Capture d'écran de la vidéo de Fortnite contre Apple

Apple vs. Epic Games : le récap en 4 points

© Fortnite

Epic Games, l’éditeur du jeu Fortnite, est entré en guerre contre le fonctionnement de l’App Store d'Apple. La bataille juridique qui oppose les deux géants se tient à partir du lundi 3 mai dans un tribunal californien. Rappel des principaux faits de cette affaire qui agite l'industrie de la tech depuis plusieurs mois.

Cet article a été publié le 1er septembre 2020 et mis à jour le lundi 3 mai 2021. 

Avant toute chose, un petit rappel des faits : Apple et Google prélèvent une commission de 30% pour tout achat réalisé sur leurs magasins d’applications et au sein des applications. Le 13 août 2020, Epic Games a décidé de contourner cette règle et a incité les joueurs de Fortnite à acheter leur V-Bucks (la monnaie virtuelle du jeu) via le site d’Epic Games. De quoi éviter de payer cette commission. Apple et Google ont répliqué en bannissant Fortnite de leur plateforme. Le 14 août, Epic Games, qui s’était préparé à cette réaction, a déposé plainte contre les deux géants du Web pour abus de position dominante.

Le point de départ

La forme que prend ce clash est aussi intéressante que le fond du débat. Pour mobiliser les joueurs de Fortnite, Epic Games sort l’artillerie lourde en matière de com’. Le 13 août, l’éditeur publie un remake d’une pub Apple de 1984, dans laquelle la firme à la pomme annonçait le lancement du Macintosh et dénonçait le monopole d’IBM sur fond de références à 1984, l'œuvre dystopique de George Orwell. Dans la version d’Epic Games, c’est une armée de joueurs de Fortnite qui s’en prend au monopole d’Apple. Le hashtag #FreeFortnite apparaît à la fin de la vidéo et devient le slogan de ralliement des défenseurs du jeu. Très vite, il fait partie des tendances à suivre sur Twitter. Le 23 août, l’éditeur continue sa campagne contre la firme de Cupertino et organise une coupe anti Apple baptisée « Free Fortnite » . En participant les joueurs ont pu remporter une nouvelle skin (tenue) baptisé Trognon grognon : un businessman en costume noir avec une pomme en guise de tête. Subtil.

Tim Sweeney est la personnalité tech à suivre

Le patron d’Epic Games était jusqu’ici plutôt passé inaperçu de la sphère médiatique (grand public du moins). Le voici désormais présenté dans les colonnes du New York Times comme le porte étendard de la fronde des éditeurs d’applications contre Apple. Dans Les Échos, il est décrit comme un multimilliardaire à l’allure et au train de vie plutôt modeste, qui préfère revendre ses voitures de luxe pour acheter des forêts, et qui n'hésite pas à s'en prendre aux géants de la Silicon Valley. Tim Sweeney n’est pourtant pas le premier à dénoncer la commission de l’App Store : Netflix ou Spotify bataillent déjà contre ce système jugé injuste et anticoncurrenciel, ainsi que d’autres petits développeurs d’applications. Pour Joanna Nelius, journaliste à Gizmodo interviewée par Slate US, Epic Games ne se bat pas pour obtenir plus d’argent (l’entreprise peut se permettre de payer 30% de commission), mais utilise son pouvoir pour prendre la défense des petits éditeurs pour qui la commission pèse lourd. C’est en tout cas le discours que tient Tim Sweeney. Pour Numerama, ce discours idéaliste est à nuancer, et cette bataille reste malgré tout une affaire de gros sous.

Une première victoire d'Apple à l'été

Epic Games a réussi à se faire entendre de ses fans (et au-delà). Tous ne sont toutefois pas convaincus. Sur YouTube et Twitter, certains se plaignent de payer les conséquences d’une guerre qui ne les concerne pas. D'autant plus que les joueurs iOS ont été privés de la dernière importante mise à jour du jeu (sortie fin août). Il est possible qu’une partie d'entre eux se tournent vers d’autres jeux de Battle Royale toujours présents sur l’App Store, plutôt que de suivre Fortnite sur d’autres plateformes. Et, pour le moment,la justice donne plutôt raison à Apple. Le 25 août, une juge américaine a décidé qu’Apple avait le droit de bloquer le jeu de sa plateforme, tant que Fortnite ne se conformait pas aux règles de paiement. Mais il s’agit d’une décision préliminaire. Une audience se tiendra le 28 septembre pour entériner – ou non – cette décision. En revanche, la juge n'a pas autorisé Apple à bloquer Unreal Engines (ce que le géant menaçait de faire), le moteur de jeu vidéo d'Epic Games utilisé par de nombreux développeurs. 

Quelle attente pour le procès ?

Après ces divers rebondissements médiatiques et juridiques, l'affaire sera entendue au tribunal d'Oakland en Californie par la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Epic peut compter sur ses fans, mais Apple a bien préparé sa défense. Le géant devrait soutenir que le succès d'autres applis mobiles montre qu'il n'est pas dans une situation de monopole et que la petite partie des revenus d'Epic réalisé via iOS - apparemment moins de 10% des revenus de Fortnite avant son retrait - prouve que les deux sociétés sont égales, explique The Guardian. Entre les divers appels et recours, l'affaire devrait durer bien plus longtemps que trois semaines, estime Le Monde. D'autant qu'Epic est soutenu par d'autres applications dont Spotify (qui vient de recevoir l'appui de la Commission européenne). 

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