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une femme forme ses collègues en petit groupe

Les millennials appelés à la rescousse en entreprise

Le 7 déc. 2018

Plutôt que de se laisser distancer par des usages numériques en constante évolution, la génération X sollicite ses plus jeunes collaborateurs millennials pour rester à la page.

« Pour un dirigeant, c’est délicat d’admettre qu’on ne sait pas, et qu’un jeune dégourdi peut vous apprendre des choses ». À la tête de l’Observatoire du management intergénérationnel, Marc Raynaud analyse ce renversement de situation à l’œuvre dans les entreprises. Avec le reverse mentoring, les Y (nés entre 1980 et 2000) prennent en charge la formation de leurs aînés (et supérieurs hiérarchiques) sur les questions liées au numérique. « Les dirigeants eux-mêmes parlent de transformation numérique à tout bout de champ. Il faut les prendre au mot ». Et au passage déconstruire l’idée selon laquelle le numérique creuse un fossé entre les générations.

Des mentors, pas des conseillers techniques  

Depuis quelques années, les stratégies de reverse mentoring se fraient un chemin au sein de groupes comme Axa, Orange, ENGIE, Total, Sanofi ou encore Danone. L’idée consiste à organiser la rencontre et la collaboration entre un junior et un senior, manager de surcroît. Chaque dirigeant se voit assigner un mentor, qui a l’âge d’être son enfant.

Dans un premier temps, celui-ci va le guider sur les réseaux sociaux. Il va aussi lui expliquer le fonctionnement de quelques applications, parfois même les fonctions basiques de son téléphone. La démarche ne vise pas cependant à adjoindre un conseiller technique au dirigeant, mais bien plutôt de travailler à son acculturation. Il s’agit de le sensibiliser aux enjeux du numérique, et aux possibilités offertes par ces nouveaux outils. À lui de s’en saisir éventuellement et de le traduire en opportunités de business, ou de nouvelles approches. Car « si les jeunes sont adroits pour aller chercher l’info, leurs aînés sont parfois plus doués pour la trier, la hiérarchiser », souligne Marc Raynaud.

Comment apprendre à former son boss

Une formation bienvenue à l’heure où 63% des français estiment ne pas profiter pleinement des opportunités offertes par le numérique selon l’ARCEP. Une chance aussi pour le nouveau venu sur le monde du travail, de côtoyer directement les dirigeants de l’entreprise et d’apprendre avec eux. Reste un défi de taille pour le jeune mentor. Celui-ci doit apprendre à transmettre.

Pour cela, il doit adapter son discours à son interlocuteur. Il doit tenir compte à la fois de son niveau de connaissances, mais aussi de sa position hiérarchique. Le dispositif prévoit des sessions de préparation en amont, avec ateliers de simulations d’entretiens et conseils personnalisés. Les rencontres elles-mêmes sont minutées, et cantonnées à un espace neutre comme la cafétéria de l’entreprise.

Un comité de direction parallèle

Pour réconcilier les générations et continuer de les faire dialoguer, d’autres initiatives voient le jour. Des groupes comme Accor, Macif, Havas ou Engie mettent en place des comités de direction parallèle. Ils sont tantôt baptisés « shadow comex », « shadow codir » ou « comex junior ». Ce comité de direction réservé aux moins de 35 ans se réunit en parallèle du comex de l’entreprise. Il respecte la même périodicité et le même ordre du jour. Simplement ses membres sont invités à challenger les conclusions prises par le comité de direction. Mieux encore, le comité propose les siennes, quitte à exprimer une vision radicalement différente de l’entreprise et de ses orientations.

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