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Guerre en Ukraine : sur les réseaux sociaux fausses cagnottes et vraies arnaques

Usurpation d’identité, appels aux dons et cagnottes frauduleuses... Sur les réseaux sociaux, la guerre en Ukraine a suscité de nombreuses arnaques.

Son geste de protestation en direct à la télévision russe a fait le tour du monde. Quelques heures plus tard, des dizaines de comptes se réclamaient de l’identité de la journaliste russe Marina Ovsiannikova sur les réseaux sociaux, le plus souvent pour extorquer de l’argent de façon frauduleuse. Sur Twitter, le faux compte @MarinaOvsyy a rapidement été démasqué. Le message mis en avant était sibyllin : « Je ne regrette rien. J’ai toutefois besoin de votre soutien ». Bien que rapidement supprimé, le compte a rassemblé plus de 14 000 followers en quelques heures. Pour combien de dons effectifs ?

Usurpation d’identité, appels aux dons et cagnottes frauduleuses

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les faux comptes Twitter, Instagram et TikTok se multiplient, témoignant de la très grande réactivité des arnaqueurs du web. Sur Instagram et Twitter, la tendance est plutôt à l’usurpation d’identité. Sur le réseau TikTok, des personnes malveillantes réalisent des Live, supposément depuis l’Ukraine, et relaient des appels aux dons frauduleux. En réalité, ces individus utilisent des images grossières et tournent leurs vidéos sur fond vert, voire utilisent parfois des images issues de jeux vidéos.

Les campagnes de phishing par email se sont également multipliées. Certains sont même allés jusqu’à créer des comptes sur la plateforme Patreon, destinée à financer les créateurs et créatrices de contenu en ligne.

Faux tokens mais vraies arnaques

Un autre phénomène inquiétant est la multiplication des arnaques aux cryptomonnaies. En réponse à l’appel du ministre ukrainien du numérique, Mykhailo Fedorov, les dons en Bitcoin, Ether et autres cryptodevises ont afflué vers l’Ukraine. Plusieurs millions en quelques heures, s’enthousiasmait le ministre sur Twitter. Son approche très innovante du financement de la résistance a d’abord été salué. Avant que lui-même ne rétropédale au sujet d’une rétribution en cryptodevise ukrainienne qui aurait dû inciter aux dons mais qui n’a pas pu être mise en œuvre.

Entre temps, un paquet d’arnaques avait déjà vu le jour. Certaines tentatives de hameçonnage ont conduit à des vols de devises numériques, comme ce fut le cas avec les jetons UkraineToken, Peaceful World et SAVE UKRAINE qui se sont fait passer pour des tokens émis par le gouvernement ukrainien, mais qui étaient en réalité des arnaques.

Où peut-on donner pour l'Ukraine ?

Face à l’opportunisme sans limite des cybercriminels, la plateforme gouvernementale Cybermalveillance.gouv rappelle qu’il existe des gestes simples. Par exemple, faire des dons directement sur le site ou l’application de l’organisme concerné (une liste des organismes approuvés par l’État français est disponible ici), en évitant les plateformes tierces qui pourraient être frauduleuses. Mais aussi prendre le temps de la réflexion avant de donner. Une hygiène numérique qui devient fondamentale dans un contexte de guerre hybride où la bataille fait rage sur le plan militaire, mais aussi sur le plan informationnel.

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