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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 3 avr. 2020
Benjamin Wattinne
© DR

Portrait de Benjamin Wattinne, co-fondateur de Sowefund

Après des études de commerce et quatre années dans une société américaine spécialisée dans le financement des jeunes entreprises, Benjamin Wattinne a co-fondé Sowefund en 2014 avec l'objectif de donner au plus grand nombre la possibilité d'investir dans des start-ups innovantes.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Quelle est votre contribution au changement ?

Benjamin Wattinne : Avec Sowefund, notre challenge est assez ambitieux. Nous souhaitons démocratiser l'investissement dans les jeunes pousses prometteuses. Nous fonctionnons sur la base du crowdequity, c'est à dire du crowdfunding en actions.  Avant, les personnes mettaient de l'argent sur leur assurance-vie ou leur PEA. Aujourd'hui, ils peuvent choisir leurs investissements de la même façon que le ferait un business angel et pour des montants plus abordables. Nous faisons également de l'Impact Investing pour réconcilier stratégie financière et performance sociétale. Le but est de valoriser l'innovation positive. A mon sens, soutenir l'économie et donner une partie de son épargne à une entreprise est une démarche responsable.

 

Avec l'idée de financer des projets eux aussi responsables ?

B.W. : Nous avons un spectre assez large. Nous finançons des distributeurs d'énergie verte par exemple. Nous accompagnons des dossiers dans le monde de la santé. Ce qui est très intéressant, c'est que nous voyons l'évolution extrêmement positive des investisseurs à travers notre plateforme. Ils sont maintenant très sensibles à l'impact qu'une société peut avoir. Avant, seul le retour sur investissement était important.

 

C'est pour accélérer cette tendance que vous avez rejoint le Shift ?

B.W. : J'ai été séduit par la possibilité de rencontrer des personnes qui ne sont pas des pairs et qui sont extérieures au monde du financement et des start-ups. C'est une chance. Puisque je travaille dans l'innovation, cela fait déjà quelques années que j'ai pris conscience que nous avons tous un impact sur notre environnement. D'après moi, il y a peu de changement sans radicalité. Tout viendra ensuite - je l’espère en tout cas - d'une prise de conscience collective face à cette crise. Je suis encore dans une phase de réflexion afin d'avoir un impact toujours plus positif sur les actions que je mène.

 

Quel rôle peuvent jouer les start-ups dans le changement ?

B.W. : Ce sont les laboratoires de l'économie positive. Mais il faut que les grands groupes participent à cet élan. La force d'une start-up, c'est qu'il y a beaucoup moins de contraintes que dans une entreprise classique. Le champ des possibles est grand ouvert. Elles peuvent participer au changement mais elles ne le feront pas toutes seules. L'état d'esprit vis à vis de l'entreprenariat a changé. Les start-ups ont permis une prise de conscience collective et ont fait comprendre à une grande partie de la population que le changement et les initiatives étaient possibles. Elles symbolisent la jeunesse et l'envie de faire bouger les choses. Les jeunes ont envie de travailler et sont pour beaucoup d'entre eux en quête de sens. Ils ne vont plus forcément postuler dans les grands groupes, ce qui oblige ceux-ci à se repositionner et à faire évoluer leur culture d'entreprise dans le bon sens.

 

Essayez-vous de concrétiser ce changement dans la façon dont vous travaillez au quotidien ?

B.W. : Nous sommes une petite équipe et nous essayons d'insuffler des valeurs responsables et positives à notre fonctionnement. Nous avons un management très transversal. Chacun a ses responsabilités et peut prendre des initiatives. Nous essayons d'utiliser les innovations mises au point par les start-ups que nous finançons. C'est totalement dans notre ADN d'accompagner l'innovation.

 

Un grand défi pour 2020 ?

B.W. : Depuis 2017, nous avons développé un Label « Impact » pour mettre en lumière les sociétés qui répondent, grâce à l'innovation, aux Objectifs de Développement Durable définis par les Nations-Unis, et que l’ensemble des acteurs économiques doivent intégrer d’ici 2030. Notre objectif est de doubler dès 2020 le nombre d’entreprises financées avec ce label. Nous souhaitons arriver à accompagner 100% d'entreprises qui ont un impact positif, environnemental ou social en 2022.

 

Benjamin Wattinne est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 3 avr. 2020
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