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Extrait du film Lolita Malgré Moi, où Lindsay Lohan est en cours de maths

Pour trouver des talents, les marques lancent leurs propres formations

Le 28 mars 2018

On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Former les cadres de demain, c'est le pari d'Alibaba, Dyson, Booking ou de Microsoft qui s'engagent tous sur ce terrain de l'éducation pour élargir le panel des candidats qu'elles recherchent.

Lors de sa keynote du 27 mars, Apple s'est positionné sur le marché de l’éducation. Mais la marque à la pomme est loin d’être la seule à s'y intéresser.

Alibaba : former les pionniers du numérique des pays en développement

Alibaba, le géant du e-commerce chinois a accueilli la deuxième promotion de son programme eFounders Fellowhsip. Lancé en novembre 2017, il a pour objectif de former de jeunes entrepreneurs et entrepreneuses afin d’en faire des catalyseurs de la transformation numérique dans leurs économies locales.

La première édition du programme a accueilli 24 personnes venues d’Afrique et faisait suite à un voyage de Jack Ma, Président du Groupe. Alors qu’il était sur le contenu africain, il s’est aperçu de similitudes entre les défis actuels rencontrés par la population et ceux qu’il avait réussi à relever en Chine, au cours des 15 dernières années. En tant que Conseiller Spécial à la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement), Jack Ma met au point une formation accélérée (2 semaines seulement !) au cours de laquelle les équipes transmettent les meilleures techniques d’innovation, de Chine et d’ailleurs, aux entrepreneurs et entrepreneuses des pays en développement.

eFounders Initiative: Shaping Champions for the New Economy
La deuxième édition accueille depuis le 26 mars des personnes venant du Cambodge, d’Indonésie, de Malaisie, de Pakistan, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam.

Un sacré retournement de situation pour celui qui aime à rappeler son parcours de cancre – mauvais en maths, Jack Ma a été recalé 10 fois de Harvard !

Dyson veut des ingénieurs brillants… il crée sa propre université pour les former

Le multimillionnaire James Dyson, insatisfait du niveau des ingénieurs qui sortent d’école, a une solution radicale : créer sa propre université. Convaincu que nombre d’emplois ne sont pas pourvus faute de formation adéquate, il a ouvert le Dyson Institute of Engineering and Technology. Les frais de scolarité des élèves sont pris en charge par l’entreprise, qui les fait participer à des projets en parallèle de leurs études.

À la fin du cursus, celles et ceux qui ont participé à l’aventure reçoivent un diplôme de l’université de Warwick, en Angleterre.

Avis aux personnes intéressées : pour intégrer le programme, il faut avoir excellé à l’équivalent du baccalauréat anglais, notamment en maths et dans une autre matière scientifique de son choix.

Booking crée une bourse pour inciter les femmes à rejoindre les cursus informatiques

Conscientes que les femmes disparaissent de la tech dès les études, les équipes de Booking ont choisi d’attribuer 15 bourses à des étudiantes d’Europe et d’Afrique subsaharienne pour intégrer les universités d’Oxford ou de Delft. « En tant qu’entreprise fondée sur la technologie et l’innovation numérique, Booking.com mise fortement sur l’égalité d’accès et d’opportunités dans le secteur. Nous reconnaissons que la participation des femmes dans la technologie est plus faible qu’elle ne le devrait : nous nous engageons ainsi à soutenir les talents féminins, en éliminant les obstacles et défis qu’elles peuvent rencontrer » avait déclaré Gillian Tans, CEO de l’entreprise à l’occasion de l’annonce de lancement du programme. Celle qui a été sacrée par Les Echos comme étant « la femme la plus puissante du tourisme mondial » compte bien susciter des vocations : les partenariats instaurés avec ces deux universités ont pour objectif de créer plus d’opportunités pour les femmes et de préparer leur carrière dans l’industrie de la tech.

Microsoft : s’affirmer sur le terrain de l’I.A. en ouvrant une école dédiée

Début mars, Microsoft annonçait l’ouverture de son école de l’Intelligence artificielle : un cycle de formations dont l’objectif est d’éduquer au mieux les futurs développeurs et analystes de données (et de concurrencer 42, l'école fondée par Xavier Niel ?). Créée en partenariat avec Simplon, une école de développement gratuite, cette institution est basée sur le campus de la marque, à Issy-les-Moulineaux, et a pour ambition d’être accessible à toutes et à tous. Frédéric Bardeau, président de Simplon explique que pour s’en sortir, la technologie doit être plus inclusive – en termes de genre, mais aussi de générations. « L’intelligence artificielle a le vent en poupe, mais elle ne doit pas rester un truc de jeunes hommes blancs qui ont fait de belles études ».

La première promo est composée de 24 étudiants et étudiantes (30% de femmes) qui ont entre 18 et 39 ans. À voir si les prochaines franchiront la barre des 40 ans…

À l’issue de la formation, les élèves recevront trois certifications professionnelles pour les métiers des data et de l’I.A. inscrites à la Commission Nationale de la Certification Professionnelle.

Apple : une application pour personnaliser l’apprentissage

C’est la big annonce de la semaine : après un teasing en bonne et due forme, Apple a dévoilé son programme « Everyone Can Create » pour stimuler la créativité des élèves.
Apple Special Event - March 27, 2018 - Apple Education Event
Celui-ci permet au corps enseignant et aux élèves d’intégrer des activités comme le dessin, la musique, la réalisation de films ou la photographie aux cours. L’objectif affiché est d’augmenter l’engouement et la participation en classe. Co-conçu par des professionnels de l’éducation et de la création, il permettra par exemple aux élèves de se servir de la caméra pour étudier la géométrie, ou de l’Apple Pencil pour apprendre la symétrie.

En parallèle, Apple annonce la sortie de « Pour l’école », une application qui permet de créer des devoirs, de suivre les progrès des élèves et d’utiliser les applications pendant les cours. Cette nouvelle application fait écho à « En classe », qui permet aux établissements du monde entier d’intégrer l’iPad dans leur enseignement. Par exemple, un professeur pourra attribuer à un étudiant une activité spécifique au sein d’une application, et indiquer précisément ce sur quoi il devra travailler.

Enfin, dès le printemps 2018, les Apple Stores vont organiser des séances destinées aux enseignants et enseignantes sur le thème de la création. Au programme : développement d’applications, réalisation de films, composition musicale, création de feuilles de calcul…

À la différence des autres initiatives présentées, celle-ci a un vrai coût : le nouvel iPad, qui supporte le programme, est proposé avec une réduction de 5% pour les établissements scolaires… mais son prix d’entrée est tout de même annoncé à 359€.

La majorité des initiatives émergent d’entreprises de la tech qui rencontrent un réel succès, et visent à combler un manque : égalité, inclusion et développement semblent les lignes directrices de chaque programme. Une autre manière pour les marques d’affirmer leur positionnement sur des sujets de société – quitte à remplir, petit à petit, le rôle des institutions… et formater les bambins à leur cause ?
Commentaires
  • C'est le cas de KBANE également, qui a ouvert sa propre école d'apprentissage à Roubaix sur les métiers de chauffagistes, installateurs, et autres formations techniques.
    Des apprentis hypers motivés, enchantés d'avoir une formation et un job à la clé.

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