Une jeune homme endormi à son bureau de travail en classe

Étude : le manque de sommeil peut rendre les adolescents plus violents

© Monstera

Courant à l'adolescence, le déficit de sommeil représente une menace importante pour le bien-être, la réussite scolaire et la santé des adolescents.

D'après l'étude « Psychological distress mediates the connection between sleep deprivation and physical fighting in adolescents » publiée en février 2022 dans Agressive Behavior (le journal officiel de la International Society for Research on Aggression), le manque de sommeil aurait des conséquences comportementales importantes. Il pourrait même engendrer des violences interpersonnelles...

Manque de sommeil et détresse psychologique rendraient bagarreur

Si des études antérieures avaient déjà démontré une corrélation entre comportements agressifs et manque de sommeil, les universitaires dirigés par Laurent Bègue-Shankland, professeur de psychologie sociale à l’université Grenoble Alpes et chercheur invité à Stanford, ont cette fois étudié la dimension affective de ces mécanismes. Pour l'équipe de chercheurs, la détresse psychologique serait un phénomène intermédiaire liant le manque de sommeil et l'agressivité physique. Sur 11 912 jeunes sondés (âge médian : 14,5 ans), 23,7 % ont admis avoir été impliqués dans des bagarres physiques à une ou plusieurs reprises, et 25,81 % étaient en dette de sommeil lorsqu'ils ont été référés pour une évaluation médicale. L'étude révèle que la quantité de sommeil des adolescents semble être un véritable prédicteur significatif des violences physiques...

Des données étayées par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) qui observe que la privation de sommeil chez les adolescents affecte les notes, l'assiduité et l’obtention de diplômes. Cette privation entraînerait également un risque accru de blessure pour les adolescents athlètes et multiplierait les risques d'accidents et de conduite en état de somnolence ; le manque de sommeil aggraverait aussi les problèmes de santé mentale, notamment l'anxiété et les tendances suicidaires. En avril dernier, le CDC notait que 44 % des lycéens déclaraient avoir eu « des sentiments persistants de tristesse ou de désespoir » au cours de l'année écoulée, et 20 % avaient sérieusement envisagé le suicide.

Dormir plus pour étudier plus

Aux États-Unis, les adolescents seraient selon The Atlantic majoritairement et de manière chronique en manque de sommeil. L'une des raisons avancées par les spécialistes : un début de classe trop matinal. D'après l'American Academy of Pediatrics (AAP) qui milite depuis 2014 pour que l'école commence plus tard, les adolescents devraient bénéficier en moyenne de 10 heures de sommeil. Selon l'association américaine, collégiens et lycéens ne devraient jamais commencer les cours avant... minimum 8 h 30, contre bien souvent 7 h 45 actuellement.

Une indication que la Californie s'apprête à prendre en compte avec l'adoption de la première loi du pays décalant officiellement le début des cours sur l'ensemble du territoire. La mesure entrera en vigueur le 1er juillet et devrait concerner quelque 3 millions d'adolescents. Un projet similaire est également étudiée par les États du New Jersey et de New York, projet prometteur pour les spécialistes du sommeil ! En effet, les établissements ayant décalé les horaires de rentrée scolaire ont déjà noté des résultats bénéfiques. Lorsque le district scolaire public de Seattle a modifié ses horaires début 2016, passant ainsi de 7 h 50 à 8 h 45, les élèves ont en moyenne pu profiter de 34 minutes de sommeil supplémentaire par nuit...

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