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Une femme qui dort sur le ventre

Et si on supprimait les fuseaux horaires pour mieux dormir et mieux travailler ?

Le 29 oct. 2019

L'idée peut paraître folle ou saugrenue. Mais ces deux chercheurs américains sont formels : il est temps d'abolir le temps tel que nous le connaissons.

En octobre 2019, comme d’habitude, on a encore dû remonter nos pendules pour se mettre à l’heure d’hiver. Une pratique qui devrait bientôt disparaître puisque que le Parlement européen a voté la fin du changement d’heure saisonnier. L’arrêt définitif de ce décalage horaire local est prévu pour 2021. Vous pensiez que le débat ne consistait qu'à savoir si l'on allait garder l'heure d'hiver ou l'heure d'été ? Pour certains, ça va beaucoup plus loin.

La fin des fuseaux horaires ?

Aux États-Unis, deux professeurs de l’Université John Hopkins proposent une méthode bien plus radicale : abolir complètement les fuseaux horaires et passer à l’heure universelle. Unique et immuable. Pour Steve Hanke, professeur d’économie appliquée et Dick Henry, professeur de physique et d’astronomie, ça ne fait aucun doute, l’heure universelle n’a que des avantages. Parmi eux, l’assurance de plus jamais manquer une réunion pour cause de mauvais calculs – Los Angeles, c’est 8 ou 9h de décalage déjà ?

En physique, il n’y a qu’un seul temps

Le modèle proposé par Steve Hanke et Dick Henry découle d’un constat simple : les fuseaux horaires actuels, définis au milieu du 19e siècle, ne sont plus adaptés au monde d’aujourd’hui. Ces deux rebelles du temps arguent que l’uniformisation du temps par zones était adaptée à une époque où la plupart des activités étaient effectuées localement. Aujourd’hui, ce n'est plus le cas : on peut avoir un call avec San Francisco en début de matinée puis s’envoler pour Singapour l’après-midi. Il serait donc temps d’adopter un nouveau temps. D’ailleurs, du point de vue de la physique, il n’y a qu’un seul temps, se plaisent à rappeler les deux scientifiques à The Independent.

La même heure à Paris, Dakar et Tokyo

Concrètement, l’heure universelle proposée par Hanke et Henry impliquerait que toutes les montres soient réglées sur le même horaire. Qu’on soit à New York, à Bamako ou à Pékin. Il s’agit de supprimer l’idée que le « matin » et le « soir » sont contraints par des heures. On pourrait donc travailler de 13h à 21h ou de 4h à 12h. Ce ne sont pas les chiffres qui comptent mais bien le lever du soleil.

Le respect des rythmes circadiens

D’après Steve Hanke, ce Temps Universel permettrait aussi « d’être plus en phase avec les rythmes circadiens puisqu’un horaire local sera défini selon le soleil ou des habitudes sociales. » Alors que près de 20% des Français sont touchés par l’insomnie, on commence à s’intéresser de près à notre rythme biologique naturel. Ou plutôt nos rythmes naturels.

Une étude canadienne datant de 2017 montrait que les adolescents sont plus performants en après-midi – d’où le grand cliché de l’ado adepte des grasses mat’, tandis que les adultes sont plus productifs le matin. Pionnière en la matière, la Californie vient donc d’interdire aux lycées d’organiser des cours avant 8h30.

Pour d’autres, la question dépasse largement l’âge et serait beaucoup plus personnelle. Chaque individu posséderait son propre chronotype et devrait trouver le rythme qui lui convient le mieux. L’heure universelle ne répond malheureusement pas à cette problématique mais elle a le mérite de nous faire réfléchir en profondeur à notre conception du temps. Et c'est déjà pas mal.

Alice Huot - Le 29 oct. 2019
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