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Un homme qui écrit un message sur son smartphone
© Štefan Štefančík via Unsplash

La tech nous force à inventer de nouvelles règles de politesse pour communiquer

Le 13 déc. 2019

Bonjour, s'il vous plaît, merci... on pensait les règles de politesse immuables. Et pourtant, la communication par smartphones interposés redéfinit la bienséance.

« Pose ton téléphone, on est à table. » C’est la nouvelle règle du repas, symbole de la politesse en 2019. D’après une étude britannique, notre conception des bonnes manières est bien en train de changer. Ainsi, 52 % des millennials interrogés trouvent qu’utiliser leur smartphone à table est impoli alors que seulement 16 % sont choqués par le fait de mettre ses coudes sur la table. La tech et les réseaux sociaux sont en train de rebattre les cartes de la bienséance.

La politesse 2.0 au bureau

Au bureau, les règles de politesse sont intimement liées à l’usage des mails. Et il y a certains faux-pas à ne pas commettre. Journaliste pour WiredVictoria Turk a même écrit Kill All Reply, un manuel de savoir-vivre digital en entreprise. Ses meilleurs conseils : ne jamais mettre le boss de quelqu’un en CC, éviter d’écrire URGENT dans un objet de mail alors que le sujet ne l'est pas, et arrêter de conclure par « merci d’avance ».

La conversation épistolaire sans les règles

Côté perso aussi, notre usage constant des smartphones redéfinit les règles de la communication. Outre les mails qui déclenchent des notifications jour et nuit, les applications de messagerie ont complètement revu notre façon d’interagir avec les autres. L’écrit est devenu le mode d’interaction par défaut et les jeunes seraient même méfiants envers les appels téléphoniques. Sauf que sur Messenger ou WhatsApp, la conversation est continuelle. Un changement de taille qui rend les bonnes vieilles règles épistolaires caduques.

Pour les mails pro, la signature fait débat. En ce qui concerne la messagerie instantanée, elle est tout bonnement obsolète. À chaque message, la photo et le nom de l’expéditeur s’affiche. Plus rapide et efficace. Et c’est ce qui caractérise la communication d’aujourd’hui : la simplicité. On se déleste des formules de politesse pour aller à l’essentiel. Sur Messenger, on peut même se contenter de répondre avec un simple pouce bleu.

Les textos nous rendent plus tolérants aux fautes

Les études ont montré que les moyens de communication digitaux ne nuisent pas à notre orthographe. En revanche, elles nous rendent plus tolérants aux erreurs. Entre le correcteur orthographique à côté de la plaque et la facilité à appuyer sur la mauvaise touche, personne n’est à l’abri d’une petite coquille. L’heure est donc à l'indulgence et personne ne prendrait une petite faute pour un manque de politesse.

En revanche, la ponctuation peut vite devenir un sujet sensible. Le point à la fin d’une phrase ou d’un message donnerait l’impression d’un interlocuteur énervé. Dans le monde de la communication digitale, le point perd sa fonction de marqueur de fin de message. Si un message est envoyé, c’est qu’il est fini. Et l’ajouter constitue donc un impair. « Tout ce qui n’est pas nécessaire a le potentiel de recevoir de nouvelles connotations », explique la linguiste Gretchen McCulloch à Korii.

Sur ce point, la génération Z a trouvé la parade et préfère les messages vocaux. Oui, c’est énervant mais ça évite les quiproquos.

Alice Huot - Le 13 déc. 2019
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