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TF1 cède aufeminin, Marmiton et Doctissimo à Reworld Media

© Jan Tinneberg

Dans le cadre d'un accord avec Reworld Media, le groupe TF1 cède Unify, son pôle de médias numériques constitué de douze plateformes digitales.

Afin de se recentrer sur son activité d'éditeur de contenus audiovisuels, TF1 toujours en attente de la validation de l’Autorité de la concurrence pour sa fusion avec M6 – cède son pool de médias numériques à Reworld Media. L'accord porte sur les actifs médias et les activités digitales du pôle Publishers de Unify déployés en France et en Angleterre. Dans cette même logique, le groupe avait annoncé la semaine dernière la vente de sa filiale de publicité numérique Gamned! au fonds d’investissement HLD.

TF1 se sépare de ses médias numériques

La reprise concerne douze marques digitales : aufeminin, Marmiton, Doctissimo, Les Numériques, Minute Buzz, Fraîches, Juste Mieux, Hero, Super Bon, Paroles de Mamans, Gamekult et Beauté Test. Selon TF1, ces sites réunissent 25 millions de visiteurs uniques chaque mois et plus de 200 millions de pages vues par an.

Le projet d’acquisition concerne également les activités de production et de création regroupées sous la marque Garage et les activités sociales et influence de StudioFy – composé de 150 influenceurs – ainsi que la régie publicitaire Unify Advertising. Enfin, la transaction prévoit l’acquisition de deux médias digitaux opérés au Royaume-Uni : Netmums et Sofeminine.

Le groupe Reworld s’est engagé à « reprendre l’ensemble des collaborateurs du pôle » Unify. Ce dernier compte environ 300 personnes, dont une cinquantaine de détenteurs d’une carte de presse, indique un communiqué.

Reworld poursuit son développement

À ce jour, Reworld Media, groupe de médias indépendant, possède 62 marques multi-formats (digital, vidéo, audio…). Parmi les plus connues : Maison & Travaux, Grazia, Marie France ou encore Auto Plus. « Ce projet de développement avec les activités d’Unify est stratégique alors que le marché n’a jamais autant reconnu la valeur du contenu et des audiences. Reworld Media deviendrait le leader dans le digital sur toutes les verticales thématiques qu’il couvre. Ce serait une opération extrêmement structurante, nous serions ravis d’accueillir ces nouvelles activités de qualité, porteuses de nouvelles opportunités » , a déclaré Gautier Normand, directeur général de Reworld Media.

Selon Médiamétrie, l'opération porterait l’audience de Reworld Media à plus de 36 millions de visiteurs uniques mensuels. Si le montant de l'opération n'a pas été communiqué, le chiffre d'affaires de l'ensemble des activités d'Unify a été estimé à 60 millions d'euros par Reworld.

Un mélange des genres entre publicité et rédactionnel critiqué

Si la réalisation définitive de l’opération reste soumise à l’autorisation de l’Autorité de la concurrence, l'annonce de rachat inquiète d'ores et déjà les salariés. En effet, les méthodes du groupe Reworld Media, spécialisé dans le rachat de magazines historiques qu'il digitalise, sont régulièrement pointées du doigt. « Alors que Reworld se présente souvent comme un modèle d'innovation, ses coulisses ressemblent surtout à un cauchemar où rédacteurs délocalisés, robots et "autoentrepreneurs" exploités produisent à la chaîne de la "junk news", emballée dans un sabir de startup nation » , rapporte Arrêt sur images dans une enquête édifiante.

Lors du rachat de Mondadori en 2019, Reworld avait dû faire face au départ des deux tiers de la rédaction des magazines de la filiale française. En cause ? Le mélange des genres. « Sur le papier, le projet est séduisant, moderne, mais dans la réalité, Reworld incite à faire du brand content [ndlr : du contenu publicitaire], plus vraiment du journalisme » , déclarait un ancien collaborateur au Journal Les Echos.

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