IA

Microsoft copie 42 avec une école sur l'intelligence artificielle

Le 8 mars 2018

À nouveaux métiers, nouvelles formations ! Les initiatives se multiplient pour orienter les demandeurs d'emploi vers les métiers de l'I.A., en misant sur la diversité. Après 42, c'est au tour de Microsoft de se lancer.

À l'image de l'École 42, Microsoft lance son « école de l'I.A. » sur son propre campus d'Issy-les-Moulineaux avec un but affiché : former des personnes à répondre aux besoins de leurs clients.

Microsoft lance son " école de l'I.A. " inclusive

La division française du groupe américain a inauguré son cycle de formations dédié à l'intelligence artificielle et à l'analyse de données. Le but est de former de futurs « développeurs Data I.A. » aux traitement de données, aux API cognitives et au développement des intelligences artificielles.

Pour Simplon, une école de développement gratuite, principale partenaire de l'opération, l'objectif est d'ouvrir la porte à tous. Frédéric Bardeau, président de l'entreprise de formation, explique : « La technologie ne s'en sortira pas si elle n'est pas plus inclusive, des femmes, mais également de tous les âges. L'intelligence artificielle a le vent en poupe, mais elle ne doit pas rester un truc de jeunes hommes blancs qui ont fait de belles études ».

Les 24 étudiants, dont 30% de femmes, de la première cuvée ont entre 18 et 39 ans. Ils demeureront 7 mois au campus de Microsoft France avant de rejoindre des entreprises partenaires du groupe où ils seront en contrat de professionnalisation pour 12 mois.

Lucide, Audrey, qui fait partie de cette première promo, nous explique : « j'ai un bagage scientifique sans être clairement spécialiste en langage de développement ou en algorithmie. Mais je sais manier les outils permettant de filtrer les données et de les manipuler. Je ne mise pas sur la recherche fondamentale mais la formation me permettra certainement de trouver un emploi ».

En bout de course, les diplômés obtiendront trois certifications professionnelles métiers (Data et I.A.) inscrites à la Commission Nationale de la Certification Professionnelle en vue de l'obtention d'une qualification niveau II (équivalent bac +3). En outre, ils recevront une certification de la part de Microsoft dans le domaine du machine learning. De quoi partir avec un premier bagage non-négligeable pour qui souhaite travailler dans l'analyse de données.

L'IA a le vent en poupe dans les recrutements

Aux États-Unis, il n’est pas rare que les entreprises incluent désormais dans leurs recherches de nouveaux collaborateurs les termes « expérience en intelligence artificielle requise ». Plus qu’une mode, l’appellation – qui peut regrouper le champ du big data ou les compétences des data analysts – est en passe de devenir clé.

Selon un rapport d’Indeed, entreprise spécialisée dans le recrutement, ces offres d’emploi prendraient une place de plus en plus importante. Ainsi en janvier dernier, le nombre d’annonces liées à l’I.A. étaient en progression de plus de 31% avec des recherches concernant des profils d’ingénieurs ou de développeurs spécialisés en apprentissage automatique.

 

Dans cette même logique, des cabinets d'analyse tels que Gartner estiment que le secteur de l'intelligence artificielle pourrait créer environ 2,3 millions d'emplois d'ici 2020. Une aubaine qui aurait tout de même un coût, celui de supprimer d'autres professions devenues moins "utiles", estimés à 1,8 million par le cabinet. Des chiffres difficilement vérifiables d'autant que nombre d'entreprises commencent à peine à quantifier leurs besoins en matière d'analyse de données et de modèles prédictifs.

En France, les besoins restent difficiles à estimer

La France suit la tendance des États-Unis : les professionnels recherchent des profils de développeurs et ingénieurs disposant déjà d'un bagage technique/mathématique conséquent pour intégrer leurs équipes. Les entreprises ne sont donc pas forcément en quête d'un chercheur/ninja expert en I.A. mais d'une personne à même de manier data science et algorithme.
Le besoin est grand, mais encore peu quantifié sur notre territoire. Du côté de Pôle Emploi, la question reste en suspens. Interrogée par la rédaction, l'agence botte en touche. « Nous débutons dans l'analyse des besoins. Lancer une étude nationale en matière de recherche d'emploi sur le secteur de l'intelligence artificielle prend du temps et nous n'avons pas encore de données précises en la matière », nous explique un porte-parole. Qu'importe, les géants de l'I.A. sont déjà sur le coup.
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