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Starbucks annonce des augmentations de salaires... sauf pour les travailleurs syndiqués

© USAMA AKRAM

Alors que les organisateurs syndicaux ont remporté les premiers votes dans plus de 50 Starbucks, et que d'autres négociations sont en cours, la direction met un coup de pression en annonçant des augmentations de salaires uniquement pour les travailleurs non syndiqués.

Starbucks ne voit pas d'un bon œil la constitution de syndicats dans ses établissements et c'est rien de le dire ! Ainsi, après avoir licencié des salariés qui voulaient rejoindre un syndicat ou avoir fait campagne contre les syndicats avec de faux tweets, la firme vient d'annoncer une augmentation de salaires et un élargissement de la formation pour les employés de ses établissements aux États-Unis... à l'exception des travailleurs syndiqués. En effet, Starbucks a précisé que les changements ne s'appliqueraient pas aux magasins récemment syndiqués, ni à ceux en train de se syndiquer, comme ceux où les travailleurs ont déposé une pétition en vue d'une élection syndicale.

Pour justifier sa décision, l'entreprise a déclaré qu'il lui était légalement interdit d'imposer unilatéralement des augmentations de salaires et d'avantages sociaux dans les magasins où les employés se sont syndiqués ou voteront bientôt sur la syndicalisation, au motif qu'elle doit au préalable négocier avec les syndicats concernant toute modification.

Dans une plainte officielle déposée auprès du Conseil national des relations de travail, le syndicat représentant les travailleurs nouvellement syndiqués de Starbucks – Workers United, affilié au Service Employees International Union – a accusé l'entreprise d'exercer des pressions sur les employés afin de les dissuader de se syndiquer.

Une décision illégale ?

Matthew Bodie, ancien avocat de la commission du travail qui enseigne le droit à l'Université Saint-Louis, a déclaré que les augmentations de salaires annoncées pourraient entacher illégalement les conditions censées prévaloir lors d'une élection syndicale en incitant les employés à ne pas se syndiquer. Si Starbucks disait : « Abandonnez la campagne syndicale et vous obtiendrez cette augmentation de salaire et de meilleurs avantages sociaux, ce serait clairement illégal. Difficile de voir en quoi cela est si différent dans la pratique. » M. Bodie poursuit en indiquant que les augmentations de salaires pourraient constituer une violation de l'obligation de l'entreprise de négocier de bonne foi, car elles suggèrent une intention d'accorder aux employés syndiqués une moins bonne rémunération qu'aux employés non syndiqués.

De son côté, Starbucks n'a pas précisé si l'entreprise ferait les mêmes propositions que celles annoncées mardi lors des négociations avec les travailleurs syndiqués. Reggie Borges, porte-parole de Starbucks, a toutefois tenu à préciser que : « Lorsque Starbucks est tenu de s'engager dans des négociations collectives, Starbucks négocie toujours de bonne foi. »

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