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Un crypto-artiste chez Christie’s : une nouvelle secousse pour le monde de l’art
© Mike Winkelmann / Beeple

Un crypto-artiste chez Christie’s : une nouvelle secousse pour le monde de l’art

Le 18 févr. 2021

Le 25 février, Beeple deviendra le premier artiste à vendre aux enchères une œuvre d’art purement numérique soutenue par la blockchain. Une annonce de la maison Christie’s qui fait suite à la vente inédite, deux ans auparavant, d’un tableau généré par une intelligence artificielle.

« Ça y est, Christie’s New York devient la première maison de vente aux enchères à proposer une œuvre créée par algorithme », écrivions-nous le 26 octobre 2018. Partie à 432 500$, soit près de 45 fois son estimation la plus haute, la toile Edmond de Belamy du collectif français Obvious devenait la première œuvre générée par IA à se frayer un chemin dans les hautes sphères de la vente aux enchères.

Deux ans plus tard, un autre artiste numérique marque l’histoire de la célèbre maison de vente. Il s’appelle Mike Winkelmann, et répond plutôt au pseudo de Beeple ou @beeple_crap sur Instagram, où son compte cumule déjà près de 2 millions d’abonnés. 

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Après avoir battu des records de vente via crypto-monnaies en décembre 2020, il devient le premier artiste à vendre aux enchères une œuvre 100% numérique soutenue par NFTs (« non-fungible tokens »), ces objets de collection virtuels ou signatures numériques qui authentifient la valeur d’une œuvre et garantissent sa protection contre la reproduction via la blockchain. La vente aura lieu chez Christie’s du 25 février au 11 mars. 

Une star de l’art post-Internet chez Christie’s

Connu pour ses créations 3D insolites et futuristes, qui mêlent critique du monde de l’art, d’Internet et de la Silicon Valley (les intéressés apprécieront sa pieuvre géante à l’effigie de Jeff Bezos, ndlr), Beeple n’est pourtant pas le genre d’artiste que l’on s'attendait à voir dans une maison de vente. À en croire la conservatrice d’art numérique Lady PheOnix, lui cultive plutôt l’humour Web, l’humilité et le sens de la communauté. 

« ll est franc, il est drôle, il a un sens de l'humour sombre et tordu et il est capable de dire la vérité en utilisant l'hyperbole comme un pinceau. C’est grâce à cette approche qu’il rassemble et invite à la conversation, confie la spécialiste à Forbes. Avec son ordinateur, il peint des paysages réalistes qui sont un mélange de dystopie et d'espoir – chez lui, cela passe par l'humour. » Une affirmation qui corrobore la description (à la troisième personne) de son propre site. « Beeple crée une variété de conneries artistiques à travers différents médias. Une partie est passable, une grande partie est due à la chance. Il essaye d’être un peu moins nul chaque jour, alors soutenez-le… 🙂 »

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L'œuvre prochainement vendue aux enchères, EVERYDAYS: THE FIRST 5000 DAYS, rassemble des images créées et publiées tous les jours par l’artiste pendant 13 ans, sans qu’il ne se soit jamais arrêté. En découle une fresque étonnante, « peuplée de visages, de décors cosmiques ou de science-fiction et de paysages abstraits aux tonalités hallucinatoires, décrit Forbes, une synthèse visuelle de sa pratique artistique sur plus d’une décennie, autant que le témoignage de son indéfectible détermination. »

Beeple n’est pas le seul artiste à expérimenter de nouvelles sources de revenus via les NFTs et la blockchain. Ces dernières années, plusieurs plateformes de collection d’art numérique décentralisées ont vu le jour à l’instar de Nifty Gateway et de Foundation, permettant aux artistes d’exposer et de protéger leur travail tout en fédérant leur communauté. 

Margaux Dussert - Le 18 févr. 2021
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