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Trois personnes en costume avec mallettes parlent dans des haut parleurs
© RichVintage via Getty Images

Le gouvernement invite les startuppeurs à faire la promo de la 5G

Le 16 sept. 2020

Alors que la controverse enfle autour de la 5G, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a invité les entrepreneurs de la tech à vanter les mérites de la technologie.

Opération communication pro 5G enclenchée. Lundi 13 septembre, Emmanuel Macron, assurait, lors d’un discours devant une centaine d’entrepreneurs de la tech, que la France allait prendre le tournant de la 5G, « parce que c’est le tournant de l’innovation. » Le président en a profité pour attaquer les réfractaires à la technologie. « J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent en expliquant qu’il faudrait relever les défis du monde contemporain en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle amish », a-t-il déclaré.

Mardi matin en ouverture du France Digitale Day, Cédric O, secrétaire d'état au numérique, et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, en ont remis une couche. « La 5G est indispensable pour le télétravail, la télémédecine.... », a martelé Bruno Le Maire. Et le ministre compte sur la start-up nation pour diffuser ce message haut et fort. « On compte sur vous pour porter ce message, on ne doit pas seulement entendre les détracteurs de la technologie. »

Une controverse qui continue d'enfler

La controverse autour de la 5G enfle depuis plusieurs mois et vire à l’affrontement politique depuis quelques semaines. Cet été, Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble commençait les hostilités en avançant que la 5G servirait surtout « à regarder du porno en HD dans un ascenseur ». Le 14 septembre, une soixantaine d'élus dont Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, ont signé une tribune dans Le Journal du Dimanche réclamant un moratoire sur la 5G jusqu'à l'été 2021. Leurs arguments : l’utilité réelle de la 5G n’est pas évidente, les gains énergétiques attendus avec la 5G ne permettront pas de compenser la hausse de la consommation énergétique provoquée par l’explosion des usages numériques (plus de vidéos et jeux en ligne, notamment). L’idée d’un moratoire avait déjà été proposée par plusieurs ONG en octobre 2019, puis par les 150 participants à la convention citoyenne organisée par Emmanuel Macron himself.

Le totem de nos craintes autour du numérique

Si la 5G suscite une levée de boucliers, c’est qu’elle est le totem de nos questionnements autour de nos habitudes de consommation, nous expliquait en décembre 2019 Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, l 'Autorité de régulation des communications électroniques.

Pour Emmanuel Macron ce sont de « fausses idées » auxquelles il faut tordre le cou. Et les entrepreneurs de la tech sont donc invités à prêcher la bonne parole. Gilles Babinet, entrepreneur et Digital Champion pour la France auprès de la Commission européenne, fait déjà ce travail de défense de la technologie depuis plusieurs semaines. Dans Les Échos fin juillet, il signait une tribune intitulée « la 5G est bonne pour l’environnement ». Il y rappelle que ses usages serviront à 80 % au monde professionnel et que la technologie pourrait notamment servir à mieux gérer les flux de marchandises donc éviter les stocks, mesurer le taux d’humidité des sols précisément et éviter de gâcher de l’eau...

« Ce n'est pas le sujet du moment »

On ne peut pas dire que toute la French Tech soit unanime. Dans les colonnes d'Actu Toulouse, le PDG de Sigfox s'interroge sur son impact environnemental et son utilité pour l'internet des objets (il faut dire qu'il développe une technologie concurrente). Les participants au France Digitale Day que nous avons interrogés ne se montraient pas particulièrement enthousiasmés par le sujet. « Ce n'est pas le sujet du moment », tranche l'un des dirigeant de Nam.r qui collecte des données sur les bâtiments. « La 4G suffit à faire fonctionner les objets connectés », lâche un entrepreneur de l'iOT.

Malgré les controverses et débats autour de ce sujet, le gouvernement ne fera pas de pause dans le déploiement de la 5G pour prendre le temps d’élucider certaines interrogations. L’ADEME et l’Arcep ont toutefois été chargées d’établir un rapport sur les effets de la technologie et plus largement du numérique sur l’environnement.

Marine Protais - Le 16 sept. 2020
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