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Une femme boit et fume dans une baignoire
© Astarot via Getty Images

La start-up WTF de la journée utilise les données de Facebook pour espionner les baby-sitters

Le 28 nov. 2018

À peine lancée, cette start-up qui veut évaluer la fiabilité des baby-sitters en espionnant leur activité en ligne a été virée de Twitter et a déclenché une enquête chez Facebook. Les réseaux sociaux n'aiment pas qu'on fouille dans leurs données.

Quand vous embauchez un ou une baby-sitter il y a de fortes chances pour que vous alliez faire un tour sur son mur Facebook dans la foulée. Ne niez pas, on s’est tous laissé aller un jour ou l’autre à une petite séance de stalking sur les réseaux. Cette pratique un peu honteuse qui sert à se rassurer (ou à satisfaire sa curiosité) est justement devenue le fonds de commerce d’une start-up californienne. Predictim propose donc « d’apporter la tranquillité d'esprit aux familles » en passant en revue toutes les données publiques de leur future garde d'enfants. En fonction de critères comme la présence de contenus explicites, de langage grossier, de cas de harcèlement ou d'usage de drogues, les algorithmes fournissent un « score de risque » allant de 1 à 5.

Ironiquement, Zuckerberg n'aime pas les voleurs de données

Alors qu’elle existe depuis quelques jours seulement, Predictim a pourtant réussi à mettre Facebook et Twitter en colère. Ce n’est pas vraiment l’aspect moral qui a dérangé les réseaux sociaux, mais plutôt le fait que cette start-up utilise leurs données pour faire son évaluation. Facebook a indiqué par l’intermédiaire de son porte-parole que « le scrapping (capture des données) des informations des utilisateurs va à l’encontre de nos conditions de services. » La firme a promis la mise en place d’une enquête afin de voir si une telle violation a eu lieu. Pour rappel, Mark Zuckerberg avait lui aussi pratiqué le scrapping dans la base de données de Harvard afin de voler les photos de profil des étudiantes pour sa proto-version de Facebook. De son côté, Twitter a tout bonnement banni Predictim de son API, indiquant au site de la BBC, qu’elle interdisait l’utilisation de ses données à des fins de surveillance et de vérification d’antécédents. 

Une notation peu fiable

Pour se défendre, Sal Parsa, le patron de la start-up a fait savoir qu’il ne voyait pas où était le problème. « Tout le monde vérifie sur les médias sociaux ou sur Google, a-t-il indiqué. On ne fait qu’automatiser ce processus. » Pourtant à bien y regarder, les algorithmes de Predictim semblent loin d’être parfaits. Dans un article du Washington Post, Jamie Williams, un représentant de l’Electronic Frontier Foundation, avait indiqué que nos propos en ligne ne reflètent pas toujours notre personnalité, surtout quand on est jeune. « Les ados font des blagues cryptiques, indique-t-il. Ils sont particulièrement sarcastiques. C’est un ton qui peut être considéré comme une mauvaise attitude et donc être sanctionné ». Face à ce manque de jugement des algorithmes, l’entreprise fait valoir qu’elle n’est finalement « pas responsable de la décision finale de ses utilisateurs et qu’elle n’apporte aucune garantie ou précision dans son analyse ». Voilà une belle justification pour un service qui coûte pourtant 25 dollars.

Souriez, vous êtes surveillé

Bien que Predictim ait provoqué un scandale, le marché de la surveillance domestique continue de bien se porter aux États-Unis. D’autres applications comme DailyNanny proposent aux parents angoissés de suivre en direct les déplacements du garde d'enfants ou de recevoir des photos de leur activité. 
Et en ce qui concerne la maison, les parents peuvent toujours compter sur les nanny cams, ces petites caméras qui se cachent dans une horloge ou un nounours et qui permettent de surveiller sa progéniture pendant les horaires de bureau. Pour rappel, ces appareils sont légaux en France, mais la loi interdit à leur propriétaire de les utiliser dans un objectif de surveillance de leur employé.

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