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Jeremy Rifkin en train de parler au micro avec un écran géant en arrière plan
© World Travel & Tourism Council

Les technologies qui peuvent sauver le monde selon le futurologue Jeremy Rifkin

Le 18 janv. 2019

Selon le prospectiviste, pour espérer éviter la catastrophe climatique, nous pourrions compter sur l'énergie solaire et éolienne, l’internet des objets, la Blockchain et les voitures autonomes. Mais on a parfois du mal à y croire…

Invité aux 10 ans du Créa Digital Day organisé à Genève par l’école Créa et Emakina.ch, Jeremy Rifkin a tenu une longue conférence durant laquelle est détaillé le plan d’action idéal pour sauver la planète du dérèglement climatique. Pour l’auteur de La nouvelle société coût marginal zéro : L'internet des objets, l'émergence des communaux collaboratifs et l'éclipse du capitalisme, le sujet n’a rien de nouveau. Voilà plus de 5 ans qu’il parcourt le monde en répandant le même discours.

Selon le prospectiviste et conseiller européen très influent, le problème fondamental de notre modèle industriel vient du fait qu’il est toujours basé sur les énergies fossiles. « Pour chaque étape de fabrication ou de recyclage d’un produit que nous fabriquons, nous empruntons un peu plus d’énergie à la planète, explique-t-il. Or, cette énergie n’est pas infinie et est majoritairement responsable des émissions de gaz à effet de serre. »

La formule magique pour des lendemains qui chantent

Pour changer notre modèle industriel, Jeremy Rifkin estime qu’il faut viser les trois éléments qui constituent ce dernier : l’énergie, la communication et les transports. La première solution serait donc l’adoption massive de l’éolien et du solaire dont les prix des panneaux ont été divisés par trois au cours des 10 dernières années. Pour Jeremy Rifkin cette énergie infinie doit être exploitée partout et notamment dans les villes et sur les buildings. « Chaque immeuble doit devenir producteur et distributeur d’électricité, explique-t-il. Plutôt que de s’appuyer sur de gros acteurs centraux, il faut mettre en place une distribution en pair à pair. »

C’est à ce moment qu’intervient le deuxième élément, à savoir l’internet des objets. Ces multiples capteurs installés partout permettent d’installer un « système nerveux » à la planète et de détecter où se trouvent les besoins en énergie. Dans cette vision du monde, la blockchain joue aussi un grand rôle dans la sécurisation des échanges. Grâce à ces deux éléments, Rifkin entrevoit l’arrivée de « l’internet de l’énergie » qui sera implémenté dans des villes intelligentes et sobres. Pour ce qui est du transport, l’essayiste met toutes ses billes sur la voiture électrique autonome à partager.

Les technologies sont-elles au point ?

Bien que l’ensemble du public des Crea digital Days semblait convaincu par le discours, dans les actes... il ne se passe pas grand chose. Pour ce qui est des énergies renouvelables, leur exploitation est bien en hausse dans le monde. Le rapport annuel du réseau international REN21 soulignait déjà en 2017 que la transition écologique n’était pas assez rapide pour empêcher la hausse globale des températures de 2 degrés. Il reste toutefois une lueur d’espoir : malgré la baisse des investissements, le solaire et l’éolien continue de progresser.

L’internet des objets sur lequel capitalise Jeremy Rifkin est une tendance identifiée depuis 2012. Cependant, si le nombre d’objets connectés est lui aussi en constante augmentation, l’idée qu’ils fonctionnent tous de concert pour créer ce fameux « système nerveux », est encore totalement illusoire. Non seulement ces deniers sont très vulnérables aux attaques informatiques, mais ils posent aussi des questions sur les données qu’ils recueillent. Pire encore, ces appareils produisent du CO2 à chaque étape de leur fabrication et deviennent rapidement obsolètes. Du côté de la blockchain aussi, la révolution annoncée n’est pas au point. Le système est incapable de supporter un trop grand nombre de connexions et reste beaucoup trop gourmand en énergie.

