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Une femme robot tient une boule de lumière dans la main

Un bordel met en vente la virginité d'un robot pour 10 000 dollars

Le 5 déc. 2018

Pour financer une maison close remplie de robots sexuels, la compagnie Eve’s Robot Dreams a proposé un crowdfunding étrange aux internautes. Le dernier palier offrait d’être le premier à passer la nuit avec une sexdoll animée pouvant donner (ou pas) son consentement. 

À combien estimez-vous le prix d’une « première fois » avec un robot encore vierge ? Cette question complètement absurde a trouvé sa réponse lors de la campagne de crowdfunding de la compagnie Eve’s Robot Dreams qui s’est tenue en septembre 2018. Cette entreprise californienne a demandé de l’aide aux internautes pour ouvrir une maison close équipée de sexdolls. Pour 60 dollars, les internautes recevaient une heure de sexe. Mais la récompense ultime - celle du dernier palier - garantissait d’être le premier à tester l’un des robots sexuels. Pour ça, il fallait débourser la bagatelle de 10 000 dollars. 

D’après les informations données dans la FAQ de la campagne, les modèles proposés sont des poupées Harmony, créées par la firme RealDoll. Disponible depuis septembre 2017, la machine est capable de faire des mouvements autonomes, de reconnaître le visage de son partenaire et peut faire chauffer sa peau pendant l’acte.

Unicole Unicron, tenancière de bordel et gourou new age

Vous trouvez cette offre un peu glauque ? Vous n'êtes pas le seul. La campagne s’est terminée avec seulement 2 659 dollars sur les 155 000 escomptés. Les vidéos promotionnelles montrant une cyberdoll se dandinant dans un environnement psychédélique rempli d’extraterrestres ont sans doute un peu contribué à cet échec. Il faut dire qu'Unicole Unicron, la fondatrice d'Eve’s Robot Dreams, a l'air un peu perchée. Avant de se plonger dans le business des robots sexuels la jeune femme a fondé Unicult, une secte new age et féministe

Dans un article de Vice de 2016 qui lui est consacré, on apprend qu’elle a travaillé chez IBM avant de faire une tentative de suicide et de découvrir qu’elle était la réincarnation d’une entité extraterrestre. Son culte utilise « la magie et la technologie pour promouvoir les valeurs de l’égalité, de l’empowerment et du changement de vie ». Même si le projet est envoyé dans les limbes, il n'est pas complètement abandonné. En effet Unicole continue de chercher des investisseurs privés pour monter ce lupanar du futur. 

 

« C’est une poupée qui dit non, non, noooon, nooooooon »

Dans la vidéo de présentation du projet, Unicole Unicron promettait à ses futurs clients une expérience centrée sur une idée : le consentement. « Chaque personne pourra venir et interagir avec des robots dans un cadre public ou privé, explique-t-elle. La manière dont vous approchez cette technologie est très importante. Si vous le faites bien, elle peut combler vos désirs les plus fous. Votre contribution nous aidera à cultiver un environnement sain pour les robots et les humains ». 

« Les clients violents ou vindicatifs sont mis à la porte, rapporte Unicole Unicron dans une interview accordée à RollingStone.com. L’une des thématiques centrales d’Eve est le consentement. Les clients devront passer une trentaine de minutes à connaître le robot avant de pouvoir passer à des interactions plus privées. Au fur et à mesure de la conversation, elle va se réchauffer et développer avec le client une véritable relation. »

« Machine qui ne dit mot consent ? »

Contrairement aux maisons de plaisir 2.0, le sujet du consentement est loin d’être clos. En effet, plusieurs associations religieuses et quelques chercheurs s’opposent à la légalité des robots sexuels sous prétexte que les machines ne peuvent pas dire oui ou non. Ainsi, en septembre 2018, l’entreprise KikySdollS a dû renoncer à l'installation d’un bordel de sexdolls à Houston Texas. Sur Change.org, l’association religieuse Elijah Rising qui a mené la campagne contre cette ouverture, mettait en avant l’idée que les rapports sexuels avec des machines pourraient bien déshumaniser les hommes qui s'y adonnent.

L’association s’est appuyée sur les travaux de la chercheuse Kathleen Richardson, de l’université de Montfort (Leicester). Cette spécialiste de l’éthique mène depuis 2015 une campagne pour l'interdiction de ces machines. D’après elle, la prolifération des robots sexuels pourrait bien augmenter les risques d’agression et de viol. Son argument principal vise le manque de consentement de ces machines qui engendrerait une réification du corps féminin. « Dans l’esprit des personnes qui achètent et qui utilisent ces robots, ce sont de vraies femmes, explique-t-elle dans une interview donnée à ConatusNews.com. Ces machines jouent sur l’idée que les femmes sont des orifices prêts à être pénétrés ». Cette thèse n’est absolument pas partagée par Serge Tisseron, psychologue et auteur du livre Petit Traité de Cyber-psychologie. Pour lui, la logique d’interdiction des sexdolls est fallacieuse car elle pourrait tout à fait mener à l’interdiction des sextoys. Heureusement pour Unicole Unicron et son projet maison close, les perspectives restent nombreuses. Aucune loi n’interdit pour l’instant d’acheter plusieurs sexdolls, consentantes ou pas, et de les louer à des clients

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