Avignon : au théâtre, l'écologie est aussi une question d'économies

Limiter l'affichage sauvage, mieux recycler ses déchets, passer aux éclairages LED... Le festival off d'Avignon annonce un plan de quatre ans pour réduire son empreinte carbone. Une première pour l'événement. 

En France, les festivals de musique et événements de spectacle vivant sont de plus en plus nombreux à vouloir diminuer leur empreinte carbone. Le Festival off d’Avignon (petit frère alternatif du festival d’Avignon) est l’un de ceux-là. Après s’être engagé à la réduction du plastique jetable à usage unique avec le collectif Drastic on Plastic, le festival de théâtre annonce un plan étalé sur quatre ans pour réduire son empreinte carbone, et cela passe notamment par la réduction drastique de son affichage.

Mettre fin à l’affichage sauvage

Chaque année durant le festival du off, les rues d’Avignon se tapissent de milliers d’affiches, alors même que l’affichage y est interdit. « À Avignon, en période de festival, la mairie édite un arrêté pour l'autoriser. On va demander à la mairie de ne plus l'éditer pour mettre fin à l'affichage sauvage », a indiqué Pierre Beffeyte à l’AFP. Le président du off a annoncé ce plan lors d'une conférence de presse dans la « ville-théâtre ». Ainsi et à compter de l'été 2020, les centaines de milliers d'affiches qui symbolisent le festival devraient quasiment disparaître.

Cette mesure attend la décision de la mairie pour être mise en vigueur, mais le président du off a précisé que les « compagnies de théâtre étaient très favorables à cette suppression car ça leur coûte de l'argent et elles ont de plus en plus de sensibilité écologique ».

« Pas le choix »

C’est pourtant le charme de l’affichage sauvage qui a participé à la renommée du festival.

« On n'a pas le choix, on ne va pas regarder la planète se dégrader. Nous sommes le plus grand festival de France et un des plus grands au monde », précise Pierre Beffeyte. L'idée est de réguler l'affichage, en répartissant les affiches sur un panneau en face du « village du off » et dans six autres zones à Avignon. En outre, le « off » veut limiter le tractage, la plupart des tracts, recouverts d'un vernis, n'étant pas recyclables.

Le Festival veut aussi inciter les collectivités à mettre en circulation davantage de navettes entre les parkings relais et les théâtres, et entend récupérer les déchets des théâtres grâce à des triporteurs. « On espère également mettre en place des fontaines et fournir aux festivaliers des gourdes pour limiter l'achat de bouteilles en plastique ».

La consommation d’énergie est aussi en ligne de mire. « Actuellement, 30 à 40 projecteurs par théâtre dégagent une chaleur énorme qui est climatisée par la suite ; on veut passer aux éclairages LED qui consomment très peu, même s'ils sont plus coûteux. » Une initiative qui pourrait déjà pallier l'enjeu du « trop plein » de spectacles qu'on estime à 1 500 dans près de 200 théâtres de la ville. 

Commentaires

  • Quelle tristesse un festival OFF sans affiches et sans tracts ! Que dire de l'affichage sauvage qui pullule à Avignon toute l'année sur les portes des compteurs qu'il faut décoller au couteau pour pouvoir lire ses index de consommation par exemple ? Que dire des catalogues de pub des grandes surfaces qui émaillent les trottoirs et les rues les jours de Mistral, car malgré les affichettes sur les boîtes refusant la pub, ils sont déposés sur les pas de portes et s'envolent...? Et enfin que dire des tracts pour les élections qui remplissent nos boîtes aux lettres, ils ne polluent pas eux ?Et tous les documents reçus par courrier pour les élections toujours et qui finissent directement à la poubelle ? Oui à des affiches et des tracts recyclables sur papier non glacé plus économique et plus écologique mais laissez vivre l'âme du OFF à travers ses affiches et ses tracts. Et oui aux fontaines qui supprimeraient les monceaux de bouteilles en plastique et au ramassage plus fréquent des déchets, les poubelles qui débordent en juillet particulièrement sont une bien mauvaise image pour notre belle cité.
    Il me semble également plus important de se préoccuper de l'application des règles de sécurité (spectateurs assis sur les marches) et d'hygiène dans les théâtres qui n'en sont pas et dans les 'snacks sauvages' qui n'en sont pas non plus plutôt que de s'attaquer aux affiches.

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