir un monde plus harmonieux. Merci Yuval, la chose nous avait totalement échappé. Il rappelle que le but de la plateforme est dicté par son modèle économique et qu'il ne consiste pas à améliorer la vie des gens mais à les tenir vissés à leurs écrans. Ok. C'est toujours utile de le rappeler.

It's complicated

Mark quant à lui défend sa vision. Selon lui, le monde numérique sera toujours plus ouvert que sa version physique. Dans ce qui doit être une confidence, il souligne que les plateformes auraient pu sauver l'enfant isolé qu'il fut. Facebook lui aurait permis de trouver une communauté de geeks en quelques clics là où il a du souffrir de n'être entouré que d'amateurs de baseball. Et ça, évidemment, coeur avec les doigts, ça aurait été méga cool.

Entre deux constats amères, nos brillants speakers conviennent d'une chose : tout cela est très "compliqué" et semblent totalement incapables de proposer la moindre solution concrète.

Alors que nous apprend ce long et fastidieux entretien ? Rien. Mais cela nous rappelle qu'Einstein avait raison : "Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes en utilisant les raisonnements que nous avons eus pour les créer"... ni en comptant sur ceux qui en ont fait leurs fonds de commerce.

 

 

Béatrice Sutter - Le 3 mai 2019
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