un étudiant se fait choper en train de tricher

IA : GPT3 permet aux étudiants de tricher sans se faire repérer

© Stephen Phillips

Des étudiants commencent à utiliser des intelligences artificielles génératives pour tricher dans leurs études et vous ne pouvez rien y faire.

Rappelez-vous, il y a une quinzaine d’années, les professeurs de lycées et d'universités étaient vent debout contre une certaine encyclopédie en ligne qui permettait aux élèves de copier-coller leur rédaction de manière efficace. Il semblerait que le spectre de la triche numérique soit de retour sous une nouvelle forme : celle de l'Intelligence artificielle générative. Depuis sa sortie publique en juillet dernier, l’application Playground d’Open AI, basée sur GPT3 permet à n’importe quel internaute d'écrire des textes originaux en entrant dans l'outil un prompt, soit quelques lignes qui indiquent à la machine quel est le sujet du jour. Une manière diablement efficace pour composer rapidement les rédactions qu’ils doivent rendre pour leurs études.

Rendre un devoir presque parfait en 20 minutes chrono

Comme le rapporte cet article de Vice, des étudiants sont déjà en train de raconter sur Reddit comment ils comptent utiliser Playground pour lui faire faire leurs devoirs. « Si jamais j’avais comme devoir d’écrire cinq bonnes choses et cinq mauvaises choses sur la biotechnologie, je pourrais écrire ce prompt et générer une réponse qui me vaudrait la note maximale, indique l’éditeur innovate_rye. Et ça me prendrait 20 minutes au lieu de deux heures. »
D’autres étudiants comme AeUsako_ expliquent qu’ils utilisent des IA depuis quelques mois et qu’en dehors du fait que les textes produits ne citent pas suffisamment de sources extérieures (les connaissances des IA sont limitées à ce que l’on trouve dans les bases de données sur lesquelles elles sont entraînées), aucun professeur n’a remarqué la triche.

Les IA sont-elles détectables ?

Quand les étudiants ont commencé à utiliser Wikipédia pour rendre leur rédaction dans les temps, les professeurs se sont équipés de logiciels de vérifications de textes pouvant détecter les plagiats. Avec les IA génératives, cette technique ne fonctionne pas. GPT3 est capable d'écrire plusieurs dizaines de rédactions sur le même sujet en variant les syntaxes ou la structure des phrases pour produire à chaque fois des textes différents. Seule l’intégration de nouveaux éléments ou de nouvelles sources à l’intérieur du devoir pourraient déterminer l’utilisation de ce type d’outils ou pas. Mais la question principale reste en suspens. Est-ce que dans 10 ans, les étudiants sauront apprendre et faire leur travail sans l’aide d’une intelligence artificielle générative ? Si la réponse est non, quelle sera alors la valeur de leur examen et de leur diplôme ? Plus crucial sans doute, qu'auront-ils appris et qu'auront-ils retenu ?

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commentaires

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  1. bobmax dit :

    N'oublions pas tout de même que les évaluations déterminantes (?) sont généralement basées sur des devoirs "surveillés" durant lesquels il est normalement impossible de recourir à ce type d'outil.
    A un niveau d'étude supérieur, il faut impérativement citer ses sources, ce que l'IA n'est semble-t-il pas en mesure de faire...

  2. Anonyme dit :

    Au niveau secondaire et supérieur, on ne parle pas de rédactions mais de dissertations. Il serait bien étonnant qu'en philo et en lettres, on fabrique de la pensée.

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