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les robots nous dépriment

Les robots ne nous remplaceront peut-être pas, mais ils nous démoralisent

Le 15 mars 2019

Ils sont rapides et infatigables. Les robots ont tout des collègues énervants. Une étude menée par des universités américaine et israélienne montre que l’on a tendance à se déprécier lorsqu’ils sont trop performants.

Votre nouveau collègue travaille bien plus vite que vous, ne se fatigue jamais et fait progresser le chiffre d’affaires de la boîte. Agaçant, non ? Encore plus lorsque ce collègue super-performant n’est qu’un robot. On se doutait que se comparer à une machine dans le cadre pro pouvait être démoralisant. Une étude de l’Université de Cornell (NY, Etats-Unis) et de l’Université hébraïque de Jérusalem (Israël), publiée fin février, le prouve scientifiquement.

Les chercheurs ont démontré, grâce à une expérience, que lorsqu’humains et robots sont mis en compétition, une bonne performance du robot tend à décourager l’humain.

Plus le robot est fort, moins on l’aime

 

Voici comment s’est déroulée l’expérience. Robots et humains ont réalisé la même tâche fastidieuse : compter le nombre de « G » parmi une suite de caractères. Une fois le nombre trouvé, ils devaient placer un bloc étiqueté avec le chiffre correspondant aux occurrences de « G » dans une bannette. A chaque bonne réponse, le participant gagne un point. Celui obtenant le plus de points remporte une somme d’argent (on se demande ce que les robots peuvent bien en faire, mais l’étude ne le dit pas…).

A la fin de chaque round, chacun des 61 participants (humains) a dû remplir un questionnaire en précisant ce qu’il pensait de sa performance, celle du robot, et s’il appréciait le robot ou non. Résultat : les participants ont eu tendance à sur-noter le robot et à sous-évaluer leur propre performance. Les chercheurs se sont aussi rendu compte que plus le robot était performant, moins il était apprécié de son collègue humain.

Humains et robots effectuent souvent des tâches identiques

Le remplacement des hommes par les robots, idée qui a longtemps inquiété, tend aujourd’hui à être nuancée. On se rend notamment compte que l’automatisation dissimule beaucoup de tâches encore réalisées par des humains. Ou que les pays très robotisés sont ceux où l’on trouve le plus faible taux de chômage. Mais difficile de nier que les robots investissent de plus en plus nos lieux de travail. Savoir comment les salariés réagissent aux technologies est essentiel selon les chercheurs.

Chez Amazon, l’hyper-automatisation des entrepôts, a conduit à une dégradation des conditions de travail. Le slogan « We are not robots » choisi par les salariés pour protester contre celles-ci résume bien la situation.

« Humains et machines (…) exécutent parfois des tâches similaires, voire identiques », note Guy Hoffman, l’un des auteurs de l'étude. « Les caissières travaillent à côté de caisses automatiques, un salarié dans un entrepôt à côté de robots livreurs… Il est tentant pour les ingénieurs de concevoir des robots très performants, mais il faut aussi prendre en considération l’effet que pourrait avoir la performance du robot sur le travail du salarié, sur son attitude envers la machine et envers lui-même. »

A méditer alors que la tendance du bien-être et de l'épanouissement au travail fait fureur. 

POUR ALLER PLUS LOIN :

>OK, les IA nous mettent la pâtée, mais elles trichent dans leur apprentissage

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