Côté véhicules autonomes et électriques, la promesse est bien là mais il y a encore de nombreux défis techniques à relever avant d’être opérationnels. On peut citer les intelligences artificielles devant apprendre à conduire, les choix éthiques et moraux qui doivent être pris par la machine en cas d’accident mortel ou bien encore la possibilité de rendre les passagers complètement malades.

Rifkin, doux rêveur ou bullshitteur ?

De manière plus globale, cette troisième révolution industrielle est aussi taxée de mythe par plusieurs économistes et anthropologues. Dans une tribune signée en 2014 sur Libération, Hélène Tordjman, Agnès Sinaï,  ou bien encore Noël Mamère, avaient indiqué que ce projet était le résultat d’une vision simpliste des technologies et de leurs effets. « Grâce à son rêve technologique, il n’est plus nécessaire de penser aux impasses de notre trajectoire, à nos vrais besoins, expliquent-ils. Il suffit de s’en remettre aux grandes entreprises, aux experts et aux entrepreneurs high-tech de toutes sortes qui vont nous offrir les solutions techniques pour sortir de l’impasse. »

Contrairement à ce que pense Jeremy Rifkin, il est possible que la tech ne soit pas LA solution miracle à la tempête qui vient. La révolution bleue auxquels nous contraignent les enjeux climatiques exige de concevoir désormais des solutions radicalement différentes. Les entreprises - startups comprises - doivent cesser de consommer et détruire - des énergies fossiles entre autres - et de rejeter des déchets pour basculer dans un modèle à minima circulaire, au mieux régénératif. Et de ce côté-là, incontestablement Jeremy doit revoir sa copie... 

Commentaires
  • Il est en effet très important de sauver ceux qui sont atteints d'un dérèglement neuronal, à cause du redoutable virus delirium carbonum qui leur fait perdre tout bon sens et les enferme dans une idéologie irrationnelle, laquelle ne repose que sur de la pseudo-science et des modèles numériques qui ne cessent de se planter lamentablement.

  • Avant que les centrales à fusion d’hydrogène soient en service, la seule énergie qui soit « raisonnable » est celle des centrales au thorium, elles n’émettent aucun gaz carbonique ni déchet radioactif
    Les réserves de thorium ne sont certes pas infinies mais suffisantes pour assurer les besoins énergétiques de la planète pendant 5 millions d’années.
    Chaque immeuble pourrait avoir sa propre centrale, et il est possible de construire des bateaux, des camions et même des voitures livrées avec le carburant « à vie »
    Voir Thorium : la seule énergie de demain
    http://www.beaubiophilo.com/2018/09/thorium-la-seule-energie-de-demain.html

  • Jeremy Rifkin n'est pas un doux rêveur mais plutôt un grand visionnaire contrairement à Noël Mamère, Hélène Tordjman et Agnès Sinaï qui jouent sur des peurs irrationnelles comme bien d'autres encore. Bien sûr qu'il existe des questions légitimes en matière environnementale s concernant les nouvelles technologies et je pense que Jeremy Rifkin y a pensé. Les fabriquant peuvent très bien produire des objets connectés durables comme c'est le cas de Sigfox et ses différents partenaires. En effet, la batterie des objets connectés Sigfox peut durer trois ans! Des chercheurs ont déjà inventé l'électronique biodégradable. Tant qu'au cloud, il n'est pas forcément indispensable pour bien des tâches et applications. On peut faire marcher aussi des data-center avec des anciennes batteries de voitures électrique s comme c'est le cas d'une grosse boîte ou encore à l'avenir si ce n'est pas déjà le cas, à l'énergie solaire. L'autre inquiétude aussi, c'est au sujet des libertés individuelles. Sur ce sujet, je pense que même avec un meilleur chiffrement des logiciels, applications et appareils connectés, le risque zéro n'existerait pas. C'est pour cela que Snips avec sa technologie de reconnaissance vocale me semble être une bonne alternative pour bien des usages ne nécessitant pas forcément d'une connexion Internet sauf pour les mises à jour. Oui les objets connectés sont indispensables à notre quotidien à commencer par le smartphone. Maintenant, il suffit d'améliorer leurs capacités technologies et environnementale s tout en maîtrisant l'usage.

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