Capture d'écran - Linkedin Leo Grasset

8 femmes accusent le youtubeur Léo Grasset alias DirtyBiology de « violences psychologiques et sexuelles »

© Capture d'écran - Linkedin Leo Grasset

Mediapart publie une enquête dans laquelle 8 femmes portent de graves accusations à l'encontre de Léo Grasset, plus connu sous le pseudonyme DirtyBiology. L’une d'entre elles l'accuse de viol tandis que sept autres rapportent des comportements toxiques. Des accusations que le youtubeur scientifique conteste.

Suivi par 1,3 million d'abonnés sur sa chaîne de vulgarisation scientifique « DirtyBiology » , le youtubeur Léo Grasset est mis en cause par huit femmes dans le cadre de relations intimes ou professionnelles. Dans leurs témoignages recueillis par Sophie Boutboul et Lénaïg Bredoux, journalistes à Mediapart, ces 8 femmes accusent Léo Grasset d'être à l'origine de « violences psychologiques, sexuelles et comportement jugé problématique » . Aucune plainte n’a été déposée à ce jour.

Léo Grasset visé par une accusation de viol

L'enquête menée par Mediapart rapporte le témoignage de Lisa* – vidéaste d'une vingtaine d'années préférant garder l’anonymat – qui accuse le vidéaste de l’avoir violée. Elle raconte avoir vécu un « enfer mental » alors qu’elle entretenait une histoire chaotique depuis 2015 avec Léo Grasset et se livre à un récit glaçant : une nuit de juillet 2016, alors que Lisa lui aurait dit à plusieurs reprises « je n’ai pas envie » , le youtubeur l’aurait « maintenue avec ses mains autour de son cou » et l’aurait « pénétrée avec des coups très forts » .

Le jeune homme aurait ensuite entrepris une vaste opération de décrédibilisation à son encontre, la faisant passer pour une « psychobitch » ou encore une « mytho » auprès de la communauté de youtubeur dans laquelle ils évoluaient tous deux. De nombreux témoignages recueillis par Mediapart confirment cette opération de dénigrement.

Selon les dires de Lisa, le youtubeur aurait reconnu, lors d'une rencontre en avril 2019, avoir eu un comportement « incorrect » alors qu'il était « bourré » , évoquant une « erreur de jeunesse » .

Le youtubeur DirtyBiology accusé de « violences psychologiques et sexuelles »

L’article de Mediapart révèle également le témoignage de six femmes qui évoquent des « violences psychologiques » et des comportements « toxiques » dans le cadre d'une relation intime. D’après elles, Léo Grasset serait coutumier de ce que les Anglo-Saxons appellent le « love bombing » , une technique de manipulation particulièrement toxique pour celle ou celui qui la subit, selon Geneviève Krebs, psychopraticienne et auteure du best-seller Dépendance affective : six étapes pour se prendre en main et agir (éd. Eyrolles). Dans son témoignage, Jeanne*, youtubeuse aux centaines de milliers d’abonnés, raconte : « C’était très pernicieux : il y avait des fois où il ne me répondait pas pendant une semaine et ensuite une dizaine de messages en une heure… C’était toujours à son bon vouloir à lui. J’avais l’impression que j’étais à sa disposition. » Chloé, comédienne de 27 ans, indique quant à elle : « J’ai eu l’impression d’être un peu un objet qu’il ne considère pas. Ça a été psychologiquement compliqué. »

Un climat de travail « très sexualisé »

De son côté, Clothilde Chamussy, animatrice de « Passé sauvage » , une chaîne de vulgarisation autour de l’archéologie, de l’anthropologie et de l’histoire, témoigne de comportements déplacés dans un cadre strictement professionnel. Selon elle, Léo Grasset instaurerait une ambiance de travail « très sexualisée ». Celle à qui le youtubeur aurait lancé : « Je te toucherais bien les fesses, mais on n’est pas assez amis » ou encore « Ça te dirait du sexe d’après-midi ?  » , indique également avoir été insultée à plusieurs reprises. Selon ses dires, Léo Grasset l'aurait traitée de « sac à foutre » lors d’un tournage de la web-série Le Vortex (dont Léo Grasset est l’un des cofondateurs).


Mise à jour du 24/06/2022

Léo Grasset, qui initialement avait indiqué à Mediapart ne pas vouloir réagir aux sollicitations de la presse, a finalement contesté ces accusations le jeudi 23 juin en fin d'après-midi. Le youtubeur - qui reste présumé innocent - indique avoir « toujours été attentif au consentement de l’ensemble de ses partenaires » . Il dit se tenir à la disposition de la justice.

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