Vêtements colorés en pagailles

45 milliards de dollars de stocks sur les bras : les grandes enseignes à la peine

© Sundry Photography

Après la pénurie, l'abondance. Et après l'abondance, la pénurie. Voilà le cercle vicieux dans lequel les grandes enseignes sont embarquées depuis deux ans… Et si on achetait juste moins ?

C’est ce qu’on appelle un retour de flamme. Après deux ans de pénuries et d’étagères trop souvent vides, plusieurs enseignes américaines dont Target, Walmart et Gap se retrouvent avec 45 milliards de dollars de stocks sur les bras, qu’elles ne parviennent pas à écouler.

Pandémie, canal de Suez et inflation : le cocktail explosif

La pandémie de Covid-19 a bousculé les comportements des consommateurs, créant des pics de demandes auxquels les entreprises n’ont pas su répondre. Et pas seulement pour le papier toilette ou les pâtes. Le monde étant à l’arrêt, ou presque, pendant quelques mois, les consommateurs n’ont pas pu dépenser leur argent dans les services. Résultat : ils se sont rabattus sur les biens. Au même moment, les chaînes d’approvisionnement du monde entier ont connu des disruptions inédites : blocage du canal de Suez par lequel s’achemine 12 % du commerce mondial, pénurie de puces électroniques…

Pour être prêts à tout, les détaillants ont donc gonflé leurs stocks. Et aujourd’hui… il leur reste 45 milliards de dollars de stocks en trop. Il faut dire que les consommateurs sont capricieux : ils ne veulent plus les mêmes articles que pendant la pandémie. Adieu les hoodies confortables et les joggings, place aux robes de soirée et aux vêtements de bureau, se désole Gap. Ajoutez à cela l’inflation actuelle et ses conséquences sur nos dépenses, et vous avez un joli casse-tête.

Un cercle vicieux sans fin ?

Le dilemme est de taille pour les détaillants : ou bien perdre de l’argent dans le stockage des produits pour l’année prochaine, en n’étant pas certain qu’ils se vendront aussi bien que cette année ; ou bien vendre maintenant à bas prix, en acceptant de rogner sur les marges (voire de ne pas faire de marge du tout). Target a annoncé avoir choisi la deuxième option, ce qui lui a valu une petite chute en bourse.

Le pire dans tout ça, c’est que les grandes enseignes vont probablement rester prises longtemps dans un cercle vicieux. Face à cette abondance de stock, elles vont drastiquement réduire leurs commandes, jusqu’à atteindre le sous-approvisionnement, pour ensuite recommander en masse…

Est-ce qu’on n’arrêterait pas, tout simplement, d’acheter autant ?

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