Festival Vibes

Le paiement cashless, tête d’affiche des festivals

Avec Lyf
© Getty Images

L’été 2022 marque le grand retour des festivals de musique après deux ans d’annulations ou de limitations causées par la crise sanitaire. L’occasion pour le paiement mobile, désormais entré dans les mœurs, de se généraliser massivement dans leurs enceintes.

Depuis 2020, les festivals ont été contraints à la pire des options imaginables : le silence. Les rares manifestations qui ont tenté d’exister l’ont fait sous une forme réduite a minima – parfois en version en ligne par écrans interposés. Des dispositifs qui ne riment pas vraiment avec « convivialité » . 

En 2022, l’heure de la revanche a sonné. Du Printemps de Bourges aux Nuits Sonores de Lyon, des événements incontournables ont déjà fait leur retour, pour le plus grand plaisir d’un public en manque. D’autres rendez-vous sont dans les starting blocks, notamment Solidays, Hellfest, Musilac, Vieilles Charrues, Francofolies, les Eurockéennes de Belfort, Main Square et autre Rock en Seine, pour ne citer qu’un échantillon des futurs « blockbusters » estivaux.

Si on ne se risquera pas ici à décrypter les têtes d’affiches les plus en vue de la saison, une tendance semble d’ores et déjà incontournable, et elle se joue hors scène : la généralisation du paiement cashless. Pour de nombreux spectateurs, régler ses consommations entre deux concerts grâce à son bracelet ou son smartphone était déjà devenu une habitude en 2019. Deux ans plus tard, le geste est désormais encore plus largement adopté par l’ensemble de la population comme le démontre le sondage OpinionWay sur « Les Français et les services de paiement mobile » .

Des intentions d’usage en hausse

Alors qu’un Français sur quatre déclare déjà connaître et utiliser le paiement mobile par QR Code, les intentions d’usage sont également à la hausse. Preuve d’une démocratisation en cours, en particulier chez les plus jeunes : 56 % des 16-24 ans souhaitent avoir recours au QR Code pour payer avec leur téléphone dans les prochains mois.

Face à ces tendances, le virage cashless côté festival se renforce, d’autant que de nouvelles pratiques mobiles (click & collect, commande à table ou sur bornes mobiles) se développent. « Le retour à un modèle cash n’est pas envisageable, compte tenu de toutes les contraintes qu’il entraîne comme les erreurs d’encaissement, la fraude, les risques de vols, et la nécessité de compter puis exfiltrer l’argent liquide » , analyse Frédéric Leclef, directeur général délégué de la Fintech française Lyf et grand connaisseur de l’écosystème festival. Des propos qui font écho aux réactions enthousiastes glanées du côté des organisateurs de Nuits Sonores et Rock en Seine, deux rendez-vous majeurs pour les amateurs de live outdoor.

Transparence en temps réel

Organisé fin mai à Lyon, le festival Nuits Sonores confirme l’importance de sécuriser ses flux monétaires, qui plus est pour un événement organisé sur différents sites. « L’autre avantage du paiement mobile cashless, c’est qu’il nous permet de connaître les chiffres d'affaires de nos points de vente sans avoir à compter les souches de tickets, jetons ou espèces, ce qui est un gain de temps et de main-d'œuvre très important pendant l’exploitation » , explique Julien de Lauzun, directeur de production de l'événement lyonnais.

Du côté de Rock en Seine, mastodonte du secteur qui se tiendra du 25 au 30 août, 31 % des festivaliers avaient utilisé le paiement mobile, via l’application Lyf Pay, lors de la dernière édition pré-pandémie, en 2019. Une augmentation de cette proportion semble inévitable pour cette édition. Matthieu Ducos, General Manager du festival, rappelle que le paiement mobile « permet de payer sur tous les points d’encaissement du festival sans avoir à charger ou récupérer préalablement un bracelet avec une puce » . Le festivalier évite ainsi des étapes comme le chargement de crédits en début de journée, les éventuels rechargements pendant la soirée et les demandes de remboursements pour récupérer les fonds non dépensés. « Le festivalier est complètement libre tout en ayant accès très simplement à un aperçu de ce qu’il a déjà dépensé » , résume Matthieu Ducos.

Redonner du souffle au live

Du côté de l’organisation, le système permet de réduire les temps d’attente, tout en ayant un impact sur les prix. « Avant, on essayait d’avoir des prix ronds pour ne pas avoir à gérer les centimes, aujourd’hui on est beaucoup plus libre » , avance Matthieu Ducos, qui cite par ailleurs l’utilité des « données fiables » récoltées grâce au cashless pour analyser a posteriori des comportements d’achats. Cette caractéristique des solutions cashless n’est pas encore exploitée de manière optimale, selon Frédéric Leclef, notamment en matière de marketing digital.

Le DG délégué de Lyf donne l’exemple de tarifs « early birds » qui pourraient être proposés aux 2,5 millions d’utilisateurs de l’application, renforçant ainsi la fidélisation du public. L’analyse des données socio-démographiques permet également aux festivals d’en apprendre plus sur leur public, et, par exemple, de lancer ou renforcer une campagne de communication sur un territoire donné, identifié en fonction de la provenance des festivaliers de l’édition précédente.

L’enjeu dépasse désormais la simple promotion pour garantir un nombre de ventes suffisant : il en va de l’avenir de la filière car la pandémie a fortement impacté la relation entre spectateurs et événements culturels. « Depuis deux ans et demi, il y a toute une génération de post-ados qui n’a jamais été aux concerts, et les accompagner vers le live est un vrai enjeu pour les mois à venir » , a récemment alerté le Centre National de la Musique. Alors, on prend nos places ?

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