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jean Dujardin et Bérénice Bejo

Le premier festival français de cinéma en ligne

Le 26 janv. 2018

MyFrenchFilmFestival revient. Plus branché que Cannes, moins guindé que les Oscars... vous pouvez tous en profiter depuis votre canapé.

On se rappelle du tollé provoqué par Netflix au Festival de Cannes. La plateforme américaine, productrice de contenus, avait commis l'outrage de proposer dans la compétition deux de ses productions (« Okja » et « The Meyerowitz Stories ») sans les avoir jamais diffusées en salles. L’accrochage avait laissé un goût amer… L’industrie du cinéma français serait-elle devenue trop rigide ? Aurait-elle loupé le virage du numérique ?
Pour le président d’UniFrance, Serge Toubiana, la réponse est claire. « Il est essentiel que la cinéphilie investisse les plateformes et le net », comme il le déclarait à Le Monde.

Mais force est de constater que la diffusion tout-numérique peine encore à se démocratiser en France. Bien sur, il existe des écueils législatifs entre le modèle en salle versus les films disponibles sur les plateformes - puisqu'une œuvre cinématographique ne peut être vendue à une plateforme de sVOD que 36 mois après sa sortie en salles.

Mais du côté d’UniFrance Films, l’organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l’étranger, on souhaite bouger les lignes.

Depuis 2011, UniFrance Films anime MyFrenchFilmFestival, un évènement qui se déroule totalement en ligne et qui vise à mettre en lumière la nouvelle garde des cinéastes français. Chaque année au mois de janvier, des internautes du monde entier peuvent bingewatcher et voter, depuis leur canapé, en faveur d’une trentaine de courts et de longs métrages via leurs plateformes et supports favoris.

Certes, on est encore loin d’un Netflix à la Française, mais c'est l'initiative qui est intéressante.

Pourquoi le numérique peut faire du bien à la notoriété du cinéma français

Avec près de 7 millions de visionnages en 2017 sur quelques 200 territoires, le festival gagne chaque année en notoriété et construit une réelle communauté autour d’un business plan bien rodé : 1,99 euros le film, 7,99 euros le pack de 30, c’est loin d’être la ruine !

Les courts métrages qui ne trouvent pas nécessairement leur place en salles, eux, sont gratuits. « Souvent invisibles aux yeux du public traditionnel, ces films trouvent leur audience dans plein de pays différents et se forgent une nouvelle vie en VOD. », explique Quentin Deleau, chef de projet du festival. « C’est ce qui permet à de jeunes auteurs de se faire connaitre, ils voient ça comme un tremplin. Je pense que peu de jeunes réalisateurs peuvent se vanter d’avoir 400 000 vues sur leur premier court-métrage ! », poursuit Simon Helloco, co-responsable de l’évènement.

Côté diffusion, MyFrenchFilmFestival considère évidemment les grandes plateformes comme des alliés puissants. Avec une cinquantaine de partenariats signés à travers le monde, le festival entend bien multiplier les points d’entrée et collabore notamment avec iTunes (la plateforme est présente sur 92 territoires), Google Play, Amazon, YouTube ou encore dailymotion pour diffuser ses films.

VR, bande défilée, fiction interactive… la diffusion numérique permet aussi la démocratisation de nouvelles écritures

« MyFrenchFilmFestival devient une marque qui fidélise. Les internautes font confiance aux films que nous proposons chaque année, c’est ce qui nous permet aussi de tester de nouveaux formats. », rapporte plus loin Quentin Deleau.

Aux côtés des catégories « Love à la française », « What The F…rench », « French and Furious » ou encore de films patrimoniaux comme « Le Dernier Métro » ou « C’est Arrivé près de chez Vous », la catégorie « New Horizon » fait cette année office de bêta test pour le festival et propose 3 œuvres hors compétition aux formats d’écriture inédits :

Côté réalité virtuelle, le festival a choisi « Planet » de Momoko Seto, une expérience coproduite avec Arte vous plongeant dans un monde irréel où les insectes tombent du ciel et où moisissures et champignons règnent en maître sur une planète dénuée de vie humaine.

 

Planet ∞ - ARTE
Entre bande-dessinée et film d’animation, le court métrage « Phallaina » (téléchargeable sur Google Play et AppStore) raconte l’histoire d’Audrey, une jeune femme souffrant de crises hallucinatoires et se découvrant peu à peu des aptitudes surhumaines.

 

Phallaina : la première "bande défilée"
Fiction interactive haletante, « WEI or Die » met en scène les dérives progressives d’un week-end d’intégration au travers d’images filmées par les étudiants. Grâce à des boutons, le spectateur peut choisir les séquences du film qu’il souhaite regarder et zapper en temps réel en passant d’une caméra à l’autre. Le film de 45 minutes est accessible gratuitement sur FranceTV.
WEI OR DIE - BANDE ANNONCE OFFICIELLE - OFFICIAL TRAILER
« La force que nous avons en France, c’est la diversité de notre cinéma, tant sur le plan des films de genre que des nouveaux formats. Et il faut aussi le montrer ! », souligne Quentin Deleau. Si 2018 est une année zéro pour la catégorie « New Horizon », nous devrions voir poindre toujours plus de nouveaux formats innovants dès l’année prochaine.
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