Hatsune Miku

La « fictosexualité » un phénomène qui progresse

Akihiko Kondo, qui se présente comme un Japonais ordinaire, est marié avec Hatsune Miku... un personnage fictif. Si sa bien-aimée n'est pas réelle, en revanche ses sentiments pour elle le sont !

Akihiko Kondo, comme de nombreux autres japonais, fait partie d'un mouvement croissant de personnes qui se qualifient de « fictosexuels » . « La fictosexualité est une attirance sexuelle envers des personnages fictifs. [...] L’objet de désir peut être un personnage de livre, bande dessinée, télévision, cinéma, jeux, etc. La fictosexualité n’exclut pas forcément d’autres formes de sexualité ou d’attirance envers de vraies personnes » , indique Tanja Välisalo, chercheuse à l’Université de Jyväskylä, en Finlande, et co-autrice de l’étude Fictosexualité, fictoromance, et fictophilie : une étude de l’amour et du désir pour les personnages de fiction, publiée en janvier 2021.

Des mariages non officiels avec des personnages de fiction

À presque tous les égards, Akihiko Kondo est un Japonais ordinaire. Il a des amis et un emploi stable et porte un costume et une cravate pour travailler. Il n'y a qu'une seule exception : sa bien-aimée, Hatsune Miku, est une chanteuse pop synthétisée par ordinateur aux cheveux turquoise qui a tourné avec Lady Gaga et joué dans des jeux vidéo. Après une relation de dix ans, qui selon M. Kondo l'a sorti d'une profonde dépression, il a décidé d'organiser une cérémonie de mariage non officielle à Tokyo en 2018.

M. Kondo, 38 ans, sait que les gens pensent que c'est étrange, voire nocif. Il sait également que Miku n'est pas réelle. En revanche, ses sentiments pour elle le sont, dit-il. « Quand nous sommes ensemble, elle me fait sourire » , a-t-il déclaré lors d'une récente interview. « En ce sens, elle est réelle. »

Aimer un personnage fictif

M. Kondo fait partie des milliers de personnes au Japon qui ont contracté des mariages non officiels avec des personnages fictifs au cours des dernières décennies, servis par une vaste industrie visant à satisfaire les moindres caprices d'une fervente fan culture. À Tokyo, deux quartiers regorgent de boutiques spécialisées pour les personnages de jeux et d'animés populaires : Akihabara (pour les hommes) et Ikebukuro (pour les femmes).

Mais le phénomène ne se limite pas au Japon puisqu'ils sont des dizaines de milliers dans le monde à avoir rejoint des groupes en ligne pour discuter de leur engagement avec des personnages d'animé, de manga et de jeux vidéo.

Si pour certains, les relations sont passagères, M. Kondo lui, a déclaré savoir depuis longtemps qu'il ne voulait pas de « partenaire humain » . En partie parce qu'il rejetait les attentes rigides de la vie de famille japonaise mais surtout, parce qu'il a toujours ressenti une attirance intense – et, même pour lui-même, inexplicable – pour les personnages de fiction. Au début, accepter ses sentiments a été difficile, « Mais la vie avec Miku, soutient-il, a des avantages par rapport à être avec un partenaire humain : elle est toujours là pour lui, elle ne le trahira jamais et il n'aura jamais à la voir tomber malade ou mourir » .

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.