Du hip-hop aux mèmes Internet,  « tout n’est que remix » , et c’est bien normal selon ce docu

Du hip-hop aux mèmes Internet, « tout n’est que remix » , et c’est bien normal selon ce docu

© Everything is a Remix, Kirby Ferguson

Musique, films, mèmes Internet, technologies… Pourquoi crie-t-on au plagiat alors que la copie a toujours fait partie du processus créatif ? Le réalisateur Kirby Ferguson, de retour avec un remake de son documentaire Everything is a Remix, nous invite à revoir notre vision du copycat.

Toutes nos chansons préférées sont le remix, d’un remix, d’un remix. Tout comme les films, les mèmes et autres chorégraphies TikTok sont l’expression d’idées que d’autres ont eues bien avant nous. Manque d’originalité ou simple logique de la créativité ? C’est une question de point de vue. 

Pour le réalisateur Kirby Ferguson en revanche, auteur du documentaire Everything is a Remix (2012) dont il vient de lancer un remake en plusieurs parties, aucun doute possible : le remix, soit le fait de copier, transformer et réassembler une production culturelle pour créer quelque chose de nouveau, fait partie intégrante de la créativité. Et ce n'est pas un drame.

Du plagiat au remix, il n’y a qu’un pas

De Grandmaster Flash à Kanye West en passant par Led Zeppelin, les exemples sont légion, raconte-t-il dans un premier volet en musique. En voici un plus récent qui nous revient, à la lumière de son argumentaire. 

En novembre 2014, les musiciens et producteurs Bruno Mars et Mark Ronson lancent le hit Uptown Funk. Quatorze semaines en tête du Billboard Hot 100 et deux Grammy plus tard, on danse encore dessus, mais nos deux compères enregistrent une déferlante d'accusations de plagiat. 

La première concerne le groupe Collage pour son titre Young Girls (1983) :

La deuxième, celle du groupe Gap Band pour les paroles de son titre Oops (1979):

La troisième, celle du groupe Zapp & Roger avec son morceau More Bounce To The Ounce (1980) :

En écoutant les trois morceaux, le doute n’est plus possible. Ce sont bien des samples ou extraits de ces titres qui ont été utilisés pour Uptown Funk. Plagiat ou non, tous les musiciens l’on fait et continuent de le faire. C’est ainsi que l’histoire de la musique s’est construite et qu’elle continue d’évoluer, argumente Kirby Ferguson ; et aujourd’hui, avec les outils numériques, plus vite qu'hier et moins que demain.

Le remix comme pilier de la culture Web

Mais pourquoi cela nous gêne-t-il autant ? Peut-être parce que l’on a tendance à penser qu’une œuvre doit faire table rase du passé pour être valable. Or le remix permet justement « d’être plus créatif, de faire de la musique sans savoir jouer d’un instrument, de créer des logiciels sans avoir besoin de coder, défend le réalisateur, d’accoucher d’idées fortes et complexes sur la base d’idées originellement plus petites ou plus simples » .

À l’heure où l’on fait du pixel art collaboratif sur Twitch, du lip sync sur TikTok, du mashup de films de cinéma sur YouTube et du recyclage de mèmes en masse, la culture Web n’échappe non seulement pas à cette logique, mais l'érige en principe. « Pas besoin d’outils onéreux, de distributeur, ni de compétences, tout le monde peut remixer et d’ailleurs, tout le monde le fait aujourd’hui : musiques, films, mèmes, jusqu’aux technologies qui transforment nos vies, tout n’est que remix !  »  De quoi dédramatiser notre vision du plagiat.

Everything is a Remix Part 1 (2021), Kirby Ferguson :

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