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Deux femmes en train de s'échanger de l 'argent via une application smartphone.
© MStudioImages via Getty Images

Lydia, Alan… Pourquoi les applis financières ont des prénoms d’humains ?

Le 8 nov. 2019

Aux États-Unis il y a aussi les start-up fintech Marcus, Brigit, Dave… Mais pourquoi les baptiser ainsi ? C'est la question que se pose le site Vox.

Pour rembourser ses amis, plus besoin de leur demander leur RIB : l’application Lydia fait le job par téléphone. Si vous ne vous en sortez pas de vos paperasses d’assurance santé, Alan est là pour vous aider. De leur côté, les micro-entrepreneurs peuvent s’adresser à Georges pour gérer leur compta. Outre-Atlantique, les Américains comptent sur Brigit, Dave, Marcus ou encore Franck pour garder un oeil sur leur budget et autres prêts bancaires.

Pour Vox, baptiser son appli financière par un prénom (souvent masculin d’ailleurs) est devenu « une mini-tendance ». Mais pourquoi ?

La finance c'est sympa, on vous promet 

Tout simplement pour avoir l’air « sympa » et accessible, répond Anthony Shore, fondateur d’Operative Words, une entreprise spécialisée dans l’art de trouver des noms aux sociétés et aux produits. Adopter un prénom familier est un moyen pour ces jeunes pousses de la fintech et l'assurtech de se détacher des institutions classiques qui paraissent souvent impersonnelles et distantes. C’est sûr que Lydia sonne un brin plus accueillante que la Caisse d’Épargne.

Une tactique particulièrement utile pour attirer les millennials et zillennials (encore eux !), estime Laurel Sutton, linguiste de l’agence Catchword interrogé par Vox. Ces générations seraient particulièrement méfiantes vis-à-vis du monde de la finance, souligne un rapport Deloitte de 2018. En cause : la crise de 2008 durant laquelle de nombreux trentenaires d'aujourd'hui finissaient leurs études, ou cherchaient leur premier job.

Lydia, cool mais sérieuse quand même 

Jason Wilk, le fondateur de l’application Dave, qui permet aux Américains de contrôler leurs comptes, assume pleinement cette stratégie. Son storytelling consiste à raconter qu’avant de créer Dave, il ne se sentait pas traité « comme un être humain » par les banques. « S’appeler Dave est une façon de dire aux utilisateurs : nous sommes là pour vous, et nous voulons faire en sorte que la finance soit quelque chose de familier et de sympathique », précise-t-il. La créatrice de Franck explique de son côté que le nom de l’application fait référence à l’oncle ou le cousin sympa qui vous aide à choisir votre service de prêt étudiant.

Certaines applis ajoutent au côté familier une dimension historique. Afin d'avoir l’air un peu sérieux tout de même. Sur le site de Lydia, on lit par exemple que le nom de l’entreprise « vient du royaume de Lydie (Lydia en grec, part de l'actuelle Turquie) où furent frappées les premières pièces de monnaie, au VIIè siècle av. J.C. Des pièces en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent abondamment présent dans le fleuve Pactole, qui ont fait la richesse du royaume. Le dernier et le plus célèbre des rois de Lydie n'est autre que Crésus. »

Les services financiers se sont introduits directement dans les foyers

Donner un prénom pour rendre un service plus proche du consommateur n’est pas une pratique récente. Les institutions étatiques ont pensé à cette astuce bien avant les applications bancaires. En France, le service en ligne de la caisse d’assurance maladie porte le nom d’Ameli depuis 2008. Et bien avant cela, ce sont les biens de consommation qui ont commencé à adopter des petits prénoms familiers : les plats cuisinés Marie, le riz Uncle Ben’s… La différence c’est que ces produits s’introduisaient dans la maison, ce qui n’était pas le cas des services financiers. Jusqu’à ce que les smartphones et les enceintes connectées débarquent et fassent en sorte que n’importe quel service, y compris l'assurance et la banque, soient en permanence avec nous.

Aux États-Unis, les banques traditionnelles estimaient que le nom de famille de leurs fondateurs, Morgan Stanley et JP Morgan par exemple, était gage de stabilité et de confiance. Une stature qui a volé en éclat en 2008. Pas sûr que les prénoms sympathiques de la fintech tiennent mieux le coup en cas de nouvelle crise financière.

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