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Une adolescente qui fume
© Artranq via GettyImages

Cigarette électronique : JUUL accusé d’avoir créé une épidémie de vaping chez les jeunes

Le 4 mars 2020

La e-cigarette préférée des ados fait l’objet d’une plainte en Californie.

En pleine crise du coronavirus, c’est à une autre épidémie que s’attaque la Californie. 18 académies scolaires ont déposé une plainte contre JUUL Labs, le géant des e-cigarettes qui fait fureur chez les jeunes. Représentées par Baron & Budd et Panish Shea & Boyle, deux grands cabinets d’avocat américain, elles reprochent au fabricant de cigarettes électroniques d’avoir créé une épidémie chez les jeunes.  

Lancé en 2015, il aura fallu seulement quelques années à Juul pour devenir un véritable phénomène et contrôler plus de 70% du marché des e-cigarettes. En juin 2019, la ville de San Francisco a carrément interdit la e-cigarette sur son territoire. L’État du Michigan en avait fait de même avant qu’un juge annule la décision en octobre 2019. Mais le mal est déjà fait et les ados vont jusqu’à vaper dans les salles de cours et les toilettes des lycées. 

JUUL accusé de perturber les établissements scolaires

Pour endiguer le phénomène et préserver la santé de leurs élèves – à base de nicotine, les capsules JUUL sont très addictives – les écoles américaines ont donc décidé d’agir. Détecteurs de vapoteuses dans les établissements, vidéosurveillance, formation du personnel à cette e-cigarette qui ressemble à une simple clé USB… tous les moyens sont bons. Mais ils ont un coût. « Les académies scolaires ne peuvent plus supporter les conséquences de l’utilisation de JUUL parmi les élèves », indique ainsi Rahul Ravipudi, l’un des avocats de Panish Shea & Boyle. Les lycées californiens accusent notamment la e-cigarette de perturber le bon fonctionnement des établissements et la tenue des cours. 

Loin d’être une goutte d’eau, les 18 académies à l’origine de la plainte représentent plus d’un million d’élèves. Pour les plaignantsc’est clair : « les pratiques marketing sournoises de JUUL destinées aux jeunes » sont responsables de la situation. Les avocats de Baron & Budd et Panish Shea & Boyle attribuent la croissance rapide de la marque à une stratégie de marketing ciblant les adolescents sur les réseaux sociaux. Une méthode de communication pour laquelle d’autres fabricants d'e-cigarettes ont déjà été épinglés à l'instar de Philip Morris, accusé d’utiliser des influenceuses mineures pour promouvoir IQOS, sa cigarette électronique. 

« Une véritable crise sanitaire »

 Certains adeptes de la vapoteuse ont décidé d’arrêter après l’annonce de plusieurs décès liés à l'utilisation de cigarettes électroniques, mais les lycées californiens n’hésitent pas à parler d’une crise d’addiction chez les jeunes ainsi que d’une crise sanitaire dans une plus large mesure. D’après le National Institute on Drug Abuse, le pic de e-cigarette à base de nicotine de 2018 est le plus important enregistré depuis 44 ans, toute substance confondue. 

Rappelons que JUUL avait pour proposition initiale de « libérer les fumeurs du tabac », sa vapoteuse devant servir d'accompagnement dans l’arrêt de la cigarette. Avec des milliers d’ados accros, on peut déjà dire que c’est raté. À la justice californienne de confirmer.

Alice Huot - Le 4 mars 2020
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  • En corolaire, le taux de tabagisme (la cigarette fumée qui tue) s’est effondré aux USA ces dernières années : 5,8% (ont fumé au moins une fois dans le mois écoulé). La même donnée en France ? 32%. Dont 25% de jeunes à 17 ans qui sont fumeurs QUODITIEN. La nicotine ne tue pas, son pouvoir addictif - aussi puissant que fumée avec du tabac- n’est pas démontré, voire plutôt contredit. Quand on prétend informer le monde, il faudrait déjà investiguer mieux. Concernant la marque que vous citez, il est dommage qu’elle ne soit pas restée indépendante de l’industrie du tabac, ce qui en fait une cible facile des détracteurs.