câlin en réalité virtuelle

OK Google, ça veut dire quoi aimer au 21ème siècle ?

Le 8 juin 2018

Explorant les connexions ténues entre amour, désir, culture, technologies et économie à l’ère du numérique, l’exposition Data Dating, aussi magnétique qu'inquiétante, nous plonge dans un monde de curiosités romantiques et pornographiques...

 

 

Certaines installations font rire jaune, d’autres laissent de marbre par la froideur avec laquelle elles interagissent avec le visiteur, certaines enfin, arrivent à déceler de la beauté là où nous ne voyons qu’une sexcam glauque… À l’expo Data Dating, 47 rue Charlot à Paris, la commissaire d’exposition Valentina Peri questionne :

« Que signifie aimer à l’âge d’Internet ? Comment les interfaces numériques refaçonnent-elles nos relations affectives ? Quel sera l’impact des nouvelles technologies sur le domaine romantique ? Comment les écrans affectent-ils notre intimité sexuelle ? Ces nouveaux moyens de connexion sont-ils en train de redéfinir les paradigmes de la vie adulte ? »

À l’heure où se rencontrer en ligne devient une norme, où l’amour devient une juteuse manne financière et où il est parfois plus facile de se dénuder en ligne que devant l’élu de son cœur, le travail d’une dizaine d’artistes internationaux tente de répondre à chacun de ces questionnements.

Parmi les œuvres marquantes de l’exposition, nous retrouvons les Fembots d’Ashley Madison, ce site de rencontres extraconjugales qui avait pallié le manque d’utilisatrices femmes sur sa plateforme en créant quelques 75 000 bots pour dialoguer avec ses membres masculins et les inciter à souscrire à des chats payants. En 2015, le groupe d’activistes « Impact Team » avait révélé le pot aux roses en faisant fuiter les données de plus de 33 millions d’utilisateurs de l’application.

 Il y a des « nudes », et puis il y a des « n00dz ». Mais quelle est la différence, vraiment ?

Webcam Venus [NSFW]

Plus loin, l’installation « Webcam Venus » met en scène des anonymes – hommes, femmes, transgenres - nus devant leur webcam. Ils ont été invités à poser en temps réel en pastichant des œuvres d’art classique emblématiques, un parallèle esthétique entre sexcams payantes, souvent considérées comme dégradantes, et nus classiques, considérés comme des chefs-d’œuvre. Entre la Vénus de Milo et le corps d’une jeune femme se dénudant pour de l’argent, il n’y aurait qu’un pas…

Révélant la méchanceté cachée derrière les photos de profils angéliques de certaines adolescentes, l’installation « Kill your Darlings » sensibilise à la façon dont certaines utilisatrices abusent de commentaires haineux parce qu’elles se sentent protégées par un écran et par leur cercle social.

Kill Your Darlings

À côté de chaque photo, un tweet injurieux vient briser le filtre de perfection que ces utilisatrices tentent de se fabriquer en ligne.

Tom Galle, artiste connu pour ses opérations de marque et son goût prononcé pour la pop culture, expose quant à lui sa vision des rencontres en ligne. Avec sa performances « Tinder VR », il parodie leur absurdité en se mettant en scène dans le métro. Casque de réalité virtuelle brandé aux couleurs de Tinder vissé sur la tête, il swipe dans le vide à la recherche de la perle rare, au lieu de la chercher autour de lui...


Data Dating - jusqu'au 25 juillet à la Galerie Charlot

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