Des feuilles et des citrons illustrés

Loi Climat : pourquoi elle nous empêche de faire société

© leolintang via Getty Images

Enjeu essentiel, l’écologie peine pourtant à rassembler. En cause : la pénurie de nouveaux imaginaires.

Entre écolos et anti-écolos, le fossé n’a jamais été aussi grand. En témoigne la réception glaciale de la loi Climat et résilience.

Comment la loi Climat cristallise les tensions

Présentée en Conseil des ministres en février 2021, elle prévoit diverses initiatives, de la rénovation énergétique à la lutte contre l'artificialisation des sols en passant par le renforcement du droit pénal de l'environnement. Mais alors qu'elle était censée marquer une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique, les promesses ne sont pas au rendez-vous.

Sur les 149 mesures proposées par la Convention citoyenne, 90% ont été rejetées. Pour diverses entités, à l’instar du Conseil national de la transition écologique ou du Haut Conseil pour le climat, la loi ne permet pas d'atteindre l'objectif de réduction de 40 % des émissions de GES d'ici 2030.

Qualifiée par Greenpeace de « loi au rabais » et de « déjà obsolète », la loi ne satisfait pas non plus la droite, qui juge « punitives » les mesures proposées.

Bref, la tant attendue loi Climat est loin de faire l'unanimité... Comment alors embarquer la société face à l'enjeu le plus important du siècle ?

Resituer l’écologie dans notre patrimoine national

Pour Patrick Scheyder, spécialiste de l’histoire de l’écologie et auteur de Pour une pensée écologique positive (Éditions Belin), l’écologie ne pourra rassembler qu’avec une promesse alléchante capable de rallier toutes les sensibilités : « Le fond de l’écologie, c’est l’interaction vertueuse entre l’ensemble des êtres vivants, une interaction non seulement positive, mais ancestrale : il ne s'agit pas d'une nouveauté avec laquelle il faudrait soudainement composer ! Jean-Jacques Rousseau avait déjà développé l’idée de retour à une nature amie, qui a grandement inspiré les révolutionnaires comme Robespierre. La notion de vie en harmonie avec la nature est intrinsèquement liée à la réflexion sur la construction de la république et de la démocratie. »

Or, l’écologie n’est jamais présentée de la sorte, ce que déplore le spécialiste. « De manière générale, les Français de droite ou de gauche sont très attachés à l’idée de République, et c’est dans cet imaginaire qu’il faut aller creuser ! »

Rappelons que Victor Hugo est à l’origine de la première loi de protection des animaux et que la France a donné naissance au premier espace naturel préservé au monde, avant les grands parcs nationaux américains, lorsque Napoléon III ordonne la sanctuarisation de la forêt de Fontainebleau. Notons aussi la lutte de George Sand et Théodore Rousseau, peintre de l’école de Barbizon, qui œuvrent pour que la nature soit protégée au même titre que les monuments historiques.

La fin des ultra-capitalistes vs les Robins des Bois

« Rappeler que l’écologie fait partie intégrante de notre filiation peut rassurer les plus frileux ! À ce titre, il faudrait enseigner l’écologie de la maternelle à Sciences Po et légitimer la discipline en rappelant que les philosophes s'y sont intéressés, de Platon à Montaigne. Pour combler le fossé, il faut examiner nos racines : un monde nouveau ne se construit pas sur l’oubli, mais sur le recyclage d’idées » , affirme Patrick Scheyder.

Ne pas le faire reviendrait selon lui à perpétuer une narration représentant des « ultra-capitalistes » contre des « Robins des Bois », ce qui créerait des clivages indépassables. « Une bonne stratégie, c’est la création d’un imaginaire collectif, qui promet une vie meilleure, plus collaborative, intergénérationnelle, bref, quelque chose de nouveau !  »

Les conseils lecture de Patrick Scheyder pour une écologie qui rassemble :

La Forêt et le Bucheron, fable de La Fontaine qui critique la déforestation entreprise par Louis XIV lors de l’expansion du château de Versailles.

Les Carnets de Léonard de Vinci, réservoir de philosophie positive.

La forêt de Fontainebleau de George Sand, qui alertait déjà sur l’effondrement de la biodiversité.

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commentaires

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  1. PierreB dit :

    Franchement vous vous croyez dans un monde de "bisounours", ceux qui cse prétendent écolos et donneurs de leçon pour la majorité sont d'éternels menteurs, parfois honnêtes mais manipulés, ce n'est pas pour rien qu'on est nul en math ...on est nul un peu partout mais trés fort en cocorico....les dogmatismes écolos ont infiltré le pouvoir Français de manière frauduleuse, ils ont menti.... tien une étincelle passée inaperçut... Mr DE RUGGY dans le point le mois dernier fini par l'avouer publiquement....on continue à écouter Mme POMPILI, ( championne Copernicienne de la manipulation mensongère...mais ça paye allons y!) c'est du suicide programmé, l'Europe se frotte les mains et tire les ficelles et nous pollue, US CHINE et RUSSIE rigolent on va être gobé tout cru....Sans maitrise de l'energie et de son indépendance notamment rien ne sera possible pour défendre le peu qui nous reste, La campagne antinucléaire Française est une ignominie de haut vol dont seuls les traitres sont capables....les vrais meneurs avides de pouvoir savent ..... .

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